
Presque 3 ans après sa sortie, Star Ocean: The Second Story R est revenu en mode shadow drop sur Nintendo Switch 2. Pour rappel, il s’agit d’un remake de Star Ocean: The Second Story sorti en 1998 sur PlayStation. Initialement développé par le studio tri-Ace, qui l’on doit également les Valkyrie Profile et Resonance of Fate, le remake quant à lui est confié à Gemdrops, studio derrière le très oubliable Crystar, et également studio soutien sur des titres comme Dragon Quest XI et I am Setsuna. N’ayant pas pu m’y pencher en 2023, j’ai donc franchi le pas dès sa sortie sur Switch 2. Remake et portage réussis? Après avoir terminé l’histoire de Rena, voici mon avis dans les paragraphes qui vont suivre.

| Version | Numérique sur Nintendo Switch 2, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 25h |
| Histoire terminée | Oui (1 sur 2) |
| Complétion totale | Non communiquée |
| Difficulté | Mi-normal, mi-facile et re mi-normal derrière |

| Genre(s) | Action, Aventure RPG |
| Date de sortie | 16 juillet 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 49€99 |
| Version physique | Non |
| Plateforme(s) | Nintendo Switch 2 (depuis 2023: PS4/5, Nintendo Switch, PC) |
| Voix | Anglais, Japonais |
| Textes français | Oui |


Date spatiale 366 – planète Expel. Avant de démarrer votre aventure, le jeu vous donne le choix entre deux protagonistes, Claude C. Kenny et Rena Lanford. L’un est un jeune terrien échoué sur une planète qui lui est inconnue quand la seconde est une jeune femme ayant grandi au village d’Arlia, possédant le pouvoir de guérison, la seule à en être dotée. Le destin va les réunir pour les faire partir à l’aventure ensemble afin de trouver des réponses sur les mystérieux « globes de sorcellerie ». En chemin, Rena va quant à elle trouver des réponses sur son passé et ses origines.
C’est l’histoire d’un jeune homme et d’une jeune femme qui, selon le protagoniste que vous allez choisir, ne changera pas drastiquement le scénario mais changera plutôt l’approche et le point de vue de celui-ci. Si l’histoire de fond reste la même, celle sous-jacente, concentrée sur l’un ou l’autre personnage, permet de découvrir le jeu de 2 facettes différentes. Par exemple, Rena en apprendra plus sur ses origines dont elle ignore tout et l’explication à ses pouvoirs de guérison. De plus, chaque personnage permet de recruter des personnages différents. Le tout pour donner au jeu un capital rejouabilité impressionnant puisque doté d’un très grand nombre de fins différentes et d’un système d’amitié qui influera directement sur les fins que débloquerez en plus d’apporter une certaine profondeurs aux personnage, étoffant leur passé et leur personnalité.

Star Ocean c’est le mélange malin entre la fantasy et la science-fiction. Une alliance qui permet à la licence de s’émanciper et de trouver sa propre identité face à ses congénères Final Fantasy et Dragon Quest. La recette fonction toujours et ce même quasiment 30 ans après sa sortie initiale. Star Ocean The Second Story, ici dans sa version R, est un régal à suivre et prouve que la licence peut toujours trouver sa place sur la scène vidéoludique en 2026.
Côté gameplay, il y a énormément de choses à dire tant il se veut d’une incroyable richesse. Si on retrouve l’éternelle formule, combats/exploration/donjons, somme toute très classique (mais qui là encore n’a plus à faire ses preuves en matière d’efficacité), En effet, Star Ocean dispose de petites mécaniques très simples qui apportent une grande profondeur au jeu. La première, le recrutement de personnages. En effet, durant l’aventure nous rencontrons un très grand nombre de personnages que l’on pourra inviter à nous rejoindre pour continuer notre périple, chacun avec ses compétences et ses particularités en combat. Notre équipe, composée de 8 personnages maximum, se divise en 2 groupes: le groupe au combat et le groupe d’assaut.

Le premier est le groupe principal qui agira en combat dans un système de combat en temps réel où un seul personnage (que l’on peut changer à l’envie) est jouable pendant que les autres attaquent automatiquement. Attaques au corps à corps, sorts, compétences spéciales, buff, débuff, au programme un système de combat particulièrement nerveux et dynamique, mais surtout grisant. Ajoutez à cela le système de rupture (semblable au choc de Final Fantasy VII Remake/Rebirth) qui, une fois la jauge de bouclier de nos ennemis vidée, permet d’attaquer pendant un court laps de temps très sereinement. Le groupe d’assaut est un groupe de réserve où l’on peut « invoquer » les personnages à tour de rôle régi par un cooldown selon l’attaque d’assaut que nous leur choisissons. Malgré tout, il faut le dire, la difficulté aura tendance à avoir un effet yoyo tant elle manque d’un peu d’équilibrage. En effet, il m’est arrivé à de nombreuses reprises d’alterner entre les modes normal et facile à force de caler contre certains ennemis à de nombreuses reprises. Un manque d’équilibrage qui peut aussi s’avérer frustrant, obligeant, même en facile, de farmer les niveaux mais surtout les PC et PB.
Deux systèmes de points en plus des points d’expérience qui permettent d’améliorer les compétences de combat, les sorts mais également ce que le jeu appelle CO/Compétence de spécialité. Si ce dernier permet par exemple d’augmenter PV, PM, défense etc, il permet également de débloquer des spécialités. Une sorte de système de jobs, accessibles à tous les personnages, passifs qui permet de façon individuelle ou en groupe d’avoir des compétences particulière. Par exemple, la cuisine permet de concocter de bons petits plats aux bienfaits utiles. A force d’améliorer ces spécialités, cela nous donnera accès aux super spécialités comme par exemple la Sentinelle, très utile au farm puisque à la rencontre d’ennemis plus faibles (repérables par un code couleur) nos alliés iront directement leur casser la figure sur le terrain sans entrer en combat.


