
Tensei Akuma no Saikyō Yūsha Ikusei Keikaku (転生悪魔の最強勇者育成計画) est, à la base, un light novel écrit par Tamagokake Candy et illustré par Megumi Nagahama sorti en un seul volume au Japon en 2021. En 2023 sort son adaptation en manga du même nom par Ryuu Segawa, qui signe ici sa toute première série, dont le quatrième tome est déjà paru au Japon. Le Diable S’habille en papa, c’est son nom français, et le premier tome sort en ce début du mois de juin chez Mana Books. Un premier tome diablement efficace dont la suite s’annonce aussi sombre que tordante.

| Editeur | Mana Books |
| Prix | 7€95 |
| Date de sortie | 4 juin 2026 |
| Nombre de pages | 192 |
| Format | 130 x 180 mm |

Synopsis
Kakyu est un diable de rang inférieur ayant survécu en enfer pendant plus de 2000 ans, durant lesquels il a développé une force phénoménale. Après s’être retrouvé au milieu d’une querelle entre Satan et Zeuse, il a été propulsé dans un monde parallèle. Désormais, il a trouvé sa place parmi les habitants du village de Jorn et mène une vie paisible en tant que marchand ambulant. Malheureusement, un jour où il est absent, le hameau est réduit en cendres. Kakyu trouve un seul survivant dans les décombres: Ars, un nouveau-né. Il décide alors de l’élever pour faire de lui la personne la plus heureuse du monde!
Mon avis
Mêlant dark fantasy et humour, ce premier tome du Diable s’habille (non pas en Prada mais) en papa donne très vite le ton de son histoire aussi sombre qu’hilarante. Car malgré son titre un peu humoristique, usant d’une expression populaire, l’histoire de Tamagokake Candy se dévoile bien plus mature qu’on aurait pu l’imaginer. Un diable qui aspire à une vie paisible, un village réduit en cendres, un seul et unique survivant, la promesse faite à un ami, sous ses airs un peu décalés, Le Diable S’habille en Papa révèle un scénario accrocheur et des rebondissements pour le moins étonnants.
Doté d’un rythme soutenu, qui alterne entre flash-back et présent, tout en brisant le quatrième mur de temps à autre (ce qui se révèle toujours aussi efficace), ce premier tome ne nous perd jamais dans une narration superflue et sait aller à l’essentiel. L’enjeu principal est vite posé (un diable qui s’improvise père de famille célibataire), mais saura aussi posé ses premières problématiques (que je tais volontairement) qui vont bien plus loin que la parentalité.

Si je ne peux malheureusement pas faire de comparaison ou de parallèle avec l’œuvre originale en light novel, il faut dire que le récit s’adapte toutefois parfaitement au format manga. Les bases de l’univers, les scènes d’action, la rencontre avec les personnages, tout y est d’une cohérence diablement efficace pour nous happer dans le récit. Le duo Kakyu/Ars est particulièrement attachant tant par le contexte de leur rencontre et de leur relation « père/fils » malgré eux que par les surprises qu’ils nous réservent.
Du côté du dessin, Ryuu Segawa s’en sort merveilleusement bien tant du côté du character design que des décors. Toutefois, sa mise en scène des scènes d’action déroute parfois, et se voit même peut-être un tantinet surchargée. On a du mal à suivre ce qu’il se passe sur certaines planches, on peine à visualiser la scène correctement. On apprécie toutefois son sens du détail, des émotions, et ses touches d’humour toujours bienvenues.

Une nouvelle fois, Mana Books semble avoir flairé le bon filon d’une série efficace. De la dark fantasy teintée d’une pointe d’humour dans un récit qui souhaite aborder de nombreux thèmes matures, Le Diable S’habille en Papa sait se révéler efficace dès le premier tome. Tout en posant le contexte de son histoire, il saura très vite apporter les rebondissements nécessaires pour la faire évoluer rapidement. Premiers enjeux et premiers dangers sont posés au service d’un rythme qui ne perd jamais de temps tout en étant au service de son univers, son contexte, son histoire sans être trop rapide pour autant. En d’autres termes, Le Diable S’habille en Papa c’est une lecture plus qu’agréable et une très bonne surprise dans son ensemble.