
Après un exceptionnel et mémorable A Plague Tale: Innocence (2019) et sa suite A Plague Tale: Requiem (2022), Asobo Studio et Focus Entertainment n’en ont pour autant pas fini avec la licence. Un making of, The Heart of A Plague Tale, écrit par Benoît « ExServ » Reinier, sort chez Third Editions en octobre 2022 (mois et année de sortie de Requiem) ainsi qu’un roman, A Plague Tale: Tenebris, écrit par Cédric Degottex, sort à la même période et se situe entre les deux épisodes principaux. Un nouveau jeu est annoncé lors du Summer Game Fest 2025, et contre toute attente, il s’agira d’un nouveau tournant pour la licence qui porte le nom de Resonance: A Plague Tale Legacy dont la sortie est fixée au 27 août 2026 sur PS5, Xbox Series S|X et PC. Et j’ai eu l’immense chance et honneur de pouvoir le terminer en amont de sa sortie pour vous en proposer mon test dans les lignes qui vont suivre. Un changement drastique de direction, pour quel résultat?

| Version | Numérique sur Xbox Series X, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Entre 20 et 22h environ |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | Non communiquée (environ 75% des collectibles récupérés) |
| Difficulté | Normal |

| Genre(s) | Action, Aventure, Narratif |
| Date de sortie | 27 août 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 59€99 |
| Version physique | Oui |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series S|X, PC |
| Voix | Français, Anglais, etc |
| Textes français | Oui |

Nous sommes 15 ans avant les événements de A Plague Tale: Requiem (et par extension Innocence), en 1334. Nous quittons Amicia et Hugo de Rune pour incarner Sophia, déjà rencontrée dans le jeu précédent. Enfant, elle est accueillie dans un couvent, loin de son père et de son clan, les Pillards. Alors qu’elle retourne auprès des siens pour s’entrainer au combat auprès de ses différents mentors, les années passent et un drame se produit à Venise, qui la pousse à se rendre par ses propres moyens sur l‘île du Minotaure (ou l’île de Crète, en Grêce). Très vite, elle se rend compte qu’elle est directement liée à l’île et ce qu’elle a vécu enfant résonne avec un mystérieux combattant du passé. Plus que la résolution d’une vieille énigme et la découverte d’un trésor, elle va y trouver des réponses sur son passé.
Ce sont donc les grandes lignes du scénario de Resonance: A Plague Tale Legacy et vous n’aurez rien d’autre. En effet, bien qu’on quitte le duo des jeux principaux et l’histoire qui les entoure, l’histoire de Sophia ne manque pas de surprises à son tour et a énormément de choses à apporter à l’univers mais aussi de réponses à donner. Mené tambour battant par Sophia, Leni et le mystérieux combattant minoen, Resonance: A Plague Tale Legacy ne se heurte à aucun moment creux et se veut rythmé avec brio. Les moments de tensions sont légions tout comme les révélations qui arriveront à poing nommé au moment voulu. Si je considère certains comme prévisibles, d’autres toutefois m’ont franchement surprise. L’histoire de Sophia est viscérale, et nous prendra à de maintes reprises aux tripes, tant le studio continue de maitriser sa mise en scène à merveille.


