
Sorti en 2024, Metaphor: Re Fantazio est une toute nouvelle IP signée Atlus, par les créateurs de Catherine Full Body, Studio Zero, également en charge de Persona 4 Revival, qui sortira l’année prochaine. Toujours est-il que Metaphor a signé un immense succès critique et commercial, avec un très beau score de 94 de Metacritic et totalisant 1 million de ventes le jour de sa sortie et atteignant les 2 millions au 31 mars 2025, et repartant même au passage avec quelques prix à la prestigieuse cérémonie des Game Awards. Et à l’instar de Persona 3, 4 et 5, les aventures de notre héros Elda (qui n’a pas de nom officiel dans le jeu) a également eu droit à son adaptation manga. Lancé au Japon dès janvier 2025, des mains de Yoichi Amano, la version française arrive enfin ce 2 juillet aux éditions Mana Books (qui ont déjà à leur actif toutes les adaptations de Persona, du 3 au 5, en passant par l’artbook de Persona 5 et la livre de cuisine officiel Persona). Et si vous me suivez ne serait-ce qu’un tout petit peu sur les réseaux, vous savez que je ne pouvais pas passer à côté d’une oeuvre d’Atlus en format papier.
Cette chronique a été rédigée à partir d’une version papier fournie par Mana Books.
| Editeur | Mana Books |
| Prix | 7€95 |
| Date de sortie | 2 juillet 2026 |
| Nombre de pages | 192 |
| Format | 130 x 180 mm |
Synopsis
Le roi est mort, longue vie au roi! Alors que le roi d’Euchronie est mort dans des circonstances floues pour les habitants, Will (c’est le nom qui a été donné au protagoniste), de la tribu Elda, et Gallica, sa compagne de route féérique, ont une mission: sauver le prince, fils et héritier du roi, victime d’une malédiction. Alors qu’ils visitent la capitale royale de Grand Trad, une voix résonne dans le ciel: « Quand viendra le jour du héros, quiconque aura vraiment mérité la foi des citoyens accédera au trône! » Le défunt roi vient donc de changer la donne en organisant des élections royales durant lesquelles quiconque peut participer. C’est alors que démarre un jeu des trônes risqué mais nécessaire pour mettre fin à la menace qui pèse sur le royaume.

Mon avis
Si vous n’aviez pas encore fait le jeu, je vous présente le synopsis, grossièrement simplifié, de Metaphor: Re Fantazio. Une mission de sauvetage d’un prince en grand danger, un duo prêt à tout pour lui venir en aide et lui rendre la place qui lui est dûe et un retournement de situation quand le roi annonce l’ouverture d’élections royales auxquelles n’importe qui peut participer et c’est réputation auprès des citoyens qui le propulsera sur le trône.
Rien à voir avec Shin Megami Tensei et encore moins avec Persona, Metaphor a brisé les codes de ses prédécesseurs pour s’approprier sa propre identité. Pour la petite histoire, voilà plusieurs semaines que j’ai recommencé Metaphor, que j’avais à peine commencé à sa sortie, mais il était grand temps pour moi de réparer cette erreur. L’avantage pour moi est donc d’avoir le début du jeu encore tout frais dans ma mémoire à la lecture de premier tome de l’adaptation signée Yoichi Amano. Pour un peu plus de précisions, cette ouverture couvre environ les 10/15 premières heures de jeu.
Et il faut dire que ce premier tome déroute tout particulièrement. Plus qu’une adaptation dans un format qui n’était pas forcément destiné au jeu initialement, les auteurs tentent ici une réécriture presque entière du début du jeu. On supprime certains passages entièrement, et même certains personnages et combats, on réécrit certaines rencontres, on en supprime d’autres pour être probablement traitées plus tard (ou pas), on apporte rapidement un début de profondeur à certains personnages, on apporte plus de rythme, moins de blabla superflu (l’un des points faibles le plus rapporté par les joueurs), et on énigmatise bien plus le lore. Et même le cœur du gameplay a été revisité, mais je n’en dirais pas plus.


En d’autres termes, cette adaptation, au travers de son premier tome, permet de s’ouvrir aux lecteurs non joueurs et les attirer dans l’univers du jeu d’Atlus, tout en permettant aux joueurs du jeu de le redécouvrir sous un tout nouvel angle de narration le tout sans dénaturer son propos initial. Ce début intrigue et même questionne sur la façon et à quel point Metaphor va être revisité tant les événements relatés diffèrent par rapport à son format d’origine. Malgré tout, si le rythme du début de jeu aurait pu ne pas convenir au format papier, celui choisi pour le manga n’en reste pas moins très (trop?) rapide sur certains de ses aspects. S’il appuie sur la rencontre avec certains personnages, en développent d’autres assez rapidement, d’autres passent totalement, ou presque, à la trappe (non je ne donnerais pas de nom volontairement). Certaines scènes perdent donc inévitablement en impact et c’est quand même dommage. Là où le jeu prend peut-être trop son temps, le manga n’en prend, souvent, pas assez.
Du côté du dessin, Yoichi Amano s’en sort avec les honneurs. D’une fidélité maladive au character design de Shigenori Soejima tout en prenant quelques libertés d’expressions très typiques des mangas, on sent qu’il tient à cœur de Yoichi Amano de respecter le plus possible l’œuvre originale permettant ainsi de ne rien dénaturer ni dans la caricature. Mention spéciale aux artworks, vraiment somptueux.

Sans changer le fond du jeu, son postulat de départ, Metaphor version manga prend de nombreuses libertés pour s’adapter au mieux à ce format. Un rythme bien plus rapide et soutenu, c’est bien plus qu’une adaptation qui se profile à l’horizon pour laisser place à une véritable réécriture du titre. Et ce premier tome donne le ton dès les premières planches et dans la construction globale de son récit. Malgré tout, on regrette qu’il ne prenne pas plus son temps sur certains aspects, certaines rencontres et certains personnages, notamment, qui font perdre au récit de son impact. Une très bonne porte d’entrée pour les non joueurs, une redécouverte pour les fans du jeu qui veulent se relancer dans l’univers sans vouloir y passer 100 heures.