
Sept ans après The Sinking City, le studio Frogwares (une large série de jeux Sherlock Holmes) revient à la charge avec une suite de son jeu d’investigation dans l’univers de H.P Lovecraft. Tout simplement appelée The Sinking City 2, Frogwares va, pour la première fois de son histoire s’introduire dans le genre bien particulier du Survival Horror (oui, en majuscule, merci !). Est-ce que cette suite fait tout mieux que le premier volet, en sachant les conditions de développement bien particulières auquel a dû faire face le studio ? Réponse dans un test qui barbote dans l’eau au milieu des grenouilles. Pour rappel, The Sinking City 2 sortira sur PS5, Xbox Series S/X et PC le 18 août 2026 uniquement en numérique (dans un premier temps on espère).

| Version | Dématérialisée sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 15 heures + 5 heures supplémentaires en NG+ |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 100% du scénario |
| Difficulté | Facile puis Normale en NG+ |

| Genre(s) | Survival Horror |
| Date de sortie | 18 août 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 49€99 |
| Version physique | Aucune annonce concernant une version physique |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series S|X, PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
Avant-Propos
Vous, comme moi, aimons probablement le jeu vidéo pour ce qu’il est, c’est à dire le fait de nous raconter des histoires différentes, avec toujours une façon différente d’un studio à l’autre de pouvoir y jouer. Je pars du principe que j’ai un lectorat adulte et mature et capable de comprendre les mots qui vont suivre. Nous avons beau aimer nous plonger dans des univers fictifs afin d’oublier quelque peu notre quotidien, c’est à dire les difficultés de notre travail par exemple ou tout simplement vouloir s’évader pour s’aérer le cerveau. Si nous aimons le jeu vidéo, je pars du principe que nous aimons également les studios de développement qui se donnent tous un mal de chien pour nous proposer des œuvres toujours aussi belles graphiquement, scénaristiquement et même dans le gameplay. En ce sens, Frogwares étant un studio ukrainien, il n’a pas échappé aux affres de la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine. C’est ainsi que lors de chacune de votre ouverture du jeu, vous verrez un message de la part du studio qui apparaitra et qui revient sur les conditions de développement bien particulières de The Sinking City 2. Je tenais à mon tour à ajouter un petit mot, rapide, à celui de Frogwares. En ce sens, le voici :
En tant que joueur et testeur, je ne peux rester insensible à un message aussi difficile et personnel de la part d’un studio qui a tout donné dans une suite de ce calibre là. Alors merci à vous Frogwares pour cette aventure, vous pouvez être fiers de vous, car j’ai conscience des difficultés auxquelles vous avez dû faire face pour nous proposer une œuvre vidéoludique de cet acabit.
Heroïam slava !
« J’ai toujours pensé que le monde était trop grand et étrange pour être vraiment compris » Calvin Rafferty, The Sinking City 2


Exit Charles Reed et la ville fictive d’Oakmont, The Sinking City 2 se déroule en 1929, soit 9 ans après les évènements du premier épisode. Vous incarnez Calvin Rafferty, un aventurier de l’extrême, qui explore le surnaturel et le paranormal. Puis, un jour, il rencontrera Faye Bennett, la femme qu’il va profondément aimer, au point de la suivre jusqu’à un dramatique évènement. C’est après ce mystérieux incident que The Sinking City 2 commence. Dans la peau de Calvin, vous devrez partir à la recherche d’un moyen de sauver la femme que vous aimez dans les rues inondées de la ville fictive d’Arkham et ce, quoi qu’il vous en coûtera…
Résumé ultra accéléré des 15-20 premières minutes et ce, sans le moindre spoil mais je peux vous garantir quelque chose : The Sinking City 2 m’a tout d’abord bousculé un grand coup (comment ça, c’est un Survival Horror?) pour ensuite me mettre une claque bourrée d’amour dans ma joue de fan d’un genre que j’aime profondément.
Un scénario (qui utilise le ressort scénaristique du McGuffin) redoutable, d’un intelligence sans commune mesure, qui se laisse suivre avec un très grand intérêt, servie par une narration tout aussi redoutable, où les thèmes de l’amour (et tout ce qui satellise autour de ce thème), du courage de se lancer à corps perdu face à l’inconnu rythme votre aventure dans The Sinking City 2. C’est tellement bien écrit que je me suis rendu compte que j’avais fini par m’identifier à Calvin, dans sa manière de voir et régler les choses (honnêtement, j’ai profondément aimé le fait qu’il soit une brute épaisse doté d’une certaine intelligence) alors même que je ne comprenais pas, dans les premières minutes de jeu, pourquoi je n’incarnais plus Charles Reed, le héros du premier. Là encore, c’est un tour de force du studio et j’insiste vraiment là dessus.