Et si le jeu continue d’être aussi narratif que ses prédécesseurs, le changement de direction commence par une double narration, l’une en 1334, le présent de Sophia, l’autre à l’époque minoenne. Une double narration qui apporte d’autant plus de profondeur à son scénario qui va venir étoffer l’entièreté de l’univers créé par Asobo. Et si on pourra évidemment se questionner sur l’appellation A Plague Tale, il n’en reste pas moins que Resonance réussit parfaitement à s’inscrire dans la chronologie des deux jeux principaux.
Manette en mains, oubliez ce que vous connaissiez de A Plague Tale. Là encore, Asobo Studio a tout changé, troquant l’infiltration et le combat à distance pour du combat au corps à corps pur. Oubliez la fronde d’Amicia, place à l’épée et la dague de Sophia, accompagnés d’un grappin. Oubliez aussi la présence de rongeurs mangeurs de chair humaine, ils sont complètement absents de cette histoire. Mais ne vous en faites pas, côtés combats, ennemis et quelques frayeurs vous serez servis.
Vous l’aurez donc compris, le besoin frénétique d’échapper à tout contact ennemi n’est plus, Sophia est une combattante entrainée et surtout très douée. Le système de combat, très orienté sur la parade et l’esquive d’une exigence que le studio n’avait encore jamais vraiment explorée. Les affrontements demandent une certaine précision dans nos actions pour y survivre jusqu’aux prochains. Pour se soigner? Il suffit de tuer des ennemis. Et je peux vous dire que parfois, c’est très très serré mais ô combien satisfaisant. Mais, l’infiltration n’a été que partiellement abandonnée. En effet, dans sa deuxième moitié du jeu, l’histoire et le gameplay prennent un tout nouveau tournant laissant place à un gameplay plus… A Plague Tale, tel qu’on le connait (mais motus et bouche cousue).
Bien que j’appréhendais un peu la difficulté au fil des heures notamment à cause de la parade et de l’esquive, il n’en est rien: Resonance dispose d’un excellent équilibrage et la solidité et la richesse de son gameplay sont grisants et évitent toute frustration et ce malgré une exigence certaine. Pas une seule fois je n’ai été tentée de baisser la difficulté tant le résultat coule de source.

Si les combats ont effectivement la part belle dans l’aventure, elle ne se résume pas qu’à ça. En effet, tout est centré sur une vieille légende du trésor d’un roi toujours caché depuis plusieurs siècles. En découle donc une immense énigme à résoudre pour avancer dans cette quête archéologique d’un autre âge, laissant place à de très nombreuses énigmes environnementales liées à une très mystérieuse clés. En d’autres termes, imaginez qu’A Plague Tale s’est exceptionnellement « Uncharted-isé » pour l’occasion. On pourrait évidemment également citer Tomb Raider, notamment la trilogie « Survivor » pour l’inspiration de son gameplay. Outre les similitudes évidentes dans la résolution des énigmes, un détail résonnait particulièrement à chaque instant: le carnet de croquis de Sophia qu’elle étoffe d’indices au fil de son avancée dans la résolution de cette immense énigme. Une mécanique qui fait forcément écho à la saga Uncharted qui l’a popularisé au fil des années.

La troisième case que coche Resonance c’est évidemment l’exploration. S’il nous demande de trouver des artefacts ci et là, l’exploration propose également des collectibles primordiaux au gameplay. D’une part, vous pourrez trouver de nombreux accessoires (de brassards en passant par les perles dans les cheveux, etc), mais également de nombreuses nouvelles épées dont les effets en combat varient. D’autre part, il vous faudra trouver des points de Resonance. Si à la fin de chaque combat, le jeu vous en offrira jusqu’à 2, il vous faudra en trouver un bien plus grand nombre afin de les échanger contre de nouvelles compétences et maitrises de compétences sur un arbre plutôt réduit mais dont le contenu est suffisant pour rendre le gameplay encore plus grisant. Pas de points d’expérience à proprement parlés, pas de niveaux à passer, mais l’exploration se veut « obligatoire » si on tient à exploiter l’entièreté des mécaniques de combats que Resonance a à nous offrir (pour l’anecdote, il ne me restait que 3 points de Resonance à trouver pour débloquer la dernière compétence, les autres étaient déjà acquises et maitrisées).


