
Qui n’a jamais rêvé d’abandonner sa vie et de partir sur les routes dans un van pour vivre au grand air ? C’est la promesse de Outbound, du studio Square Glade Games. Dispo dès le 11 mai sur Xbox Series S/X et PC et le 14 mai sur PS5 et Nintendo Switch 1 et 2. Si j’ai beaucoup de choses à en dire, le fond de son propos mérite que vous y jetiez un oeil à votre tour, explications.

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 20 heures |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 41% des trophées (18 trophées sur 33) |
| Difficulté | / |

| Genre(s) | Aventure, Cozy, Monde Ouvert, Survie, Vanlife, FPS |
| Date de sortie | 14 mai 2025 |
| Prix (maximum conseillé) | 24.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et NS2 et PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non en solo, oui en coop jusqu’à 4 |

Outbound vous propose de vous isoler de votre vie quotidienne et partir à l’aventure à bord de votre van afin de parcourir son monde, loin de toute l’agitation de la vie quotidienne. On parle ici du courant dit « vanlife », une contreculture née dans les années 60 et qui a eu un regain de popularité dans les années 2010 (bien qu’elle ait toujours existée NDLR). Mais avant de parler du jeu, laissez moi vous parler de ce courant qu’est la vanlife :
En choisissant de partir sur les routes à bord d’un van, c’est chercher avant tout la liberté, la simplicité et la proximité avec la nature. Le but étant de vivre une vie plus authentique et équilibrée, en se débarrassant des contraintes matérielles tout en privilégiant l’expérience et l’épanouissement personnel.
En optant pour la vanlife, on cherche une philosophie minimaliste en rejetant la société de consommation qui valorise l’accumulation de biens matériels. À la place, on privilégie l’expérience, les souvenirs et la connexion avec les autres. L’un des buts recherchés étant de posséder moins pour être libre et se concentrer sur l’essentiel.
La vanlife incarne également un profond respect pour la nature et l’environnement. Les amateurs sont souvent des adeptes du mode de vie durable et cherchent à minimiser leur impact sur la planète. Ils privilégient les énergies renouvelables, recyclent, et adoptent des habitudes de vie écologiques.

Dans Outbound, vous commencerez votre aventure par choisir votre véhicule selon trois de départ, votre plaque d’immatriculation, votre genre et personnaliser votre personnage et les couleurs de votre véhicule. Une fois lancé dans le 1er monde ouvert (sur un total de quatre), vous découvrez alors que vous n’avez pas (vraiment) d’objectifs principaux et secondaires « imposés », puisque c’est vous mêmes qui allez choisir quoi faire et quand le faire, puisque Outbound vous propose de partir à l’aventure de lieux précis afin d’y accomplir une action visant toujours à venir en aide à votre prochain.
D’ailleurs, fait intéressant, vous ne rencontrerez pratiquement personne de votre aventure et serez constamment livré à vous mêmes durant toute votre aventure. Cette absence de population est expliquée pour peu qu’on explore un peu les fameux lieux principaux qui nous attendent. Pas de vrai scénario conventionnel et classique, juste vous, votre van et votre sens de la débrouillardise. Même si Outbound peut être parcouru tout au long tout seul, sachez tout de même qu’il peut être parcouru jusqu’à 4 en coop. A titre d’information, sachez que je l’ai accompli tout seul, du début jusqu’à la fin.