Frogwares voulait faire de cette suite un Survival Horror pur et dur et le studio décroche la totale. En s’inspirant des plus grands (les remakes de Resident Evil 2, 3 et 4 et même celui de Silent Hill 2), il réussi avec brio l’un des plus grands tour de force (oui, une nouvelle fois) que j’ai pu voir cette année. Jamais un studio, jusqu’à présent, n’avait réussi à prendre un tel virage à 360 degrés et réussir son pari. L’ambiance, les situations la façon d’amener la peur, pourtant vétéran que je suis, a parfaitement fonctionné, preuve que le studio a compris ce qui faisait un bon Survival Horror (mais si, vous savez, le bon et le mauvais Survival Horror…).
Côté gameplay, The Sinking City 2 vous laissera évoluer, dans un premier temps, dans un monde semi ouvert, dans les rues de la ville fictive d’Arkham, en alternant plusieurs lieux fermés que vous pourrez explorer afin de résoudre les énigmes afin d’avancer dans votre aventure pour ensuite resserrer la trame de bien belle manière. TPS (Third Person Shooter) avec une caméra à l’épaule rappelant Resident Evil 2 Remake, The Sinking City 2 n’oublie pas non plus ses fondamentaux. Une salle de repos, justifiée par le scénario au passage, un inventaire extensible sous forme de cases (inspiré par celui de RE3 Remake), des armes à feux diverses et variées à trouver dans l’environnement, qui pourront devenir plus efficaces avec des items précis, eux aussi à trouver dans les différents lieux (dans une caisse spécifique dont je tais la teneur). Calvin Rafferty n’est pas en reste non plus, puisqu’un système de talents vous proposera de rendre notre héros « plus fort » en quelques sorte. Si on pourrait émettre une petite critique sur les sensations de tir, loin des standards des ténors du genre, il ne faut pas oublier que l’on tient entre nos mains une œuvre indépendante, aux antipodes des moyens financiers et humains des mêmes ténors, et le travail final force le respect du joueur que je suis.

Que ce soit la façon que vous aurez de gérer vos ennemis et de faire attention a vos ressources, votre première partie, quelle que ce soit votre difficulté de départ ne vous ménagera pas et comme les remakes de Resident Evil 2, 3, 4 et les autres opus de la saga de Capcom, vous pourrez y retourner avec des options de gameplay différentes (contre une monnaie ingame que vous obtenez de la même manière que dans un RE récent) vous offrant une expérience diamétralement opposée de votre première partie. De plus, le NG+, appelé Oblivione Ex n’est pas qu’un simple NG+ conventionnel, puisqu’il vous permettra de mettre la main sur de nouveaux documents explorant le lore de ses personnages avant les évènements ici racontés afin de mieux les comprendre… Et de les aimer encore plus.
Le système d’enquête du premier épisode est toujours de la partie mais ici remanié de façon bien plus intelligente et ludique, tout comme les différentes énigmes qui ponctuent votre aventure. Je ne suis pas le genre de joueur qui apprécie particulièrement les énigmes mais j’ai trouvé celles de ce The Sinking City 2 vraiment intelligentes, au point que je me suis surpris à en résoudre 2 sur la base d’une logique implacable. Je peux vous dire que lors de leur résolution, je faisais le malin dans mon salon !

Développé à l’aide de l’Unreal Engine 5, je ne vais pas détailler mais cette suite est juste magnifique. Dans sa direction artistique ainsi que dans ses graphismes purs, j’ai pris une claque, notamment dans les nombreux détails ici et là. Accompagné par un mode photo aussi pratique que facilement utilisable, l’expérience graphique met à l’amende le précédent épisode (et de son Remastered sorti en mai 2025) et surprend le joueur que je suis, surtout, une nouvelle fois, avec les conditions de développement du studio.
En ce qui concerne la technique, là encore, disons que c’est un sans faute puisque dans la globalité de mes multiples sessions, je n’ai pas eu de soucis particulier. Sur PS5 Pro, je n’ai pas eu de problèmes graves, mis à part des ralentissements assez importants dans les premières cinématiques et c’est tout. Vraiment, techniquement, je tire mon chapeau au studio puisque en l’état, je ne peux que les féliciter.