Vous l’aurez compris, le système de combat est d’une profondeur assez spectaculaire mais qui n’en reste pas moins souvent assez complexe à maitriser dans certaines de ses particularités, on peut manquer quelques infos en cours de route et passer à côté de quelque chose (par exemple, j’avais complètement oublié la possibilité de changer de personnage en combat jusqu’à la toute fin du jeu). Toujours est-il que le système de combat fait du bien, se veut très rafraichissant et surtout brise les codes du genre à sa façon. Tout en étant assez « old-school » tout en ayant été modernisé (la rutpure étant une nouveauté du remake par exemple), le tout se révèle d’une efficacité ébouriffante avec une formule qui fait mouche.
Une fois l’aventure terminée, deux choix s’offrent à vous: la découverte du scénario avec le second personnage ou vous aventurez dans le contenu endgame qui apportent quelques missions supplémentaires au travers de donjons de haut niveau et la rencontre avec des ennemis eux aussi de haut niveau (j’ai essayé de m’y frotter sur ma route pour la fin du jeu, ils font très très mal). Si le tout peut apporter quelques heures de jeu supplémentaires, cela n’en devient pas non plus une rétention de joueur maladive, ce qui est fort appréciable.


C’est évidemment visuellement que le remake déploie toute sa modernisation. On quitte donc les graphismes de la PlayStation première du nom, pour une 2.5D absolument magnifique. Les personnages sont en pixel art en 2D et évoluent dans des décors en 3D. Un peu à la façon du 2D-HD des remake de Dragon Quest I à III, ce style graphique permet à Star Ocean de ne pas oublier d’où il vient sans pour autant rester enfermé dans le passé. Le tout se veut être vraiment joli. On regrette toutefois un monde assez vide à arpenter, et hormis quelques coffres à découvrir, son exploration se veut être très sommaire pour ne pas dire inutile.
Ce remake ajoute quelques éléments modernes tels que des éléments visuels pour trouver les Actions Privées (les scénettes liées au système d’amitié) ou encore un voyage rapide entre les villes déjà visitées.
Mais du coup la Switch 2 dans tout ça? Durant mes nombreuses et longues sessions, en mode nomade et docké, le jeu s’est révélé d’une incroyable stabilité. Pas de chutes de framerate intempestives et une qualité visuelle irréprochable. Malheureusement, cette version s’adresse avant tout aux nouveaux venus puisque les possesseurs de la version Switch 1 ne bénéficient d’aucun traitement de faveur, que cela soit en termes de prix ou de transfert de sauvegarde inexistante en plus de ne proposer qu’une version numérique à l’achat.


Alors qu’il faisait partie de mon backlog depuis 3 ans, j’ai pu découvrir Star Ocean: The Second Story R dans une version Switch 2 irréprochable visuellement et techniquement parlant. En résulte, un plaisir de jeu indéniable jouissant d’un univers et de personnages fascinants et au gameplay d’une profondeur que je n’aurais pas soupçonné. Un remake réussi pour un classique de l’ère PS1 assumant un côté old school et modernité pour les nouveaux venus. Malheureusement, le jeu se voit également assez daté sur certains aspects, notamment son équilibrage parfois frustrant ou encore un monde qui se révèle trop vide et peu intéressant à explorer. Le plus gros point faible de cette version? Une politique tarifaire qui frôle l’indécence pour les possesseurs de la version Switch 1, sans transfert de sauvegarde et surtout sans version physique disponible ni annoncée (là où les Xenoblade Chronicles sortent en décalé entre version numérique et physique).

- Le double protagoniste au lancement du jeu, un capital de rejouabilité certain, surtout aux vues des différences apportées (personnages recrutables, scènes exclusives)
- Le savant mélange entre fantasy et science fiction
- La profondeur du gameplay
- Une durée de vie parfaite
- La 2.5D aussi efficace visuellement que la 2D-HD
- Quelques éléments modernes intégrés pour rendre le tout plus digeste
- Le endgame qui ajoute un peu de défi, quelques heures de jeu sans être intrusif

- Un monde malheureusement très vide
- L’équilibrage qui fait le yoyo frustrant
- Une politique tarifaire indécente pour les possesseurs de la version Switch 1
- Pas de version physique (ni même annoncée)