
Avant de se nommer Ys Memoire: Revelations in Celceta, il faut savoir que ce portage des aventures du célèbre Adol Christin est ce que l’on peut appeler la version canonique d’Ys IV. Un épisode à l’origine sorti en 2 parties, Ys IV: Mask of the Sun et Ys IV: The Dawn of Ys, sortis en 1993, la première sur Super Famicom développée par Tonkin House, la deuxième sur PC-Engine développée et éditée par Hudson Soft (mais si, vous savez, la petite abeille). En 2005, Ys IV: Mask of the Sun se voit être porté sur PS2 sous forme de remake, développé par Taito, répondant au nom de Ys IV: Mask of the Sun: A New Theory, introduisant un nouveau gameplay ainsi que des ajouts et libertés scénaristiques. En 2012, Nihon Falcom fait table rase et reprend les rennes d’Ys IV avec un nouveau remake: Ys: Memories of Celceta, sorti sur PS Vita. Histoire entièrement remaniée, nouveaux personnages et gameplay inspiré d’Ys VII. C’est donc cette dernière version qui deviendra officielle dans la timeline de la licence de Falcom. Nous sommes 14 ans plus tard et Falcom n’en a pas terminé avec cette aventure. Après un portage en 2019 sur PS4 voilà qu’Ys IV revient une nouvelle fois, cette fois-ci sur Nintendo Switch, dans une itération appelée Memoire, à l’instar de The Oath in Felghana, éditée par Marvelous, sortie le 28 avril 2026. Et après cette parenthèse de l’histoire d’Ys, place à mon test.

| Version | Numérique sur Nintendo Switch, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 26h |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 95% de la carte découverte |
| Difficulté | Normal |

| Genre(s) | Action, Aventure, RPG, Solo |
| Date de sortie | 28 avril 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 29.99€ |
| Plateforme(s) | Nintendo Switch |
| Voix | Anglais, Japonais |
| Textes français | Non |
| Connexion obligatoire | Non |
A l’origine, Ys: Memories in Celceta se situe entre Ys II et Ys III, devenu entre temps The Oath in Felghana en 2005, mais ça c’était avant la sortie d’Ys X: Nordics, en 2023, qui se déroule, dans la timeline officielle, après Ys II (sorti en 1988). Chronologiquement, nous venons donc de quitter Karja et les Normans.

Voilà deux ans qu’Adol a quitté sa terre natale pour partir à l’aventure et exploré le monde. Au moment des événements de ce Ys Memoire: Revelations in Celceta, il a alors 18 ans et c’est une nouvelle page de son histoire qui est sur le point de s’écrire. Alors qu’il titube d’épuisement dans les rues de la ville de Casnan, dans la région de Celceta, il finit par perdre connaissance. A son réveil, il fait la connaissance de Duren qui lui fait très vite comprendre qu’il est devenu amnésique. C’est alors qu’il décide de partir en quête de ses souvenirs et se voit par la même occasion missionné par Griselda, la gouverneure générale, de cartographier la région et enquêter sur la grande forêt de Celceta. Evidemment, c’est une aventure bien plus complexe et vaste qui attend Adol et Duren, qui a décidé de l’accompagner.


Voilà donc un résumé très sommaire de ce que va nous raconter cette nouvelle épopée. Une aventure qui se révèle à la hauteur de ce que sait faire de mieux la série Ys, une aventure dense qui promet son lot de rebondissements et moments épiques, avec un vaste casting de personnages, jouables et non jouables. On quitte donc le duo formé avec Karja dans Ys X, pour former une équipe de 3 membres parmi 6 personnages jouables au total. Proposant une histoire somme toute classique, elle n’en reste pas moins captivante dans son déroulement, ses rebondissements et révélations pour nous offrir une aventure qui reste dans la lignée de licence, d’une efficacité redoutable.
Rappelons que cet épisode date initialement de 2012, avec un travail de resmasterisation moindre, la mise en scène se voit donc plus en retrait et plus sommaire par rapport aux derniers épisodes, Ys X étant le dernier en date et donc le plus abouti de ce point de vue. Notez également qu’à l’instar de The Oath in Felghana, dont le récent portage sur Switch, PS4 et PS5 a également été confié à Marvelous, Revelations of Celceta ne dispose pas de localisation française, il faut donc, au mieux, composer avec une traduction anglaise. Si le niveau requis n’est pas académique, cela peut évidemment refroidir surtout quand la licence permet systématiquement aux joueurs francophones de la découvrir dans leur langue natale depuis Ys Origin (à noter qu’Ys VI: The Ark of Napishtim sur PS2 a été le tout premier épisode à être traduit en français).


En termes de gameplay, si cet épisode d’Ys n’est pas votre premier, vous êtes assurément en terrain connu. Ys Memoire: Revelations in Celceta est un jeu d’aventure à la troisième personne tout à fait classique avec des combats en temps réel, autrement dit de l’action-RPG. Chaque personnage jouable dispose de son arme de prédilection, l’épée longue étant celle d’Adol, le poing celle de Duren et ainsi de suite. Mais aussi classique puisse-t-il être, cet épisode d’Ys a aussi ses petites particularités de gameplay que l’on ne retrouvera pas forcément dans les épisodes plus récents. Par exemple, les ennemis disposent d’une faiblesse à un type d’arme: tranchante, contondante ou perçante. Les armes auxquelles ils sont faibles feront donc plus de dégâts que les autres. Il est donc important de varier les armes utilisées dans l’équipe. En effet, à l’instar d’Ys X: Nordics, Adol n’est pas le seul personnage jouable et on peut changer de personnage à la volée, aussi bien pour s’adapter aux faiblesses des ennemis mais aussi pour varier les plaisirs des attaques et compétences spéciales des différents personnages de l’équipe en combat.
Avec des commandes très sommaires telles que l’attaque, le « dash » ou encore la garde, Revelations in Celceta (ou Memories of Celceta, c’est comme vous voulez finalement) dispose également des attaques spéciales qui se débloquent au fur et à mesure que l’on accumule des points d’expérience. Enfin, il était, en son temps, l’épisode qui avait introduit l’esquive éclair, qui permet de ralentir le temps pendant un cours instant quand on esquive avec un timing précis. Une mécanique qui a été reprise notamment dans Ys VIII et IX.