Le contenu de Outbound, outre 4 grands mondes ouverts, vous proposant autant de biomes différents qui sont d’autant de cartes postales décrochant la rétine et votre sens de l’imagination, vous serez auto suffisant dans votre aventure à condition de ramasser tout ce qui se trouvera sur votre chemin. Bois, ferraille, nourriture, roches et même les déchets, tout peut (et doit) être utilisé afin de vous rendre la vie plus douce. A titre d’exemple, les déchets que vous allez ramasser serviront de ticket d’amélioration à échanger dans des tours d’amélioration afin de repartir avec un schéma de construction, qui à son tour en échange de denrées vous offrira un outil qui aidera dans votre quotidien (hache, piolet, serpe et ainsi de suite). Une sorte de cycle vertueux ou tout ce que vous accumulerez dans le coffre de votre van servira à un moment ou un autre dans votre folle aventure.
Si, sur la forme Outbound peut être résumé à ce que je vous ai dit plus haut, c’est vraiment sur le fond que Outbound m’a accroché dans ses filets. Seul(e), livré(e) à nous mêmes, à bord de notre van, on sillonne les petites routes afin de s’arrêter à un point qui nous intéresse. De là, on découvre un petit chemin de sentier qui débouche sur un lieu qui nous « offrira » des denrées que l’on a besoin, puis on repart jusqu’au coucher du soleil. On s’arrête dans un petit coin tranquille afin de dérouler le camp qui se trouve sur le toit de notre van où on peut se livrer à la construction de notre maison sur roues ou bien alors de confectionner différents matériaux utiles pour améliorer notre quotidien, comme par exemple une meilleure batterie et un meilleur moteur pour notre van (c’est un exemple parmi tant d’autres).


Du côté des graphismes, vous le verrez dans les captures d’écrans maisons, Outbound adopte une direction artistique proche de Firewatch (pour ne citer que lui), un peu cell shading lui offrant une bien belle identité. Des couleurs chaudes en permanence, pour des jours et des nuits qui favorisent l’imagination. Accompagné par un mode photo qui n’en est pas vraiment un (il fait juste disparaitre votre ATH mais ne permet pas de déplacer la caméra comme bon vous semblera), Outbound émerveille mais m’a un peu déçu du côté de sa technique. Ralentissements constant, clipping, freezes (3 en 20 heures), sans parler des oublis de traduction française ici et là, je ne peux pas dire que Outbound est un exemple de technique propre, surtout sur PS5 Pro et surtout pas après un certain Saros. Mais toujours dans un souci d’honnêteté, je ne lui en tiens pas (vraiment) rigueur puisque pour un titre proposé à 24.99€, je trouve que le travail abattu de la part du studio mérite mon respect.
Maintenant que j’ai fait le tour du propriétaire, parlons un peu de ce que j’en pense de ce Outbound. Pour tout vous avouer, il m’avait tapé dans l’œil il y a de ça un petit moment. Je l’avais repéré et je m’étais dit que l’idée méritait vraiment que je m’y attarde. Après l’avoir complété et vu sa fin (oui parce qu’il y a une fin si on décide de l’accomplir mais rien ne vous y oblige vraiment), je suis partagé entre l’aimer sans condition, tout en vous expliquant ce qui s’est passé dans ma partie afin que vous ayez toutes les cartes en main avant de lui donner sa chance ou non, ou bien de l’étrangler manu militari.

Quand on parle de vanlife, on parle de liberté, d’évasion, d’être livrés à nous mêmes et de ne dépendre de personne afin de « fuir » une vie quotidienne qui broie les gens. Entre un travail noyant les gens en permanence et une vie quotidienne étouffante, le principe et les valeurs de la vanlife fait rêver n’importe qui ayant envie d’une liberté sans condition. Si, effectivement dans les premières heures (c’est à dire la première carte), les fondamentaux fonctionnent, tout est parti un peu en sucette à partir du moment où l’on comprend que le studio a mit un cadre strict à son aventure. Une pente trop raide à monter pour votre van et l’illusion disparait, créant dès lors une dichotomie entre les valeurs de la vanlife et le propre d’un jeu vidéo et ses mécaniques intrinsèques. Vous devez (vous êtes vraiment obligés) upgrader votre moteur afin de lui offrir la puissance nécessaire pour gravir la pente. Et pour ça, vous allez avoir besoin de ressources. De beaucoup de ressources même. Le problème étant qu’il faudra passer par la case du farming. Et pas qu’un peu. Vient ensuite le fait qu’on ne peut pas porter beaucoup de ressources en même temps puisque limité en taille dans le sac à dos (on ne parle pas ici de poids mais de place, une denrée occupe une place). Donc faire attention à sa limite de place puisqu’encombré, c’est être ralenti par le contenu du sac à dos. Donc on retourne se vider au van pour repartir et ainsi de suite. Mais le véritable « combat » commence à partir du moment où l’on se lance dans la construction de notre nouveau moteur (ou d’autre chose).
Et là, vous allez devoir être patient(e)s comme jamais. Pour faire votre moteur, il vous faut le schéma de ce moteur. Pour ce schéma, il faudra accomplir pas mal d’étapes pour confectionner les ressources nécessaires. A titre d’exemple, il faut des boulons, des feuilles de tôles, du minerai transformé et ainsi de suite. Les ressources confectionnées en main, vous les échangez contre le schéma. Une fois le schéma en main, direction l’établi pour construire le moteur. Vous répétez une nouvelle fois les étapes du dessus. Voilà ! Vous avez votre nouveau moteur tout rutilant qui vous permettra de gravir cette méchante pente toute raide, magnifique !
Je ne sais pas vous mais moi j’ai vu ces moments (au pluriel) d’un très mauvais œil. Nous sommes super loin d’une ode à la liberté pure et dure puisque ces étapes pour l’upgrade de mon van, j’ai aussi dû l’accomplir dans les lieux importants vous demandant de les réparer. Il a fallu que je farm plusieurs fois en faisant pas mal d’allers retours. Un peu comme dans la vraie vie au final. Si le sentiment d’évasion est bel et bien là en début de partie, le milieu et la fin n’ont été qu’une succession de séances de farm intenses entre deux panoramas vraiment superbes. De plus, je peux aussi vous parler des collectibles du jeu qui ne vous apporteront rien sauf leur trophées associées (il vous coûteront même des ressources). Sans parler de la présence d’un chien qui ne sert à rien sauf de support émotionnel bien entendu.

