
A sa sortie en 2021, Returnal fut pour moi une véritable claque venue de nulle part, poussant le vice jusqu’à le platiner tant il est, encore aujourd’hui, l’une des meilleures exclusivités de la PS5. Nous sommes 5 ans plus tard jour pour jour, le 30 avril 2026, et le studio frappe à nouveau en envoyant Arjun Devraj sur la planète Carcosa dans un cycle infini. Mais pour quel résultat ? Rien de moins que la confirmation que l’on peut compter sur le studio une nouvelle fois pour un titre addictif et réussi.

| Version | Dématérialisée sur PS5 (Pro), fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 26 heures |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 75% des trophées |
| Difficulté | / |

| Genre(s) | Science Fiction, TPS, Solo |
| Date de sortie | 30 avril 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 79.99€ |
| Plateforme(s) | PS5 |
| Voix | Allemand, Anglais, Arabe, Espagnol, Français, Italien, Polonais, Portugais, Russe |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |
Avant de s’attaquer à ce Saros, je vous propose de vous replonger dans mon très gros test de Returnal, puisque Returnal et Saros partagent pratiquement le même gameplay où presque. Et puisque je ne vais pas me répéter sur certains points, notamment le gameplay, je préfère donc vous proposer un peu de lecture supplémentaire (avec l’aimable autorisation de ma redac’ cheffe adorée).

On laisse Sélène, toujours coincée sur Atropos, pour découvrir le destin de Arjun Devraj, incarné par l’excellentissime Rahul Kohli (I Zombie, The Haunting Of Bly Manor, Midnight Mass, mais est aussi un joueur de jeu vidéo comme nous) qui est un acteur britannique que j’aime vraiment beaucoup (on s’en fout un peu mais j’avais envie de vous le dire) dépêché sur la planète Carcosa, dans une mission de sauvetage et d’intervention pour le service d’une entreprise privée appelée Soltari qui pourrait furieusement faire penser à la Weyland Yutani. Arjun fait ainsi partie du corps expéditionnaire Echelon IV, chargé de faire la lumière sur la disparition des 3 précédentes missions. Sauf que, vous vous doutez bien que rien ne se passera comme prévu (et que ça va partir en sucette bien sûr)…
Le synopsis fait maison va s’arrêter là, histoire de vous gardez la surprise intacte, mais si vous n’avez pas fait Returnal, il se peut que le scénario, la narration et sa mise en scène soit un petit peu cryptique pour vous mais c’est entièrement assumé de la part du studio qui nous propose une nouvelle fois un scénario de « hard » SF. Ce terme parlera sans doute à certain(e)s d’entre vous mais c’est comme ça que je qualifie le scénario et la narration de ce Saros. Le studio, à contrario de Returnal, propose tout de même un scénario et une écriture qui va être un poil plus limpide en ce qui concerne Arjun mais laissera les joueurs cogiter sur le reste, c’est à dire les (très) nombreux évènements sur Carcosa et les précédentes missions, au travers de journaux vocaux et autres pavés écrits tous aussi intéressants les uns que les autres et immergeant le joueur et la joueuse comme il se doit.

Du côté du gameplay, Housemarque a repris les bases qui avaient déjà faire leurs preuves il y a 5 ans. AU cours de cycles, vous allez devoir explorer des « biomes » tous agencés selon des pièces connectées les unes aux autres générés procéduralement juste avant votre entrée dans ceux-ci, comme Returnal le faisait. Si c’était géré avec brio dans le précédent titre du studio, c’est aussi géré d’une main de maître ici aussi. Et pour le reste du gameplay, c’est simple : du combat, du combat et du combat. Contre un bestiaire entre ennemi de deux sortes qui comporte aussi un ennemi dit « alpha » (soit un peu plus énervé que les autres), vous allez devoir faire preuve de rapidité, de lecture du champ de bataille mais aussi d’avoir un coup de chance (parfois). Si la mort, comme Returnal, n’est toujours pas une fatalité en soit, gardez bien à l’esprit que mourir dans Saros fait partie intégrante du gameplay, un aspect emprunté aux roguelites.
Mais avant de parler de la mort, parlons vite fait des « nouveautés » introduite dans Saros. Tout d’abord, nous avons un bouclier qui une fois activé, sera à utiliser quand vos ennemis vous envoient leurs boules bleues. l’activation du bouclier et l’absorption de l’énergie va alors servir à activer une attaque énergique dévastatrice. Ensuite, nous avons la Lucénite, déjà au cœur du scénario, qui va vous servir ni plus ni moins que de points d’expérience (pour simplifier les choses). Laquelle sera à dépenser dans un arbre de compétences qui sera déterminant dans votre expérience dans Saros. Conjointement avec la Lucénite, on retrouve l’Euphoron, seconde énergie qui va aussi servir dans votre arbre de compétences, bien plus rare que la Lucénite. De plus, on retrouve toujours un sacré lot d’armes toutes plus jouissives à utiliser, cela va du fusil d’assaut au fusil à pompes, à l’arbalète et ainsi de suite. Toutes ont leur déclinaison mais aussi leur tir secondaire à ne pas mettre de côté tant c’est parfois un carnage absolu.


