
Après l’adaptation d’Octopath Traveler: Champions of the Continent sur consoles, renommée Octopath Traveler 0 pour l’occasion, sortie en décembre 2025, la Team Asano, spécialiste du 2D-HD pour le compte de Square Enix, est revenue quelques mois plus tard, le 18 juin 2026, avec The Adventures of Elliot: The Millennium Tales. Une toute nouvelle IP, conjointement développée avec ClayTech Works (Bravely Default II) toujours en 2D-HD, annoncée le 31 juillet 2025 dans un Nintendo Partner Showcase en même temps que Octopath Traveler 0, avec une démo disponible dans la foulée, The Adventures of Elliot a su titiller le cœur des joueurs et attiser leur curiosité avant sa sortie. Maintenant qu’il est disponible et après terminé l’aventure et toutes ses fins, il est temps pour moi de vous donner mon avis sur cette nouvelle aventure.

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 32h |
| Histoire terminée | Oui (+3 fins) |
| Complétion totale | 52% des trophées débloqués, 100% de l’histoire principale, 70% des quêtes secondaires |
| Difficulté | Normal pour la première fin puis facile pour les 2 autres |

| Genre(s) | Action, Aventure, Solo, RPG, Fantasy |
| Date de sortie | 18 juin 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 69.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch, 2 et PC |
| Voix | Anglais, Japonais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

Elliot est un aventurier aguerri pour qui tout prétexte est bon à prendre pour découvrir le monde. Après une mission pour le compte de la princesse Heuria du Royaume d’Huther, sur le continent de Philabieldia, le Roi Hichard lui-même lui confie une nouvelle tâche à accomplir: explorer des ruines. Mais tout va prendre une toute autre tournure, alors qu’il découvre une mystérieuse porte qui lui permet de traverser le temps et après une rencontre inattendue avec une fée, Faie, qu’il est le seul à voir et entendre, la princesse Heuria va se retrouver en bien mauvaise posture. C’est alors qu’Elliot se lance dans une toute nouvelle épopée en vue de sauver la princesse.
Difficile de ne pas trop en dire tout en en disant suffisamment sur le scénario de The Adventures of Elliot tant il se dévoile au fil des heures d’une richesse assez impressionnante. En effet, alors qu’on pense avoir trouvé les réponses au mystère qui entoure la situation de la princesse en détresse, il en rajoute toujours une petite couche pour approfondir son lore, ses propos et son univers sur fond d’un vieux conflit et de voyage dans le temps. De plus, Team Asano et Claytech Works ont poussé les curseurs à fond avec une histoire à fins multiples qui viennent chacune ajouter leur pierre à l’édifice des réponses nécessaires à l’entièreté de son histoire tout en explorant son thème de fond, sans pour autant partir dans de la hard SF qui pourrait perdre certains joueurs en cours de route. Une durée de vie modulable donc selon l’envie de chaque joueur, lui laissant la liberté de se contenter de ce qu’il a eu. Plus qu’une simple aventure, c’est l’héroïsme et l’altruisme du jeune Elliot qui sont mis à l’épreuve. En résulte un personnage particulièrement attachant.

Manette en main, The Adventures of Elliot est un action RPG à l’ancienne, avec une ambiance années 80/90/2000 façon The Legend of Zelda. Exploration, combats, énigmes, magie (grâce à Faie) sont donc de la partie avec un soupçon de science-fiction grâce au voyage dans le temps et ses quatre âges à parcourir. Malheureusement cela a un coût: celui d’une potentielle redondance, car on explore sans relâche la même carte mais à des époques différentes. Si, en ce qui me concerne, je n’ai pas vraiment eu ce sentiment, tellement j’ai été happée dans son univers et la recherche de réponses, ce ne sera pas forcément le cas tout le monde. Surtout qu’il faut le dire, le level-design se veut être parfois alambiqué et pas forcément intuitif selon l’époque, qui lui aussi joue avec les événements passés et présents (on doit par exemple ouvrir une porte à une certaine époque pour qu’elle s’ouvre également dans une autre). Toujours est-il qu’on explorera quatre fois le même monde, avec les mêmes donjons et trop peu de subtilités qui auraient pu pallier à ce sentiment.
Tels les Zelda 2D, les aventures d’Elliot mêlent monde ouvert et donjons à explorer de fond en comble que cela soit pour le bien de notre avancée scénaristique mais aussi pour le bien d’une progression « matérielle » plus fluide. En effet, sa dimension RPG ne repose pas sur le système classique de niveaux et de points de compétences mais sur notre faculté à explorer. Au delà de la possibilité d’acheter soins et autres potions chez les marchands contre des Tuls (ou des rubis ça marche aussi), le jeu nous demande également de trouver armes, au nombre de 7, et leurs variantes plus puissantes, ainsi que des salles d’épreuves permettant par exemple d’augmenter notre nombre de cœurs servant de barre de vie et de compétences et leurs renforcements pour Faie. Enfin, au delà de la force brute de chaque arme, elles sont toutes personnalisables à l’aide des magicithes, des compétences diverses et variées (augmentation d’attaque, taux de critique, etc).


