
Tout commence à Montréal lorsque Antony « Antek » Kopacz et Alexandre Quintin se rencontrent lors d’une simple visite d’appartement. Un heureux hasard qui a fait se rencontrer deux inconnus qui vont se lier d’amitié aboutissant à la création d’Exnilo Studio. Exnilo, abréviation de l’expression latine ex nihilo, littéralement « à partir de rien ». Un rien qui va petit à petit donner naissance à leur premier jeu: Rivage. Si une démo est rendue disponible en avril 2026 sur Steam, ce n’est que lors du PC Gaming Show en juin de la même année que le plus grand nombre de joueurs entendront parler de Rivage pour la première fois. Prévu de sortir quelques semaines plus tard seulement, le 13 août, il est finalement repoussé au 22 septembre. Une date qui sera tenue puisque j’ai eu la chance de pouvoir le terminer en amont de sa sortie sur PS5, Xbox Series S|X et PC. Edité par Raw Fury (Blue Prince, Routine), Rivage fait partie de ces petites merveilles de la scène indépendante, de celles qui font fondre mon cœur. Mais attention, il ne s’adresse pas à tout le monde.
Informations relatives à l’utilisation de l’IA: Des outils d’IA générative ont été utilisés lors de la phase initiale de prototypage pour accélérer l’itération visuelle et la recherche. Tous les éléments issus de l’IA générative présents dans le prototype ont été intégralement remplacés par du contenu original créé par des artistes dans la version finale du jeu. Aucun contenu généré par IA n’est présent dans le jeu final. (Source: Steam)

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Entre 15 et 18h (pour un temps de jeu annoncé entre 10 et 12h par l’éditeur) |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 52% des trophées débloqués |
| Difficulté | Unique |

| Genre(s) | Aventure, Réflexion, Puzzle |
| Date de sortie | 22 septembre 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 24€99 |
| Version physique | Aucune annonce concernant une version physique |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series S|X, PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |

Nous sommes au 25e siècle, en 2467. Nous incarnons Miranda Vigneaux, une chercheuse française qui participe à la recherche d’un nouveau foyer pour l’humanité au delà de son système solaire avec 4 autres scientifiques. Cette expédition les mène à bord de l’A.R.E.S qui va leur permettre de découvrir une nouvelle planète et se mettre en orbite autour d’elle: VESTA, potentiellement habitable pour l’Homme et susceptible d’être la nouvelle Terre. Alors que leurs recherches battent leur plein, ils sont frappés par un étrange phénomène. Miranda se réveille alors totalement seule, avec l’énergie du vaisseau très limitée et pour seul compagnon son esprit pour démêler le mystère qui gravite autour de VESTA et de la situation à bord de l’A.R.E.S.
Voilà les grandes lignes du scénario de Rivage qui se veut d’emblée volontairement énigmatique pour nous captiver dès les premières minutes. Une histoire particulièrement cryptique dont les nœuds se démêleront au fur et à mesure que nous résoudrons les nombreuses énigmes qui bloquent notre route. Un scénario également environnemental puisque tout nous sera révélé au travers de nombreux documents et autres enregistrements audios semés aux quatre coins de l’A.R.E.S nécessaires à sa pleine compréhension notamment sur la disparition de nos compagnons de vol et collègues.