Mais si les combats prennent une grande place dans la boucle de gameplay, rappelons que la mission principale d’Adol est de cartographier les lieux: en d’autres termes explorer et « révéler » la carte. Là encore, l’entièreté de l’équipe sera mise à contribution puisque chaque personnage jouable dispose d’une compétence d’exploration unique. Si Adol est le seul à pouvoir intéragir avec ses fragments de mémoire (logique), Duren peut par exemple crocheter les serrures de certains coffres, et Ozma peut briser les murs fissurés. A cela s’ajoute les nombreux artefacts trouvés (ou offerts) sur notre chemin afin de pouvoir découvrir 100% de la région, et, cela va de soi venir à bout des nombreux donjons que nous arpenterons durant l’aventure. L’un nous permet de plonger dans l’eau, quand un autre peut nous rétrécir façon Chéri, j’ai rétréci les gosses, ou tout simplement nous permettre de régénérer notre santé en restant immobile, pour ne citer que quelques exemples.
Globalement, Revelations in Celceta n’a pas vieilli d’un pouce, ou très peu, tant il reprend des mécaniques, certes classiques, mais surtout intuitives, qui ont façonné l’efficacité du gameplay de la licence au fil des années. Cela étant il faudra malgré tout composer avec quelques mécaniques datées, ou en tout cas, qu’on ne voit plus aujourd’hui: le voyage rapide et son système de couleurs. En effet, tout au long de notre aventure, nous croiserons le chemin de stèle, qui régénèrent notre santé mais qui servent également à revenir dans des lieux déjà explorés. Malheureusement, dans un premier temps, chaque zone est régie par un code couleur. Autrement dit, impossible de faire un voyage rapide entre une stèle bleue et une stèle jaune par exemple, ce qui est assez contraignant quand on veut retourner à Casnan de l’autre bout du pays.

Visuellement rappelons une dernière fois que Ys Memoire: Revelations in Celceta n’est qu’un bête portage du remake Ys: Memories of Celceta sorti en 2012 sur PS Vita, lui-même déjà porté en 2019 sur PS4. Oui, on est loin des standards actuels et surtout de la qualité aujourd’hui atteinte par Ys X: Nordics (et Proud Nordics). Les couleurs sont plus ternes, les textures accusent assurément le poids des années et pourtant il n’en reste pas moins toujours très agréable visuellement et repose sur un simple lissage qui va masquer ou du moins atténuer quelque peu certaines imperfections. Si vous avez fait The Oath in Felghana l’année dernière, on est sur cette même tendance graphique. Côté technique, à noter que j’y ai joué sur Switch 2, cette version Switch se voit être sans véritable faille, tout tourne comme un coucou suisse sans faiblesse apparente. Et j’ai envie de dire, heureusement.
Enfin, parlons de l’OST qui elle aussi est dans la lignée de ce que propose habituellement la licence, et est peut-être même, dans la toute petite liste des 5 jeux de la licence que j’ai terminé à ce jour, pour moi, l’une des meilleures (avis totalement personnel et subjectif). Toujours est-il que les compositions de Hayato Sonoda, Takahiro Unisuga, Saki Momiyama, et Tomokatsu Hagiuda font toujours mouche 14 ans plus tard, à la différence près qu’elles ont été réarrangées pour l’occasion pour s’offrir une nouvelle jeunesse.


La question de l’intérêt de ce portage se pose évidemment. Si vous l’aviez déjà fait en 2012 sur PS Vita, il est inutile hormis par nostalgie. De même, si vous possédez déjà la version PS4 sortie en 2020 (en Europe). En effet, reproduit à l’identique, sans contenu inédit, cette version Switch s’adresse avant tout à un public qui débute dans la licence et qui voudrait par exemple découvrir « la suite » après avoir terminé Ys X: Nordics et qui n’a pour seule plateforme que la console de Nintendo (oui, il y en a). Pour le reste, Ys Memoire: Revelations in Celceta est dans la lignée de ses prédécesseurs (et successeurs chronologiques), un épisode efficace, relativement intemporel dans ses mécaniques de gameplay. On peut passer du X à celui-ci sans être perdus ni dépaysés. Malgré tout, il faudra composer avec son rendu visuel vieillot qui n’a pas tellement évolué depuis sa sortie initiale, mais qui n’est pas forcément désagréable ou « moche » et surtout avec l’absence de localisation française qui le coupe à coup sûr du public qui n’a rejoint l’aventure que très récemment grâce à elle.

- Ys toujours une valeur sûre
- Un gameplay efficace et intemporel
- Le roster de 6 personnages jouables, ça change un peu
- Visuellement, ça reste très propre…
- L’OST vraiment excellente
- Ca tourne parfaitement sur Switch 2

- Pas de localisation française, ce sera toujours dommage
- Le voyage rapide un peu fastidieux pendant une grande partie de l’aventure
- …mais qui accuse un peu le poids des années
- Pas grand intérêt si on a déjà le jeu sur Vita et/ou PS4