
Déjà auteur du très acclamé Road 96, le studio montpellierain DigixArt nous revient avec une toute nouvelle production. Répondant au nom de Tides of Tomorrow, édité par THQ Nordic, il dispose d’un système de choix pour le moins original: un multijoueur asynchrone. Sorti le 22 avril 2026 sur PS5, Xbox Series S|X et PC, à mon tour de vous livrer mon avis sur le jeu qui a eu pour ambition de réinventer le jeu à choix.

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 13h |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 34% des trophées débloqués |
| Difficulté | Unique |

| Genre(s) | Aventure, Solo, Narratif, Multijoueur asynchrone |
| Date de sortie | 22 avril 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 29.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S et PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non (profils hors ligne existants) |

Sur la planète fictive d’Elynd, vous vous incarnez vous-mêmes, un(e) Tidewalker, parmi les moins de 300 000 autres êtres humains, ayant survécu au cataclysme qui a frappé le monde. Vous êtes, comme beaucoup d’autres survivants, atteint de la plastémie, une maladie qui transforme votre corps et vos organes peu à peu en plastique, et amnésique de surcroit (le sort s’acharne). Une maladie qui vous demande de vous fournir en Ozen, un traitement qui réduit l’infection, dont les bienfaits sont éphémères, malheureusement devenu trop rare pour tout le monde. Alors que vous êtes sur le point de vous noyer, une jeune femme nommée Nahé vous sauve la vie, et vous dit tout le bien qu’elle pense de votre prédécesseur. C’est alors que vous vous joindrez à elle dans un périple qui n’implique plus que votre seule survie mais aussi celle de la poignée d’humains qui subsistent.
Avant de vous lancer dans l’aventure, le jeu vous demandera de suivre le joueur de votre choix, parmi une liste, ou tout simplement en communicant l’identifiant (un code à 8 chiffres) d’un de vos amis. Dès le départ, bien qu’entièrement jouable en solo, vous voilà donc embarqué dans le fameux multijoueur asynchrone imaginé par DigixArt, sur lequel je reviendrai évidemment plus tard.

Un monde en perdition, des espèces en voie de disparition, dont l’être humain, une pandémie due à la pollution à outrance aux microplastiques, plus aucune règle, des factions rivales, voilà l’univers dans lequel vous allez devoir évoluer durant une petite dizaine d’heures, douze tout au plus (sans compter sa rejouabilité, le summum du genre). Un jeu à l’ambition scénaristique folle, dirigée par un ton engagé, et une écriture absolument magistrale. Dès le départ, Tides of Tomorrow ne prend pas de pincettes pour vous immerger dans son univers post-apocalyptique, unique, déroutant, et à la fois presque fascinant.
Si vous êtes un adepte des jeux narratifs à choix (Life is Strange, les productions Supermassive Games et Quantic Dream), vous serez en terrain connu. Chaque action, chaque dialogue aura à un moment donné de votre aventure une incidence sur le futur immédiat ou à court terme et des conséquences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. A quelques différences près par rapport à d’habitude. La première, le studio vous donne la possibilité de choisir, au fil de votre périple, la personnalité, les priorités, de votre personnage, parmi 5 traits de caractère possible. Ainsi vous pourrez choisir d’être pro humanité, fauteur de trouble ou encore ami de la nature, pour ne citer que quelques exemples, ou un peu de tout ça à la fois, ce n’est pas incompatible. Vous êtes donc entièrement maitres de votre personnage, que vous pourrez faire évoluer selon vos envies. La seconde différence, la plus évidente, et la plus génialement géniale du jeu: le multijoueur asynchrone.


