
Toute jeune licence née en 2017, développée par Gust (série Atelier), éditée par Koei Tecmo, Blue Reflection s’est déjà déclinée en 2 épisodes majeurs sur consoles et PC, Blue Reflection et Blue Reflection: Second Light, un animé, Blue Reflection: Ray et un jeu mobile, Blue Reflection: Sun, aujourd’hui hors service. Ce quatuor est venu donner naissance à Blue Reflection: Quartet, sorti le 30 juillet 2026 sur Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, PS5 et PC, une compilation de toute la licence, enfin plus ou moins. Alors que je m’apprête à terminer le quatrième épisode, il est temps pour moi de vous dévoiler mon avis sur cette licence dont j’étais totalement passée à côté à l’époque.

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Envrion 42h |
| Histoire terminée | 3/4 histoires terminées |
| Complétion totale | 49% des trophées débloqués |
| Difficulté | Normal |

| Genre(s) | Visual Novel, Aventure, RPG |
| Date de sortie | 30 juillet 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 49€99 |
| Version physique | Pas en Europe |
| Plateforme(s) | Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, PS5, PC |
| Voix | Japonais |
| Textes français | Non |

Hinako Shirai est étudiante Hoshinomiya Girls High School. Alors qu’elle voit sa passion pour le ballet s’écrouler devant ses yeux après une blessure au genou, elle fait la rencontre de Lime et Yuzuki « Yuzu » Shijou, deux sœurs et camarades de classes. Elle est soudainement téléportée dans un monde qui lui est inconnu, appelé le Common, un monde qui lui permet de ne plus souffrir de sa blessure tout en la transformant en « Reflector« , autrement dit une magical girl. Un pouvoir qui lui permet de stabiliser les émotions et empêcher les Sephira, les créatures de ce plan, d’envahir le monde.
Voici donc le postulat de départ de Blue Reflection, premier épisode de cette compilation et tout premier jeu sorti en 2017. Un postulat qui va permettre aux itérations qui lui ont succédé de reprendre ses bases, tout en mettant en scène de nouvelles protagonistes, de nouveaux thèmes tout en lui faisant, plus ou moins, directement suite pour Sun et Second Light, et en gardant ce concept de monde magique et de transformations. Un concept fortement inspiré du genre « Magical Girls », un sous genre de la fantasy japonaise, dont la figure la plus emblématique du genre n’est autre que Sailor Moon pour les années 90 ou encore Cardcaptor Sakura pour les années 2000.


Blue Reflection, dans sa globalité, est une saga qui traite de nombreux thèmes autour des émotions particulièrement fortes, de la colère, au deuil, en passant par la dépression et les traumatismes, auxquelles viennent se greffer l’importance des liens créés avec les autres étudiantes, façon liens sociaux à la Persona. Globalement, Blue Reflection, avec une narration assez cryptique, pas toujours tout de suite explicite, est une licence qui sort des sentiers battus qui saura, à chaque nouvel épisode, traiter de façons différentes les thèmes qui l’animent. Par exemple, le premier épisode mettra en avant la façon dont nous succombons à nos émotions comme la jalousie par exemple ou la rivalité, pendant que Second Light traite, surtout, l’importance de nos souvenirs et de les retrouver.
Mais si ses thèmes sont particulièrement bien traités, 2 griefs me viennent à l’esprit: son approche très « visual novel » manquera à de maintes reprises de rythme laissant place à beaucoup de longueurs, pour peu que cela n’apporte finalement pas grand chose à son scénario, le tout manquant cruellement de révélations qui nous happeraient véritablement dans son univers. Blue Reflection a énormément de choses à dire mais dans sa forme manque malheureusement le coche pour nous captiver réellement, avec 2 épisodes assez « somnolents ». Le deuxième grief, c’est évidemment l’absence de localisation française. Une nouvelle fois, Koei Tecmo se coupe d’un public qui ne demande qu’à entrer mais reste devant une porte fermée.
Quatre jeux, pour quatre façons de jouer différentes, c’est la promesse de cette compilation. Si Blue Reflection et Blue Reflection: Second Light sont des versions « remasterisées » pour l’occasion de JRPG, Ray et Sun ont totalement été refaçonnés pour pouvoir y être inclus. En effet, Blue Reflection: Ray est à l’origine l’adaptation animé en 24 épisodes sortie en 2021 servant de préquelle au Blue Reflection de 2017 dans lequel on suit deux amies, Hiori et Yuka. Blue Reflection: Sun est le jeu mobile sorti en février 2023 et fermé en mai 2024. On y suit le leader, seul personnage masculin de la licence, d’une équipe d’étudiantes dans une atmosphère post-apocalyptique où une mystérieuse substance altère le corps et l’esprit des humains.