A partir de là, il me faut vous le dire, Rivage n’est pas fait pour tout le monde. Et nous en sommes le parfait exemple: alors que je vaquais à mes occupations, je n’étais au début pas destinée à faire le jeu ni même à en écrire le test. Parce qu’au delà d’une simple aventure dans un univers de science-fiction qui avait tout pour plaire à mon binôme, initialement prévu sur ce test, Rivage est avant tout un jeu de réflexion où les énigmes sont nombreuses mais surtout pas forcément évidentes.
Toujours est-il qu’au fil des heures que nous trouvons les réponses, Rivage est un jeu passionnant. Utilisant pour base la boucle temporelle, il sait également sortir des sentiers battus pour apporter des éléments de la SF traités bien différemment que ce qu’on a l’habitude de voir. Mais vous vous doutez bien que je ne peux vous en dire plus au risque de trop vous en dire et vous gâcher certaines révélations. Bref, si vous aimez la science-fiction, cryptique mais bien écrite, les (més)aventures de Miranda vous donnerons votre dose de mystères spatiaux si tant est que vous aimez mettre vos petites cellules grises à rude épreuve.
Je le disais plus haut, Rivage est avant tout un jeu de réflexion avant d’être un jeu d’aventure. Autant vous dire que si la résolution d’énigmes un peu exigeantes n’est de base pas votre dada, vous pouvez passer votre chemin. Ou vous pouvez également lui laisser sa chance, à vos risques et périls. Soyez prévenus, Rivage mettra à mal votre sens de la réflexion et votre logique à chaque instant ou presque.

Rivage est un jeu en vue à la première personne (FPS) usant de la boucle temporelle comme fond de son déroulement et de son gameplay. Vous vous réveillez le même jour, à la même heure, au même endroit et vous ne disposez que de 4 unités d’énergie du vaisseau avant d’avoir à recommencer pour pouvoir avancer. Une porte ouverte consomme une unité d’énergie, autant dire que votre liberté de déplacement se voit très vite limitée. Parce qu’une fois l’énergie du vaisseau entièrement consommée, c’est le noir complet. Malgré tout, cela se révèle suffisant pour résoudre les nombreuses énigmes qui vous attendent. Cela peut aller de la plus simple en lisant simplement quelques pages du manuel d’instructions d’un système d’exploitation, à la plus ardue qui vous demandera par exemple de trouver la bonne carte d’accès aux niveaux d’habilitation supérieurs qui vous permettront d’avoir accès à de nouvelles zones du vaisseau. Fort heureusement, Miranda est équipée du K9, un scanner embarqué, capable de mémoriser certaines informations majeures tels que des mots de passe, des conversations, mais aussi des captures d’écran pour avoir des indices à portée de main le moment venu.
Pourtant derrière ses airs foncièrement exigeants, derrière cette barrière, cette limite, Rivage vous fait comprendre une chose: pas besoin d’un grand espace pour vous sentir perdus, déboussolés et parfois même impuissants. Et pourtant cette impuissance ne dure que le temps que l’on comprenne ce qu’il attend de nous: chaque chose en son temps. Et en ce qui me concerne, j’ai été bloquée plusieurs fois, parfois pendant des heures, jusqu’au déclic. Il m’est aussi arrivé de ne pas l’avoir et d’appeler les développeurs à l’aide (un immense merci à Antek pour son temps et ses indices) alors que j’approchais lentement mais surement de la fin. Je me suis vue, parfois, résoudre certaines énigmes par pur coup de chance. Et enfin, alors que j’ai bien vu les crédits défiler devant mes yeux, que je suis encore bloquée sur une majorité de ses énigmes « annexes » qui ne sont pas nécessaires pour terminer le jeu mais que je compte bien résoudre très prochainement.


Et je ne vais pas y aller par quatre chemins: je n’ai jamais pris autant de plaisir à m’immerger dans un tel jeu. Si j’ai toujours eu un petit faible pour les énigmes, celles de Rivage sont à un tout autre niveau tant elles sont ingénieuses dans leur forme brute, mais surtout dans leur façon à être résolues. Mais pour avancer dans Rivage, il faut avoir un certain sens de la logique, c’est indéniable mais surtout il faut avant tout s’adapter à la sienne. Rivage c’est un escape game dans lequel chaque indice, même infime, peut avoir son importance ou au contraire peut être là pour vous induire en erreur. A nous de comprendre lesquels sont la clé de notre réussite.
Ce qu’il faut retenir de Rivage c’est qu’il est un huis clos, l’A.R.E.S, dans lequel chaque pièce, chaque zone, a sa propre identité, sa propre ambiance, et ses propres « fonctionnalités ». Façonné à l’aide de l’Unreal Engine 5, ce n’est pas tant son aspect graphique qui reste en mémoire puisqu’assez classique finalement, mais sa direction artistique et l’articulation de ce patchwork de salles qui ont chacune quelque chose à apporter notamment en termes de scénario et de lore.