Visuellement, Resonance: A Plague Tale Legacy est époustouflant. On quitte le sud-ouest de la France grisâtre, l’architecture médiévale, et les monuments religieux des opus précédents. Si Requiem nous proposait déjà une ambiance plus solaire, Resonance quant à lui pousse encore plus cet aspect jusqu’à un certain point. Toujours façonné avec le moteur maison Zouna Engine, déjà à l’œuvre sur les épisodes précédents (mais également sur les Flight Simulator développés par Asobo), notre arrivée sur l’île du Minotaure transpire le dépaysement, avec ses vestiges de l’époque minoenne. La seconde moitié du jeu est bien plus sombre, et jouit d’une ambiance particulièrement pesante et oppressante où le danger nous guette à chaque pas. Epoustouflant, merveilleux, éblouissant, les superlatifs ne manquent pas pour poser des mots sur la beauté des décors de ce Resonance et la façon dont Asobo a donné une vie vidéoludique à l’île de Crête. Chaque panorama est une merveille, chaque décor, chaque salle visitée est un régal pour la rétine, la direction artistique est vraiment fabuleuse. MAIS, parce qu’il y a un mais, Resonance est aussi particulièrement inégal. Et certaines textures auront ce petit goût de « belles de loin mais loin d’être belles ». En effet, si on s’attarde sur les textures rocheuses par exemple, ou si on a le malheur de s’en approcher d’un peu trop près, le résultat est malheureusement assez baveux et daté. Si cela ne m’a aucunement empêché de savourer chaque instant du jeu, il est vrai qu’on aurait aimé un peu plus de « peaufinage » sur cet aspect graphique, surtout quand on connait la maitrise du studio de son moteur graphique.
Du côté de la technique, rien à signaler en ce qui concerne ma bonne vingtaine d’heures de jeu (temps à confirmer, le jeu n’étant toujours pas officiellement sorti à l’heure où j’écris ces lignes, ma console ne me permets pas de voir mes statistiques). Si je suis une fervente défenseuse du mode graphique et ses éternels 30 FPS, le tout tourne comme un coucou suisse sans aucun accroc que ce soit, bien que le studio ait connaissance de quelques bugs qu’ils résoudront dans le patch day one, son absence au moment de faire le jeu ne m’a pas gênée.


Enfin, parlons de l’exceptionnelle bande-son. Pour la troisième fois, Olivier Derivière reprend du service sur A Plague Tale pour nous proposer une toute nouvelle bande originale des plus fabuleuses. Il n’y a pas plus à dire ni moins, le compositeur français ne manque pas de ressources pour nous proposer une nouvelle fois des pistes mémorables usant et abusant pour notre plus grand plaisir des voix enchanteresses de la chanteuse chypriote grecque Vasiliki Anastasiou accompagnée de l’ensemble vocal féminin Amalgamation Choir.
Pendant que certains abandonnent totalement le doublage français, d’autres développeurs et éditeurs continuent de le soutenir. En témoigne notamment ce Resonance: A Plague Tale Legacy, qui, à l’instar de ses prédécesseurs, jouit d’un doublage français intégral et de très haute volée. Mené par Alice Taurand (nulle autre que la voix de Vi dans la série Arcane) dans le rôle de Sophia, accompagnée par Lisa Delamar qui prête sa voix à Leni, mais le carton de doublage inclut également un certain Frantz Confiac, nul autre que la voix française récurrente d’Idris Elba, ou encore Gilduin Tissier (Uzui Tengen dans Demon Slayer). Un casting vocal qui ne démérite absolument pas pour une prestation globale particulièrement satisfaisante et qualitative.



Changement de direction, changement de formule et de protagoniste, Resonance: A Plague Tale Legacy a pris des risques quitte à perdre en identité des épisodes précédents. Et pourtant, il n’en est rien, la patte d’Asobo Studio reste indemne et inscrit ce nouvel épisode à merveille dans l’univers A Plague Tale. Un spin-off, une préquelle, un épisode à part qui ne manque pas de faire résonner, à sa façon, l’histoire d’Hugo et Amicia de Rune et étoffe à merveille son lore et son univers. Non sans imperfections notamment dans son inégalité graphique sur des « détails », il lui reste toutefois de très solides arguments, sa double narration, son gameplay orienté action (son « Uncharted-isation) et une mise en scène qui nous coupera le souffle à de nombreuses reprises. Si je m’attendais à un épisode solide, je n’imaginais pas être aussi loin du compte. Un véritable coup de cœur, un épisode qui confirme que A Plague Tale a encore de beaux jours devant elle tellement il peut y avoir de choses qui restent à raconter.

- Sophia, une héroïne badass
- Un changement de formule qui ne manque pas de folies
- La double narration, une véritable force
- La solidité du gameplay, exigent mais jamais frustrant
- L’OST, Olivier Derivière en très grande forme
- Des panoramas de cartes postales
- Une exploration nécessaire au gameplay (accessoires, points de résonance)

- Graphiquement parfois inégal