
Développé par le studio Wych Elm Games (qui signe là sa première production) et édité par Team 17, Silver Pines est disponible depuis le 8 octobre 2026 sur PS5, Xbox Series S/X, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2 et PC. Dans la peau d’un détective privé, vous avez la mission de retrouver un certain Eddie Velvet, caché dans la mystérieuse ville de Silver Pines, en proie à une méchante tempête. Si le studio s’est senti inspiré par énormément d’œuvres de toutes sortes, la forme aurait mérité un peu plus de réflexion sur le gameplay de son œuvre. Voici mon rapport et mes conclusions sur l’affaire « Silver Pines » dans un test qui à (encore) perdu ses clés de portes.

| Version | Dématérialisée sur PS5 (Pro), fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 16 heures |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 53 % des trophées |
| Difficulté | Histoire |

| Genre(s) | Survival Horror, Metroid-vania, Reflexion |
| Date de sortie | 8 octobre 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 24€99 |
| Version physique | Aucune annonce concernant une version physique |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series S|X, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |

Dans la peau de Red Walker, vous commencez votre enquête dans la ville fantôme de Silver Pines avec la mission de mettre la main sur un certain Eddie Velvet. Pour se faire, il vous faudra faire preuve d’ingéniosité, de réflexion et beaucoup de patience afin d’arpenter en long, en large et en travers une ville qui s’est spécialisé dans les portes fermées de l’autre côté, un concept qui commence à perdre un peu de sa vigueur dans le genre auquel est rattaché Silver Pines.
Niveau scénario, Silver Pines pourrait faire penser à des œuvres comme Twin Peaks, Wayward Pines, Alan Wake (et sa suite), Silent Hill, Resident Evil puisque le studio s’en est beaucoup inspiré pour nous proposer une histoire classique (dans son genre) mais qui se veut être totalement originale sur la scène indé. Un détective privé, livré à lui-même, dans une ville fantôme soumise a des conditions météo extrême et qui, plus il avancera dans son enquête, plus il aura l’impression d’être mêlé à quelque chose qui le dépasse. Une ambiance lourde, énigmatique, jouant sur les mystères qu’offre une ville vidée de ses habitants avec néanmoins des rencontres ici et là avec des dialogues à priori sans aucun sens mais qui interpelle notre subconscient. Vous le savez, les inspirations de Silver Pines sont un peu mon dada (c’est d’ailleurs pour ça que le test m’est normalement revenu entre les mains), j’ai toutefois le regret de vous annoncer que la narration de Silver Pines est l’une des plus cryptiques que j’ai pu voir depuis pas mal de temps. Pour preuve, je vous avoue volontiers n’avoir pas tout compris de ce que voulait bien nous dire la première œuvre du studio et je suis donc resté totalement de marbre devant la première fin que j’ai choisi (sur 3). Si, en temps normal, je raffole volontiers des histoires tarabiscotées, qui sont aidées par une narration du tonnerre, ce n’est pas le cas ici, à cause justement, d’une narration alambiquée au possible et manifestement enfermée à double tour dans les toilettes du Diner du coin.

Côté gameplay, c’est le plat de résistance qui nous attend dans ce Silver Pines. Pensé comme un Metroid-vania, vous évoluerez de tableau en tableau afin d’enchainer exploration de lieux atypiques (l’église, le poste du shérif, le motel, etc) afin de résoudre diverses énigmes en tous genres qui vous demanderont toutes d’arpenter de gauche à droite et de bas en haut une ville tourmentée par une méchante tempête. Vous connaissez toutes et tous le genre, plus vous avancez, plus vous mettez la main sur de l’équipement vous dégageant de nouveaux coin de la carte jusqu’ici inaccessible. Sur votre route, vous aurez des ennemis dont je tairais volontiers la teneur que vous pourrez éliminer à l’aide d’armes à feu et de corps à corps, vous serez même aidé par des objets de soin en tous genres. Un mot tout de même sur le gameplay lors des bagarres où vous pourrez viser comme bon vous semblera mais en restant immobile. Pour recharger, il vous faudra accomplir un QTE savamment bien pensé. C’est pareil pour le corps à corps puisque vous pourrez soit taper normalement ou soit en « chargeant » votre coup. Du classique mais encore et toujours de l’efficace de ce côté là.
Vous êtes cordialement invités à gérer vos ressources dans un inventaire en carré rappelant le système de RE 4 (original et remake) ainsi qu’un coffre pour ranger votre surplus. Oh, j’ai failli oublier, vous devrez sauvegarder aux différents poste de téléphone à l’aide de votre argent et en composant vous même le numéro de téléphone de votre sauvegarde, ce que j’ai trouvé parfaitement génial dans notre immersion.