Qu’est ce que c’est que ce machin? A l’instar de Death Stranding, premier exemple qui vient à l’esprit quand on parle de multijoueur asynchrone, vous vivez votre propre aventure, entièrement seuls, mais dont certains événements sont influencés par les actions des autres joueurs sans que vous ayez besoin de vous croiser. Dans le jeu d’Kojima Productions, cela se manifestait par la présence de structures posées par d’autres joueurs qui influait directement sur le monde que nous parcourions (présence d’abris, échelles, réparations de ponts, etc). Ici, le multijoueur asynchrone influe sur les événements narratifs du jeu selon les actions du Tidewalker qui est déjà passé par là avant vous. En d’autres termes, cela aura une incidence directe sur le regard des PNJ que vous pourrez rencontrer, mais aussi sur la présence de certains objets au moment de votre passage. La seconde particularité de cette fonctionnalité, c’est la possibilité, grâce à votre condition de Tidewalker, de voir les actions de votre (vos) prédécesseurs à travers des visions, que vous avez le choix de voir ou non (pour la majorité d’entre elles en tout cas). Si on connait le fort attrait du genre pour proposer une multitude de choix, embranchements, conséquences et de ce fait de fins, il faudra ici composer en plus avec les actions d’autres joueurs, qui pourront autant vous faciliter la vie que vous la pourrir.
S’il est évident que Tides of Tomorrow est un jeu engagé et incite indéniablement à la réflexion, inspiré par notre propre monde, il n’a pas à vocation de juger vos choix. Bien au contraire, son écriture est telle qu’un choix qu’on pourra juger mauvais, immoral, ou égoïste à l’instant T, pourra finalement avoir des conséquences positives pour la suite du jeu.

De plus, Tides of Tomorrow se veut être non linéaire. Si le point de chute de votre aventure se fera, vraisemblablement, au même endroit à chaque fois, vous aurez la possibilité d’avancer dans l’histoire dans l’ordre que vous souhaitez, quitte à changer de joueur suivi en cours de route, et revenir sur le précédent un peu plus tard. Enfin, il prendra également une infime facette de jeu de gestion. En effet, votre plastémie s’aggravant au fil de l’histoire, et l’Ozen pouvant venir à manquer, il vous faudra faire attention à votre consommation ou à ne pas être trop généreux envers les Tidewalkers qui viendraient vous succéder. La ferraille, servant de monnaie dans le jeu, est également une ressource importante, l’exploration devenant donc un pan important de votre périple. Outre les quêtes principales, qui consommeront votre barre de vie, le jeu vous proposera également en cours de route de vous adonner à des événements ponctuels de toutes sortes (rencontre avec un marchand, courses de bateau, etc) pour vous refaire un stock de ce qui viendrait à manquer.
Globalement, la profondeur de Tides of Tomorrow réside dans les choix que vous ferez mais aussi ceux des joueurs suivis et ce autant narrativement qu’en termes de gameplay. Par exemple, l’action d’un joueur pourra vous demander de traverser une zone de façon totalement furtive, pendant que le vôtre permettra au joueur suivant de crapahuter aux yeux de tous. En d’autres termes, même le gameplay viendra s’adapter selon la situation en temps réel.



En termes de gameplay, je n’ai qu’un seul regret: l’impossibilité de changer la vue en naviguant en mer. En effet, le jeu vous impose la vue à la première personne, et la maniabilité de l’engin étant parfois fastidieuse, il m’a été très difficile de le contrôler dans les phases de courses et combats navaux. A mon sens, le seul vrai « défaut » du jeu.
Vous l’aurez donc compris, Tides of Tomorrow est un jeu dans un univers post-apocalyptique. Et pourtant, visuellement il est aux antipodes de la post-apocalypse que nous avons l’habitude de voir. Adieu les couleurs ternes, le grisâtre, le morose, Tides of Tomorrow émerveille par le choix d’une direction artistique colorée, flamboyante, magnifique. Et il en est de même pour sa bande originale, joviale, percutante, et rythmée.




Tides of Tomorrow est indéniablement un chef d’œuvre. De ceux qui bousculent les codes d’un genre que l’on connait déjà par cœur. C’est un jeu engagé, mais pas moralisateur. Un jeu qui invite à la réflexion sans l’influencer, sans l’imposer. Un jeu qui a quelque chose à dire et à raconter. Couplez à cela son multijoueur asynchrone qui viendra perturber ou faciliter notre évolution dans son univers, et Tides of Tomorrow en devient une petite perle du genre. Le tout avec une direction artistique originale, colorée, parfois farfelue, mais sublime. En bref, si vous êtes un adepte du genre, Tides of Tomorrow est un must-have, réinventant le jeu à choix. Une nouvelle pépite que l’on doit, encore une fois, à un studio français.

- Le scénario captivant
- Le multijoueur asynchrone qui bouscule le genre
- La possibilité de choisir le trait de caractère de notre personnage
- Un jeu engagé
- La direction artistique fabuleuse
- L’OST joviale
- La rejouabilité

- La maniabilité du bateau fastidieuse
- Impossibilité de changer de vue en conduisant