Pendant toutes ces séances de farm, je me suis creusé les méninges en me disant que le studio tient réellement un concept de cozygame qui, sur le papier, fonctionne. Dans les faits, j’ai vraiment pesté devant mon écran en me disant que je n’étais pas du tout libre et que j’étais retenu par un système de ressources mal appréhendé par le studio. Pourquoi ne pas augmenter le nombre de ressources ramassées ou de pouvoir fabriquer plus de denrées confectionnées ? Pourquoi ne pas permettre au chien qui nous accompagne de pouvoir ramasser lui même les ressources au sol ? C’est trois fois rien mais ça pourrait atténuer le sentiment que les séances de farming étranglent le joueur, selon moi.
Partagé entre le sentiment que le studio tient là un beau jeu (dans tous les sens du terme), Outbound mérite à la fois que le studio revienne un peu dessus pour proposer une petite mise à jour (du moins technique à minima) mais aussi votre attention, pour peu que vous adhériez au message, plus ou moins respecté par le studio mais limité par leur vision de ce que doit être un jeu vidéo pour eux. Fort heureusement vendu à prix « doux », bien pour ça que je suis très positif envers cette oeuvre qui aurait pu être différente de ce que je peux voir en temps normal, je reste partagé entre le fait d’avoir vécu une aventure chaleureuse qui, malheureusement, m’a pris la tête vers sa fin parce toujours rattrapé par les démons d’une vie quotidienne qui n’oublie pas son consumérisme à outrance.

Si son début fait vraiment illusion et m’a vraiment offert une liberté comme je l’aime, ça se gâte rapidement et m’a rappelé ce que je ne veux plus voir (ou de moins en moins), c’est à dire des séances de farm qui étranglent le joueur qui rêve d’une liberté sans condition. Néanmoins, le studio tient tout de même là une aventure en vanlife qui mérite autant votre attention que la mienne puisque rendu au centuple à un certain moment de l’aventure. Vendue à un prix plus que doux, j’ai trouvé une alternative aux gros AAA qui s’enchainent telle la vie quotidienne qui noie les gens.

- Les valeurs de la vanlife respectées
- Le sentiment d’accomplissement que l’on ressent à un certain moment
- Il y a un chien et on peut le caresser, qui dit mieux ?
- Une Direction Artistique chaleureuse
- Des panoramas synonyme d’évasion
- Une durée de vie plus que parfaite
- Un prix plus que doux, pour un résultat forçant le respect

- Une technique perfectible
- Une illusion de liberté (le farm qui prend le dessus) qui se prend les pieds dans le tapis à partir de la seconde partie du jeu
- Trop de collectibles, tue les collectibles