J’en oublie pas non plus le passage à l’éclipse de la planète qui sert à la fois le scénario mais aussi le gameplay et qui est un passage obligatoire lors de vos explorations. En passant en mode éclipse, vous allez changer les biomes ainsi que vos ennemis, qui vont devenir plus agressif, mais qui récompensent bien plus en Lucénites. Nous avons également la barre de corruption, qui va venir manger votre barre de vie mais qui, bien utilisée grâce aux reliques à récupérer lors de vos explorations pourrait vous aider. Enfin, j’évoque les modificateurs carcosiens qui seront un dilemme (ou non) qui et pourrait grandement nous rendre la tâche soit plus facile soit plus difficile. Basé sur un système de balance entre positif et négatif, vous pouvez par exemple augmenter les dégâts que vous faites mais devrez le contrebalancer avec un modificateur dit négatif comme par exemple récolter moins de Lucénite. J’en oublie pas le clou du spectacle, c’est à dire les boss de Saros qui vont vous réserver un accueil plus ou moins généreux selon votre façon de jouer.

Développé à l’aide de l’Unreal Engine 5, Saros, comme l’est toujours Returnal, est une claque absolue dans sa technique et ses graphismes. D’une fluidité sans commune mesure, sans aucun souci de ralentissements malgré, parfois, des écrans surchargés en ennemis et en particules, Housemarque nous offre une fois de plus une prestation digne des plus grands. Il n’en oublie pas non plus la prise en charge des fonctionnalités de la DualSense, qui met à contribution ses gâchettes adaptatives pour nous proposer des tirs secondaires (L2) ou bien le fait de devoir charger l’arbalète d’énergie (R2). Mis à part un très gros freeze qui m’aura vu faire s’éteindre carrément la PS5 Pro, je peux dire que tout s’est très bien passé sur mes sessions. Seul bémol, à mon sens, les cinématiques en 30 FPS qui tranchent drastiquement avec les phases de gameplay en 60 sans broncher, elles donnent ainsi une impression de saccade presque désagréable.
Un mot sur le doublage français, puisqu’à l’instar de Capcom, PlayStation supporte encore et toujours le doublage français d’une bien belle manière puisqu’on retrouve au casting de ce doublage français : Mario Bastelica (Eivor homme dans AC Valhalla), Loic Houdré (Pragmata, Resident Evil Requiem), Martial Le Minoux (AC Shadows, Star Wars Outlaws, FF VII Rebirth, God Of War Ragnarok, Cyberpunk 2077, Ratchet et Clank Rift Apart), Serge Thiriet (Deus Ex Human Revolution, Clair Obscur Expedition 33, Halo Infinite), Jessica Monceau (The Legend Of Zelda Tears Of The Kingdom, Remember Me, Beyond Two Souls, The Last Of Us, DMC Devil May Cry, RE 7, Destiny 2, Marvel’s Spider Man, Tomb Raider Legacy of Atlantis) et enfin la TRES grosse surprise de ce doublage français déjà bien solide : David Kruger. Et là vous me dîtes mais c’est qui David Kruger ? Je vous répondrais juste par un petit indice qui commence par Master et qui finit par Chief. Si les premières heures déroutent avec un changement de comédien pour Rahul Kohli (majoritairement doublé par Tanguy Goasdoué), il n’en reste pas moins que l’incarnation de son personnage par notre John 117 français est remarquable.

