
Déjà auteur de The Council et du très oubliable Vampire The Masquerade Swansong, le studio bordelais Big Bad Wolf revient à la charge avec Cthulhu: The Cosmic Abyss. En vue FPS, vous incarnez Noah, un enquêteur spécialisé en sciences occultes, chargé de faire la lumière sur un mystère enfoui dans les profondeurs du Pacifique… Et comme vous le verrez dans ce test, ce qui s’avère être très bien sur le papier à tourné un peu à la déception manette en main. Cthulhu: The Cosmic Abyss est disponible sur PC, PS5 et Xbox Series S/X depuis le 16 avril 2026.

| Version | Dématérialisée sur PS5 (Pro), fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 13 heures |
| Histoire terminée | Non |
| Complétion totale | 21 trophées sur 28/59% |
| Difficulté | Investigation (personnalisable) |

| Genre(s) | Narratif, Fantastique, FPS, Enigmes |
| Date de sortie | 16 avril 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 49.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S et PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

Je vais rapidement évacuer la situation extrêmement tendue chez Nacon et Big Ben qui sont tous les deux mis en redressement judiciaire après avoir annoncé être en cessation de paiement, ce qui a conduit certains studios à en faire de même, comme par exemple Kylotonn (Test Drive Unlimited Solar Crown), Spiders (The Technomancer, Greedfall et sa suite), Cyanide (à qui « appartient » le studio Bid Bad Wolf) ainsi que la société de motion capture Nacon Tech à en faire de même. La situation étant difficile, je me dois de soutenir au maximum un éditeur qui nous aura « offert » Robocop et son stand alone mais aussi le chef d’œuvre absolu qu’est Hell Is Us. Vous l’aurez compris, m’occuper du test de Cthulhu: The Cosmic Abyss me semble pertinent dans le sens où le soutien, quel qu’il soit, peut être déterminant.
Nous sommes donc en 2053. Vous incarnez l’enquêteur Noah, assisté par son IA appelée Key ayant pour mission de rejoindre Ocean I, située dans les profondeurs du Pacifique. Il y découvrira qu’une menace ancestrale (bien connu des lecteurs et lectrices de Lovecraft) s’apprête à resurgir de sa prison pour annihiler le monde…

Le synopsis fait maison ne vous en dira pas plus, même si vous vous doutez bien contre qui on va devoir se « battre ». Rassurez vous (ou pas), il n’y a pas de combat dans The Cosmic Abyss. Juste une succession d’énigmes entre deux séances d’exploration et le gameplay, du moins sa structure, s’arrêtera là. Pour le reste, vous aurez droit à un sonar ainsi qu’à un tableau mental, sur lequel vos indices sont épinglés. Parfois, vous aurez droit de répondre à une question, de faire appel à votre sens de la déduction, afin de lier le « tout » dans un bloc narratif histoire de rendre la narration plus claire. De plus, vous aurez un choix à faire tout au long, lié à un système de corruption, qui peut vous conduire, ou non, vers la folie si vous décidez de choisir la « mauvaise » voie.
Développé à l’aide de l’Unreal Engine 5, The Cosmic Abyss nous offre une direction artistique « réaliste » (vous le verrez avec les captures d’écrans maison), néanmoins il n’est pas optimisé pour la PS5 Pro, console sur laquelle j’ai fait le jeu, mais est, de surcroit, sujet à des ralentissements des enfers comme j’en ai rarement vu sur cette génération. Tout dépend de là où vous mettrez votre curseur de tolérance, mais j’estime que l’optimisation d’un jeu PS5 standard (dénué de tout ajout propre à la PS5 Pro) se doit d’être impeccable, et ici c’est très loin d’être le cas. Parce qu’il ne s’agit pas de « petits » ralentissements mais de ceux qui vous collent un mal de crâne si vous avez le malheur de vouloir jouer à votre jeu en 60 FPS. J’évoque aussi qu’à un certain moment de l’aventure, j’ai eu le droit de voir ma sauvegarde automatique corrompue sous mes yeux, sans que le jeu ne se ferme et me laisse donc continuer ma partie. Autrement dit, le jeu refusait de sauvegarder automatiquement, tout en ayant une absence totale de sauvegarde manuelle. En résulte que j’ai dû continuer ma partie sans la quitter pendant un certain temps jusqu’à ce que le jeu puisse à nouveau sauvegarder ma partie convenablement. De plus, certains sous-titres, notamment en début de jeu, restent en anglais, et, plus tard dans le jeu, le son se met inlassablement à grésiller. Bref c’est une véritable orgie de problèmes techniques qui n’aident ni à nous immerger dans le jeu ni à pouvoir le défendre. Pour la durée de vie, comptez environ 12 à 15 heures pour voir arriver la fin, à condition bien entendu que les énigmes soient votre dada.