Pour ce qui est la bande-son, principalement composée par Antek, portée par son excellent main theme, elle n’est pas là pour vous apporter quelconque dimension épique, ou pour vous brusquer. Elle accompagne votre voyage de façon très discrète renforçant ce sentiment de solitude et parfois même d’impuissance. Du côté de son doublage, Rivage ne dispose « que » d’une VO en anglais et de sous-titres (notamment en français). Le tout se révèle particulièrement qualitatif évidemment mené par Pascale Langlois dans le rôle de Miranda et son accent français qui donne un véritable charme à l’aventure. Le reste du casting vocal n’est pas en reste, chaque comédien donnant une véritable personnalité à son personnage sans qu’on ait besoin de les voir physiquement dans le jeu.

Alors que le débat sur les notes bat encore son plein après la sortie controversée de Marvel’s Wolverine d’Insomniac Games il y a quelques jours, Rivage est le parfait exemple pour rappeler que l’appréciation d’un jeu, malgré toute l’objectivité que l’on veut avoir pendant un test, a et aura toujours une part de subjectivité. Pour moi, le premier jeu d’Exnilo Studio est une véritable révélation de la scène indépendante, un petit bonbon, et une très très belle surprise. Et si on peut lui trouver de nombreux défauts, mon plaisir de jeu, malgré de nombreux obstacles est resté indemne tant le jeu m’a passionné. Et ma note, cette quantification de mon appréciation du jeu, son scénario, son gameplay, son écriture, sa qualité globale est celle-ci. A la base, je n’étais même pas supposée toucher à Rivage dans l’immédiat parce que pas forcément mon univers de prédilection ou sur lequel j’ai une expertise avancée (ma culture en SF ne commence à peine à se développer au delà des grands noms comme Star Wars et autres œuvres grand public). C’était effectivement mon compère, plus à même de couvrir un tel jeu, qui devait s’en charger, à sa demande, malheureusement le jeu se révélant être avant tout un jeu de réflexion basé sur des énigmes, un genre qu’il ne maitrise pas et qui ne l’attire pas (hormis quelques rares exceptions), il s’est très vite retrouvé bloqué face à une logique qui n’est pas la sienne et donc, sa note aurait été bien différente (CQFD). Rivage, comme n’importe quel jeu, n’est pas forcément destiné à être joué par tout le monde. Pour autant, alors que je ne le pensais pas m’être destiné principalement de par son univers, il s’est révélé être une magnifique aventure spatiale, et un petit bijou dans son genre. Et pour moi, son principal défaut, c’est la complexité de ses énigmes annexes que je n’ai toujours pas réussi à résoudre, et c’est forcément cette frustration qui parle. Pour le reste, ce ne sont pour moi que des détails qui n’ont pas desservi mon plaisir.

- Une science-fiction bien différente de ce à quoi nous avons l’habitude
- Un scénario cryptique qui trouve ses réponses dans une narration environnementale…
- La limite d’énergie brillante pour nous obliger à ne pas nous éparpiller…
- Des énigmes rondement bien ficelées…
- La bande-son discrète mais qui accompagne parfaitement le voyage
- Le système de boucle temporelle intelligent et bien géré

- Les énigmes secondaires qui atteignent un niveau de difficulté supérieur, assez frustrant
- …ce qui ne convient pas forcément à tout le monde
- …mais qui entache fortement notre liberté d’action
- …même si d’autres tiennent un peu du coup de chance