Blue Reflection est un JRPG en tour par tour assez classique avec un fort attrait pour le visual novel. L’intrigue nous fait voyager entre le lycée et le Common. Le premier nous permet de tisser des liens avec de nombreuses camarades, pendant que l’autre nous permet d’explorer ce monde mystérieux où il faut stabiliser les émotions et vaincre les Sephira. Avec un système de combat assez classique où la gestion de notre ether (les PM du jeu) est primordiale pour attaquer et se soigner. Les zones du Common y sont assez restreintes dans lesquelles le but principal est de trouver les fragments d’émotions de chaque étudiante en détresse. Le tout se révèle assez sommaire, tant en termes d’exploration que de combats purs. Seuls les combats de boss valent réellement le détour lorsque le jeu nous permet d’exploiter le système de personnages soutiens. Le jeu dispose également d’un système de craft qui servira avant tout pour les quêtes secondaires dont l’objectif est de ramener certains objets spécifiques à la demande des étudiantes.

Blue Reflection: Ray a quant à lui opté pour le visuel novel pur d’une petite heure, heure et demie tout au plus. Pas de combats, seulement une succession de dialogues, et une exploration somme toute très minimaliste qui ne nous permet que de récolter de nombreux souvenirs pour apporter de la matière à son univers mais tout en restant facultatifs.

Blue Reflection: Sun quitte donc son mode en ligne sur mobile de type gacha pour être adapté à une jouabilité entièrement en solo. Comptez à peine 5h pour en voir le bout. Là encore très peu de gameplay puisque le tout s’articule autour d’un visual novel et de quelques combats de boss. Pour autant, on ressent déjà une nette différence entre le tour par tour du premier épisode et celui-ci, se rapprochant, très grossièrement, de celui des Atelier Ryza. Chaque personnage de l’équipe se contrôle avec 1 touche spécifique, et les attaques sont régies par un certain nombre d’éther à dépenser sans que le combat ne s’arrête. Le système de combat dispose donc d’une certaine approche plus tactique, plus stratégique, nous poussant parfois à retarder l’attaque de nos ennemis.


Blue Reflection: Second Light est indéniablement le jeu le plus abouti de la licence dans tous ses aspects. Reprenant les bases du système de combat de Sun (et par extension fortement inspiré par celui d’Atelier Ryza), il dispose également d’un système d’affinités plus complet, et utile au gameplay. Il dispose d’un système d’arbre de compétences pour chaque personnage jouable, d’un système de craft plus développé, et la possibilité de personnaliser la cour du lycée avec de nombreuses installations (qui apportent par exemple des buffs en combat). Il nous permet également de rentrer dans un mode furtif, nous donnant la possibilité de nous écarter du champ de vision de nos ennemis. Scénaristiquement, c’est également, à mon sens, le plus intéressant et le moins cryptique, tout en étant, toujours, assez bavard toutefois.
Visuellement, la compilation a opté, comme bon nombre de jeux du genre, pour un style typé manga tout en adoptant une direction artistique propre au genre des Magical Girls. Malgré tout, les 3 premiers épisodes manquent cruellement d’ambition visuelle. Le Common du premier jeu se veut être assez vide et petit. Les 2 épisodes suivants étant très courts, avec finalement peu de gameplay, là encore, ça manque de folie. Une nouvelle fois c’est Blue Reflection: Second Light qui sort le plus du lot avec des donjons, les Heartscapes, bien plus vastes et surtout qui évolueront selon l’univers du personnage qui cherche ses souvenirs et un bestiaire bien plus large également.

Pour le neuvième anniversaire de sa licence, Gust a mis les petits plats dans les grands en nous proposant une compilation complète de l’univers de Blue Reflection. Entre versions remasterisées et ravalement plein et entier pour s’adapter sur consoles et PC, Blue Reflection: Quartet propose ici une édition ultime pour anciens mais surtout nouveaux joueurs. Avec quatre histoires distinctes et quatre approches différentes, cette compilation permet de découvrir un univers riche et des thèmes souvent peu traités. Malheureusement, le tout se révèle très inégal, avec un premier volet qui commence à accuser le poids des années, 2 adaptations qui auraient mérité un bien meilleur traitement, et un Second Light qui se lève au rang de meilleur épisode de la licence. Il n’empêche que si vous aimez déjà les travaux de Gust (et que vous parler l’anglais), Blue Reflection, malgré ses défauts peut se révéler être une très belle surprise.

- Le traitement de thèmes particulièrement forts (émotions, traumatismes,…)
- Le besoin de créer des liens
- Quatre approches différentes
- Blue Reflection: Second Light, l’épisode le plus abouti

- Un rythme pas souvent au rendez-vous
- L’absence de localisation française
- L’obligation de passer par l’import si on veut une version physique
- Sun et Ray auraient mérité un bien meilleur traitement