
Sorti en 2021 sur PC, voilà que The Shore, premier jeu du développeur grec Ares Dragonis et son studio Dragonis Games, s’apprête à débarquer sur consoles. Oui, encore un énième jeu qui explore et transpose, à sa façon, l’œuvre et le mythe d’H.P Lovecraft. Après une itération en VR sortie quelques mois plus tard, toujours sur PC, voilà qu’il arrive, pas moins de 5 ans après sa sortie initiale, sur PS5, le 30 avril 2026 (la version Xbox étant prévue plus tard dans l’année) dans une version nommée The Shore Enhanced Edition. Terminé et platiné, et si The Shore était finalement une excellente porte d’entrée dans la revisite du mythe de Lovecraft?
POUR NOUS ADONNER À LA RÉDACTION DE CE TEST DE THE SHORE ENHANCED EDITION, NOUS AVONS DÉCIDÉ DE VOUS PROPOSER UNE NOUVELLE FOIS NOTRE FORMAT TEST EN DUO. VOUS POURREZ DONC RETROUVER LES AJOUTS FAITS PAR @YOANNRATCLIFFE VIA LES TEXTES EN ITALIQUES.

| Version | Numérique sur PS5/numérique sur PS5, fournies par l’éditeur |
| Temps de jeu | 5h/4h |
| Histoire terminée | Oui/Oui |
| Complétion totale | 100% (platine)/100% (Platine) |
| Difficulté | Unique |

| Genre(s) | Aventure, Solo, Enigmes |
| Date de sortie | 30 avril 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S et PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

The Shore nous fait porter les chaussures d’Andrew, un pêcheur, à la recherche désespérée de sa fille, Ellie, disparue. Son investigation commence sur une plage de sable noir, un endroit qui semble avoir connu de nombreux événements tragiques mais surtout un endroit qui semble renfermer quelque chose de bien plus inquiétant.
Si vous recherchez une histoire poussée ce n’est pas vers The Shore qu’il faudra vous tourner. En effet, il faudra vous contenter de ce simple postulat qui va guider les pas de notre personnage durant ces 3 heures de durée de vie (oui, vous avez bien lu), et suivre les différentes étapes d’une longue descente aux enfers. Divisé en 2 actes bien distincts, si The Shore ne brille pas par son scénario, il tire son épingle de son jeu par l’atmosphère pesante de ses environnements, de son purgatoire, de son antre de la folie et nous plonge dans son horreur cosmique, troquant les mots pour une histoire plus environnementale et psychologique.
Après Cthulhu: The Cosmic Abyss du studio Big Bad Wolf (son test encore un peu frais ici), voilà que le bougre me rappelle une seconde fois en l’espace de quelques jours. The Shore vous propose une nouvelle fois une histoire centrée sur le mythe de H.P Lovecraft en vous proposant un récit classique et efficace, qui ne s’encombre d’aucun boulet scénaristique et ira donc à l’essentiel. Le récit dure 4 à 5 heures soit deux fois moins de temps que The Cosmic Abyss et se veut être un condensé entre le Walking Simulator, la résolution d’énigmes et l’aventure (et encore c’est un bien grand mot). Si The Shore, comme The Cosmic Abyss, nous proposent tous les deux leur vision d’une histoire avec Cthulhu dedans, les deux sont diamétralement opposés sur bien des idées de level design et de gameplay, là où le titre du studio français a pris le temps de nous proposer une formule dîtes ++ avec un gameplay travaillé et où la corruption était au centre de son scénario, The Shore ne s’embarrasse pas du superflu et va à l’essentiel, vous avez un but précis et vous l’accomplissez et aux orties ce qui adviendra quant aux conséquences des actions de votre personnage. D’ailleurs, si il y a bien un doublage original pour votre personnage, n’espérez pas un quelconque développement, puisqu’il sert avant tout de coquille pour que vous puissiez vous y glisser le temps de votre (més)aventure.


The Shore est une (très) courte escapade dans le mythe de Lovecraft ici imaginée et mise en scène par Dragonis Games. Entre indices implicites et créatures démesurées, il explore à sa façon le récit fictif dédié aux Grands Anciens, en passant évidemment par le plus mythique de tous, Cthulhu et autres créatures de la mythologie loftcraftienne.
En termes de gameplay, The Shore se joue en FPS, à la différence près qu’il n’a rien d’un shooter, ou presque. Lâchés sur notre île désolée, dénuée de tout ATH et autres infos à l’écran qui pourraient ternir cette ambiance pesante, The Shore démarre en étant un simple walking simulator dans lequel on explore pour trouver des réponses et nous avançons en résolvant des énigmes. Imaginez un point’n click très simplifié. La deuxième partie du jeu se voit plus concentrée sur « l’action » (notez la présence de guillemets) où combats et poursuites sont au cœur du gameplay.