Faie, notre compagne de route, se voit également être centrale dans les phases de combats, que cela soit contre des ennemis lambdas ou contre les boss. Contrôlable, dans la limite d’un petit périmètre, à l’aide du second joystick, elle se voit être d’une importance capitale dans le succès de certains affrontements (et résolutions d’énigmes). Enflammer les ennemis, invoquer une tornade, ou encore nous octroyer un boost de vitesse, font partie des aptitudes dont nous pourrons user, dans la limite de stock de mana, bien évidemment. Fortement utile mais pas obligatoire, ce qui, malheureusement, peut enlever de la profondeur au gameplay qui aurait pu l’être bien plus. Si les boss disposent tous d’un pattern bien à eux, les vaincre se résumera finalement à leur taper dessus jusqu’à ce que mort s’en suive, bref, niveau stratégie de combat on repassera et c’est fort dommage.
Evoquons également le débit de parole et les dialogues en exploration. Si cela aurait pu faire partie d’un de ses plus gros points, une option vient atténuer, fort heureusement, le débit de parole aux pipelettes qui nous servent de compagnons. Cela étant, il faut malgré tout parler du contenu des dialogues en exploration qui se résument un peu trop souvent à nous prendre pour des lapins de 2 semaines. « Oh une plateforme qui bouge! » Oui, merci j’ai vu. « Il va nous falloir une clé pour ouvrir cette porte! » Ah bon? Tu crois? Si je n’ai habituellement aucun mal à entendre les conseils de mes coéquipiers de pixels, ceux de The Adventures of Elliot ont quand même eu tendance à me tendre, tant j’ai eu l’impression de jouer à mon premier JRPG (surtout quand ces mêmes lignes de dialogues reviennent sans relâche même après 30h de jeu et après avoir exploré 4 fois la même carte). Ouf, on peut leur couper, un peu, le sifflet.

D’Octopath Traveler à Triangle Strategy en passant par leur passage sur les Dragon Quest I, II et III HD-2D remake, la Team Asano a su au fil du temps développer et parfaire son savoir-faire en matière de HD-2D et The Adventures of Elliot vient le confirmer. Le jeu est superbe de bout en bout, tant en termes de panoramas et de décors que de character design et ses artworks. Le pixel art est toujours d’une finesse très agréable le tout en jouant avec une palette de couleurs toujours plus éclatantes.



Imparfait sur certains aspects, The Adventures of Elliot n’en reste pas moins une très jolie aventure, inédite et rafraichissante. Avec de très bonnes intentions et de belles inspirations, il a permis à la Team Asano de sortir de zone de confort, pour troquer le tour par tour pour l’action RPG. Si certains aspects de son gameplay sont particulièrement réussis, d’autres manquent de profondeur pour être vraiment marquant. Son scénario sur fond de voyage dans le temps fait des merveilles en termes d’écriture et de rebondissements tout en rendant son cheminement parfois redondant, la faute à une carte répétitive. Malgré tout, on espère que le studio aura l’occasion de nous offrir une ou plusieurs suites à Elliot, un personnage attachant et profondément touchant.

- Elliot, un nouveau visage dans le paysage du JRPG, attachant et touchant
- Le scénario particulièrement riche
- Le voyage dans le temps, une excellente idée…
- La HD-2D fait toujours des merveilles
- L’OST grandiose
- Le système de magicithes

- Les dialogues qui infantilisent un peu trop le joueur
- Certaines mécaniques qui n’ont pas eu leur heure de gloire
- …mais qui appelle la répétitivité