Le doublage anglais est plus que correct et on sent tout de suite l’investissement du doubleur anglais de Noah, pareil pour le reste du casting bien sûr. Un mot sur la bande son, l’un des points forts de l’œuvre, signée Nicolas Garcia, le monsieur a œuvré sur les films Ultimate Chabite, Pelverata ou encore Censurada, avant de s’occuper de la bande son de Cosmic Abyss. Il y mêle l’orchestre de Budapest ainsi que des instruments inattendus comme le carnyx, un ancien instrument de guerre celtique. De plus, il est rejoint par la musicienne Tina Guo, qui apporte également sa touche avec son violoncelle électrique. Vous la connaissez peut-être, puisqu’elle a de son côté travaillé sur Cyberpunk 2077, Erica, Wonder Woman 1984, Gran Turismo (le film), Top Gun Maverick et tant d’autres. A eux deux, la bande son de Cosmic Abyss lui offre une identité plus que certaine et aide grandement à l’immersion.
On en arrive enfin à la partie que je préfère dans un test : celle où je peux vous offrir mon avis. Je sais que toi aussi tu n’attend plus que ça, pas besoin de me le dire, arrête toi là mon coquin ! Révélé lors de la Nacon Connect de 2025, j’étais tombé sous le charme de l’univers et de la promesse faite d’une ambiance particulière et surtout de son héros, charismatique à souhait. Sauf qu’entre le trailer et le résultat final, c’est un abysse (mais pas cosmique). Si l’idée de ne rien dire aux joueurs en ce qui concerne les énigmes est une idée intéressante, sur le papier, on se rend compte que manette en main, il y a deux écoles. L’école Rogue Factor, avec le chef d’œuvre absolu qu’est Hell Is Us et l’école des cancres du fond de la classe qu’est manifestement Big Bad Wolf, déjà auteur du déjà oublié Vampire The Masquerade Swansong. Le premier souci qui s’est posé, c’est qu’au bout d’une petite heure de jeu, j’ai vite lâché l’affaire de chercher par moi même et de m’investir dans l’aventure The Cosmic Abyss et je me suis résolu à m’aider d’une solution à côté de moi. Ce qui n’a pas aidé pour m’immerger, c’est que le studio ne fait pas confiance en son joueur et le jette dans son enfer d’énigmes à s’arracher les cheveux tant elles ne sont pas intuitives, pour peu qu’elles soient intéressantes à résoudre pour ne pas dire parfois un peu tirées par les cheveux.

Le second souci, c’est l’écriture générale. Si je n’ai rien à dire sur la narration, parfaite, l’écriture ne prend pas le temps de développer son univers, ses personnages, son cadre. Par exemple, j’ai voulu me garder la surprise intacte à partir du moment où son trailer d’annonce fut diffusé jusqu’à sa sortie en avril 2026 et il aura fallu que je lise le synopsis officiel pour découvrir le « cadre » de l’aventure.
Le troisième et dernier souci, c’est son optimisation. Les ralentissements d’une violence inouïe, la corruption de ma sauvegarde automatique mais aussi le fait de découvrir que la résolution d’une énigme est à date complètement cassée juste avant la fin du jeu ont finalement eu raison de ma patience et m’ont fait arrêter la partie avant de finir le jeu. J’aurais pu le finir mais le fait que la résolution d’une énigme soit buguée m’a fait, littéralement, abandonner. Non pas par choix mais par obligation.
Tout ça me fait vous dire qu’en l’état, Cthulhu The Cosmic Abyss n’est pas en soit un mauvais jeu vidéo, loin de là. Sauf qu’une fois de plus, il souffre d’un cruel manque de moyens financiers mais aussi d’audace. Si, sur le papier, tout se tient vraiment, je me suis rendu compte qu’au final, The Cosmic Abyss est sorti pour essayer de se renflouer un peu et de se remplir les caisses alors même que la situation financière du studio et de son éditeur est en train de tourner méchamment vers une catastrophe humaine et culturelle. Je finirais donc sur ces mots sages que sont les suivants : ce n’est pas un mauvais jeu mais j’aurais pu espérer mieux venant d’une œuvre qui reprend encore (et encore et encore et encore) le mythe de Cthulhu.



Bien, mais peut largement mieux faire, à condition d’en avoir les moyens, voilà comment je vois ce Cthulhu The Cosmic Abyss. Il est toujours intéressant de vouloir s’inspirer des autres, ici Hell Is Us. Mais là où Rogue Factor a produit un miracle, Big Bad Wolf n’a pas compris comment sa filiale de Montréal a réussi sa prouesse. En résulte une œuvre qui n’a pas réussi à m’attraper dans ses filets malgré tout de même un sujet bien traité et une bande son qui mérite le coup d’oreilles. Dommage.

- Le héros, charismatique
- L’OST
- La durée de vie
- La Direction Artistique
- Une très grosse ambiance au début de l’aventure…

- Le système d’enquête et d’énigme, ça manque d’un travail de fond
- Répétitif dans sa narration
- Un travail d’immersion scénaristique n’aurait pas été superflu
- Des bugs en pagaille, ça la fout un peu mal
- Rien de vraiment nouveau à se mettre sous la dent côté univers Cthulhu
- … Qui retombe comme un soufflet vers le chapitre 3 (sur 7)