En nous remettant de nos émotions, place à la partie où je vous donne mon avis. Bien que Saros, tout comme Returnal n’est pas (vraiment) une œuvre dite grand public mais bel et bien de niche, son ouverture est l’une des meilleures idées qu’ait eu le studio. Son ouverture sur son scénario, grâce à des cinématiques qui émaillent votre avancée permet de nous offrir une histoire moins cryptique que celle de Returnal. Ensuite, si Saros est vraiment plus « facile » que son prédécesseur (je sais que je vais me faire tomber dessus sur cette phrase) mais puisque le titre est bien plus complet dans ses mécaniques de gameplay, je trouve qu’il est un poil plus difficile que Returnal mais ses options d’accessibilité (son arbre de compétences, ses modificateurs carcosiens) offrent aux joueurs une difficulté modulable. Si vous le trouvez insurmontable, il vous donne l’opportunité d’aranger les choses. Ou au contraire, vous le trouvez trop facile ? Rendez le plus difficile. Mais Housemarque joue la carte du respect de l’intelligence de son joueur. Ce n’est pas parce que vous rendez votre partie plus facile que ça changera drastiquement les dégâts que les ennemis vous feront et vous devrez toujours vous impliquer comme il se doit dans Saros, comme l’avait exiger Returnal en son temps.
Je vais me permettre de répondre à la question de savoir qui de Saros ou de Returnal je devrais choisir, je vous répondrais volontiers les deux. Pourquoi ? Parce que les deux titres de Housemarque sont les deux faces d’une même pièce. Returnal se passait dans une nuit éternelle ? Saros se passe en journée. Returnal était intraitable sur sa difficulté ? Saros est un peu plus arrangeant. On devait se faire un build sur le terrain dans Returnal à l’aide des parasites ? Ici c’est votre arbre de compétences qui fera toute la différence.

Je pourrais continuer dans l’analyse pendant un petit moment mais je vais avant tout revenir sur le scénario ainsi que le personnage d’Arjun Devraj (sans spoiler). Vous le savez, j’adore la Science Fiction, surtout quand elle part super loin (au hasard, allez Gundam et The Expanse pour ne citer que les œuvres hard SF « grand public »). Le scénario de Saros, qui parle pêle-mêle d’une société sans foi ni loi désireuse de s’emparer d’une planète dans un but précis, d’un homme venu sur cette même planète ayant un but plus personnel que sa simple mission de base, la mise en abîme de ce personnage en le confrontant à ses propos et ses agissements et les autres sujets dont je tais la teneur fait partie, selon moi, du haut du panier. Housemarque, en s’étant inspiré ici et là nous livre une écriture respectueuse de ce sous genre de la SF et nous offre un scénario qui m’aura même surpris sur certains points et m’a offert ce que je souhaite toujours avoir. J’insiste fortement là dessus mais Saros est une œuvre adulte et traite de beaucoup de sujets qui se rejoignent tous et forme un tout, proposant alors un débat fort bien intéressant sur l’Humanité et ce qui fait de nous des êtres doués d’une conscience et d’une intelligence face à quelque chose d’extraordinaire.


Housemarque démontre avec Saros qu’il fait à présent partie de la cour des grands de l’industrie et n’a plus à rougir face aux cadors. Radicalement différent de Returnal sur bien des points, il est au final tellement identique que ça en est totalement bluffant de maitrise. Avec un scénario haletant doté d’une mise en scène moins cryptique que Returnal mais avec un gameplay à la fois démentiel et addictif, Saros me marque à son tour et restera dans un coin de mon cœur et de ma tête tout comme Returnal l’est encore, 5 ans après sa sortie. Le nouveau must-have sur lequel il faut compter si l’on souhaite soit acquérir la machine ou soit remplir sa ludothèque, vous pouvez en être sûr(e). Bon j’y retourne, j’ai son Platine à aller chercher !

- Rahul Kohli, magistral !
- Carcosa, impériale et sans pitié
- David Kruger dans le doublage FR, j’aime le symbole
- Radicalement différent et pourtant si identique à Returnal
- La DualSense, parfaite elle aussi !
- La durée de vie, parfaite
- Tellement addictif
- Les ajouts de gameplay ici et là, parfaite idée
- Un scénario de hard SF (ainsi que sa mise en scène) d’une rare intelligence

- Un crash violent qui m’aura vu s’éteindre la PS5 Pro
- Absence d’un mode photo regrettable
- Les cinématiques en 30 FPS, ça fait mal aux yeux avec les phases de gameplay en 60