Là encore, si vous cherchez une certaine profondeur dans le gameplay, The Shore ne répondra pas à vos attentes. Entre énigmes qui ne nécessitent que de trouver le bon objet et qui se placera automatiquement à l’endroit prévu et fuites répétées face à des ennemis terrifiants, The Shore se veut être un jeu environnemental, mais surtout, à mon sens, une bonne porte d’entrée dans l’univers si singulier d’H.P Lovecraft. En cela, il ne dispose d’aucune véritable difficulté hormis quelques passages un peu moins intuitifs que d’autres. C’est une entrée « douce » (toute mesure gardée) dans l’univers de l’écrivain américain qui peut séduire les néophytes mais pas forcément les plus fervents connaisseurs du bonhomme.
En effet, The Shore mise avant tout sur son ambiance. D’une part, son ambiance visuelle, à couper le souffle où la solitude est maitresse de ce voyage. Du point de départ de notre escapade, cette mystérieuse plage de sable noir, en passant par les nombreux autres environnements qui croiseront notre regard, qui rappellent incontestablement l’œuvre d’HR Giger, The Shore brille par ce qu’il nous propose à l’écran. Hormis sa beauté éblouissante, c’est évidemment sa direction artistique qui nous transporte dans son univers. Glauque mais jamais vraiment morbide, The Shore trouve un juste équilibre pour provoquer la peur, le poids de la solitude mais surtout celui de la folie qui nous guette.


D’autre part, c’est aussi son ambiance sonore qui aura un immense rôle à jouer. Entre musiques qui sortent de nulle part, murmures, voix rauques et bruits inquiétants (j’avoue ne pas avoir tenté l’expérience au casque mais ça doit être quelque chose), Dragonis Games ne fait pas dans la demie mesure pour nous plonger dans l’ambiance souhaitée.
En termes de gameplay, The Shore fait le strict minimum mais c’est une bonne chose puisque mis à part avancer droit devant vous, résoudre des énigmes pas bien compliquées (mais ayant la fâcheuse manie de vous laisser cogiter tout seul sans rien vous dire) et échapper à vos quelques agresseurs, le titre du studio n’est pas là pour renverser quelconque table que ce soit.
Pour l’ambiance, pour l’avoir fait d’une traite, platine à l’arrivée, si j’ai passé un agréable moment manette en main, je n’ai rien vu de particulièrement nouveau quand on parle d’une œuvre qui parle de Cthulhu. Je n’ai pas eu peur quand il aurait fallu (peut-être) avoir peur mais j’ai pris du plaisir dans les panoramas et en ce qui me concerne, c’est bien, sans plus. Il n’y a pas de réel coup de folie de la part du studio qui assure certes le spectacle mais reste bien trop sage et ne fait que reprendre à sa sauce une formule que l’on connait, sans vouloir proposer sa propre patte. Ce qui est soit regrettable ou soit pas bien grave étant donné que le studio s’en sort tout de même bien. A vous maintenant d’y placer votre curseur.
Oui, il aurait pu avoir un scénario plus développé, oui son gameplay aurait mérité plus de profondeur, oui il ne fait que 3 heures (ce qui influe inévitablement sur le développement de son histoire) et pourtant sa formule fonctionne étonnamment bien. En tout cas, ça fonctionne quand on pose un premier pied dans l’univers de Lovecraft, ou, ici, dans une œuvre qui tente de l’adapter, à sa façon, avec sa vision.
Techniquement, je ne peux que lui reprocher de nombreux bugs de collisions. En effet, si on s’approche un peu trop de certains éléments de décors, notamment des rochers, on aura surtout tendance à voir à travers ce qui casse un peu la beauté graphique du titre.
Côté technique, mis à part les fautes d’orthographes dans les sous titres qui sont, pour le coup, un peu petit, je n’ai rien de plus à vous en dire. Il n’est pas optimisé PS5 Pro mais ce n’est pas si grave que cela, puisque ma session s’est très bien passée.


Quand je me suis lancée dans The Shore, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais plus les minutes passaient, plus j’étais conquise par son univers. Si vous souhaitez faire vos premiers pas dans une adaptation de l’œuvre de Lovecraft, The Shore est une entrée assez « douce », qui vous prendra peu de temps (pour peu que vous aimiez aussi les platines faciles de surcroit), et ne viendra pas perturber votre cœur fragile. Sa DA est quand même sacrément réussie et son ambiance sonore fait bien le boulot. Mais il faut savoir aussi accepter qu’il manque de développement scénaristique et de profondeur dans son gameplay, qu’on pourra apparenter à un point’n click très sommaire.
Bien que je commence doucement mais surement à avoir ma dose sur les œuvres qui adaptent Cthulhu en jeu vidéo, surtout après un Cthulhu: The Cosmic Abyss relativement décevant, me revoilà reparti pour un tour dans l’univers de H.P Lovecraft pour un test conjoint afin de confronter deux avis, l’un de la part d’une débutante et l’autre en tant qu’habitué (en quelque sorte). Si Cthulhu The Cosmic Abyss m’a bien déçu, je ressors ni mitigé ni pour autant conquis par The Shore. Vendu à 9.99€ dans sa version PC, je pense qu’il sera également proposé à petit prix sur cette version PS5 et de ce fait, vous pourrez à la fois passer un bon moment condensé en grand maximum 5 heures et repartir avec un platine plus que facile. Que demander de plus ?

- C’est très court (grand maximum 5h)
- Le Platine ultra facile
- Les panoramas, ça vaut le coup d’oeil
- Cthulhu en large et en travers
- Un petit prix plus que doux
- L’ambiance visuelle et sonore au rendez-vous

- La taille des sous titres
- Des fautes dans quelques sous titres
- Beaucoup de bugs de collision
- Une énième œuvre qui adapte Cthulhu pour (re)dire encore une fois la même chose
- Le joueur est lâché sans aucune info, ce genre d’œuvre ça commence à bien faire