Un mot, en passant, sur la difficulté du titre. Je l’ai mise immédiatement en mode Histoire, puisque je savais que les Metroid-vania ne sont pas ma tasse de thé et bien, chose surprenante, Silver Pines reste relativement corsé dans ses combats de boss, y compris dans sa difficulté la plus basse. Est-ce moi qui suis particulièrement nul en présence d’un Metroid vania ou bien la difficulté n’est-elle pas bien calibrée ? Je vais opter pour la première réponse, c’est moi qui suis nul et fin de ce mini débat.
Si je ne connais pas le moteur graphique ici à l’œuvre, mis à part deux ou trois fautes de traduction, mes sessions sur Silver Pines se sont toutes très bien passées. Pas de bug, pas de freezes ni de ralentissements, Il faut néanmoins saluer la Direction Artistique du titre, absolument magnifique et qui offre à ce Silver Pines une identité unique, que l’on voit rarement, surtout dans le genre auquel est rattachée l’œuvre, qui nous offre ici une ambiance sans cesse renouvelée.
Il est maintenant temps pour moi de vous livrer mon avis sur ce Silver Pines. Avant de m’occuper du test, sachez que je n’avais absolument pas entendu parler de l’œuvre et c’est seulement quand j’ai eu la chance de me charger du test que j’ai découvert qu’il était extrêmement attendu puisque œuvre indé qui « sentait » bon chez les amateurs de titres indés. De mon côté, si l’illusion à tenu 4 à 5 heures de jeu, le soufflet est malheureusement assez vite retombé, à cause d’une redondance et d’une répétitivité des objectifs de l’histoire qui se répètent à l’infini : « pour faire ceci, il faut aller là, pour aller là, il faut cela puis on revient à ceci » pour faire encore le même schéma, qui se répète dans l’exploration au sein même des donjons. De plus, assez tôt dans l’aventure, on vous demande de mettre la main sur un certain nombre d’item qui vous débloquera la suite de l’histoire dispersés dans la ville. Je ne compte plus le nombre d’allers retours, le nombre de « ok, pour ouvrir cette porte il me faut telle clé, je vais chercher la clé, qui se trouve là, au retour, j’ouvre la porte pour tomber sur une nouvelle porte fermée et ainsi de suite ». Cela à créé une certaine redondance et une répétitivité qui force le joueur à reproduire inlassablement le même schéma ad vitam aeternam. On fait la même chose dans la ville, pour reproduire à une plus petite échelle dans les nombreux donjons que compte l’aventure, sans changer la ligne directrice que l’œuvre pourrait attendre de son joueur et rallonge considérablement l’impression que l’œuvre est bien plus longue qu’elle ne l’est.


Si je vous ai déjà parler du rythme de la narration en règle générale, c’est à dire que même si une œuvre avale votre temps de jeu, si le rythme est bon, alors vous n’aurez pas l’impression d’y avoir passé 100 heures. C’est tout le contraire avec Silver Pines. Je l’ai accompli en 16 heures et l’impression d’y avoir joué plus de 60 heures se fait hélas ressentir par ici, pour preuve, je commençais à tirer un peu la langue vers les 10-12 heures avec la forte envie de m’arrêter là. Mais bien curieux de voir la fin, qui aurait pu tout changer, je me suis accroché sans qu’aucun miracle n’arrive ni pour moi, ni pour Silver Pines. Hélas, j’ai la mauvaise nouvelle de vous annoncer que même la fin ne « sauve » pas l’avis que je m’étais fait tout au long de mon périple dans ce Silver Pines.
Pour finir, vous devez avoir l’impression que je n’ai pas aimé ce Silver Pines mais je tiens à apporter une nuance à un test que vous pourriez trouver négatif. J’ai apprécié cette aventure d’un très jeune studio qui signe là sa première œuvre et qui mérite votre attention puisque proposé à un prix doux (comptez 24.99€). En ce qui me concerne, bercé depuis tout jeune (Twin Peaks pour ne citer que ça), je n’ai rien vu dans ce Silver Pines que je ne connais déjà. De plus, sa narration et son histoire confuse me laisse un peu de marbre alors que l’on vit une année 2026 folle furieuse en termes de sorties de qualité pour que ce Silver Pines me marque véritablement. Silver Pines reste efficace dans sa proposition mais ne cherche pas à se démarquer de ses influences en proposant quelque chose qui fera qu’il marque son joueur. En résulte tout de même une œuvre qui pourrait vous plaire à vous, sans que mon avis ne rentre dans cette équation là. C’est maintenant à votre tour d’y jouer et de lui laisser sa chance (ou non).
Maintenant, c’est au studio de jouer le jeu. Si je me montre particulièrement dur dans mes propos, c’est bien parce que je décèle un savoir faire qui ne demande qu’à s’exprimer comme il se le doit. Si le studio écoute les critiques, qu’elles soient positives comme plus nuancées et en tire toutes les leçons qu’il faut, il se pourrait bien que leur seconde œuvre soit à la hauteur de ce savoir faire qui ne demande qu’à s’exprimer.


Si je ne connaissais pas du tout ce Silver Pines avant de me voir chargé du test, j’ai aimé sa proposition de s’inspirer de toutes les œuvres que j’aime profondément et qui auront, au fil des années, forgé le joueur et l’homme que je suis. Si, pour une première production, je reste impressionné par les capacités de ce jeune studio qui signe là une approche intéressante, je reste toutefois mesuré par rapport à ce dont j’ai joué et vu manette en main. C’est intéressant de livrer une œuvre qui s’inspire des plus grands, encore faut-il réussir à offrir une œuvre qui ose aller plus loin qu’un simple travail efficace mais bien trop classique pour marquer un joueur comme moi, bercé depuis tout petit aux inspirations ayant servi à concevoir ce Silver Pines. En résulte, donc, une œuvre qui mérite votre attention (son « petit » prix aidant) mais, hélas, de mon côté, est déjà en train d’être oubliée.

- Une Direction Artistique qui vaut le coup d’oeil
- Le pitch de départ, c’est oui tous les jours
- Les nombreuses options d’immersion, c’est bien trouvé
- Les sources d’inspirations ayant servi pour ce Silver Pines, bien sûr que c’est oui
- Le cadre, c’est toujours aussi délicieux

- Même dans sa difficulté la plus basse, il faut s’y investir
- Un rythme éprouvant, rendant l’œuvre beaucoup trop longue
- Une répétitivité écœurante où l’on fait et refait toujours la même boucle de gameplay
- Ces maudites portes fermées de l’autre côté
- Une narration qui manque de profondeur