Du côté du doublage, si The Sinking City 2 perd le doublage français qu’il avait dans le premier épisode, le doublage anglais (et traduit en français) est de très haute volée. Calvin Rafferty est doublé par Andrew Wheildon-Dennis (007 First Light, Denshattack!, Metaphor : Re Fantazio, Starfield Shattered Space et The Invincible), Faye Bennet est doublée par Gemma Whelan (Game Of Thrones, Dragon Age Inquisition, Final Fantasy XIV), qui nous offrent tous deux une prestation habitée par leur personnage respectif. Bien entendu, le reste du casting vocal n’est pas en reste non plus et assure le spectacle de bien belle manière. Quant à la musique, c’est tout aussi qualitatif. L’ambiance est là et immerge le joueur avec un brio sans commune mesure.
Un mot sur mon temps de jeu, j’ai fini une première fois l’aventure en mode facile en 13 heures et je suis, à l’heure où ce test est rédigé dans une Nouvelle Partie + en mode normal avec 20 heures au total. Si l’aventure offre quelques moments bien tendus comme il le faut, j’ai vraiment eu une grosse envie de ne pas abandonner le jeu tout de suite après le générique mais d’y retourner sans bouder mon plaisir.

Vous l’avez sans doute compris, Frogwares commet avec The Sinking City 2 un sans faute en empilant les bonnes idées sur les très bonnes idées et nous propose de ce fait une suite mémorable de bout en bout. Véritable lettre d’amour au Survival Horror moderne, cette suite n’est pas qu’un simple Survival Horror de plus mais nous offre également une histoire d’amour humaine et touchante, avec un duo de personnages qui touchent le joueur que je suis. Le reste n’est pas en reste non plus. Que ce soit les graphismes, la direction artistique, un hommage assumé aux Resident Evil (jusque dans les exploits ingame !), au doublage intégral en anglais, au fait que le studio a revu sa copie sur les options d’enquêtes, d’énigmes tout en supprimant les allers retours incessants du premier opus, la copie livrée avec cette suite frôle la perfection, tant le travail final impressionne. Une fois de plus, les conditions de travail, particulièrement dramatiques du studio me choquent, puisque le studio assume pleinement au travers de son œuvre et viendra vous en parler directement à un moment propice, amené avec simplicité, humanité et intelligence.
En tombant par hasard sur ce moment, j’ai vraiment été choqué (et même révolté il faut le dire). Si le studio assume, je ne verrais pas pourquoi je me cacherais de mon côté et de ce fait, je vous le dit, la franchise du studio compte dans une large part de mon avis, forgé tout au long de ma première partie. Rien n’est dû au hasard dans The Sinking City 2, pas même les propos que vont tenir Calvin et Faye, ainsi que leur réaction face au danger qui attend patiemment son quart d’heure de « gloire ». Véritable tour de force, copie presque parfaite, je ne m’attendais pas à ce que The Sinking City 2 me touche à ce point là, tant j’ai passé un moment vraiment mémorable manette en main. De plus, une fois le générique de fin passé, me voir y foncer à nouveau est extrêmement rare et n’arrive qu’en de très rares occasions (en gros, seuls les plus grands Survival Horror me font cet effet là).


Le pari du studio de produire un survival horror de qualité est tenu haut la main puisqu’il a compris ce qui fonctionne et réussi à aller plus loin que de copier une formule sans la comprendre et ça, pour moi, en dit long sur les capacités du studio. Bravo Frogwares et merci pour cette suite qui dépasse de très loin le premier épisode dans toutes ses strates. Vous pouvez vraiment être fiers de vous !

Véritable tour de force, The Sinking City 2 est LA suite que je n’attendais pas mais qui a déboulé dans ma vie de joueur, tel un ouragan de force 5. Le scénario, la narration, les personnages, les sujets, le fait que le studio sorte de ses habitudes, tout frôle la perfection, et mérite mon respect infini. De plus, les conditions de développement, terribles, aurait pu faire que le projet aurait pu ne pas prendre cette direction là et pourtant rien n’a arrêté le studio, pas même les aléas d’une terrible guerre qui sévit, hélas, encore. Bravo Frogwares et merci pour cette œuvre d’une humanité qui me touche profondément.

- Calvin Rafferty/Faye Bennett, duo de personnages aussi humain que marquant
- Un scénario exceptionnel, accompagné d’une redoutable narration
- Une œuvre humaine dont le studio tiens vraiment à ce que vous le sachiez
- Le système d’enquête et énigmes, ludique et intelligent dans leur compréhension et résolution
- Graphiquement et artistiquement de très haute volée
- Le mode photo, c’est quelque chose
- Véritable lettre d’amour au genre du Survival Horror
- Le NG +, bien plus qu’un simple NG+
- Une parfaite durée de vie pour le genre
- Une très grosse rejouabilité

- Des ralentissements dans les cinématiques du début