
Premier jeu du jeune studio parisien Lifeline Games (fondé en 2021), édité par Dear Villagers, Deer & Boy a été mis sous le feu des projecteurs au Summer Game Fest 2024. En a découlé une visibilité indéniable pour une toute petite production. Deux ans plus tard, le jeu mettant en avant un duo improbable sort enfin, ce 23 juin 2026 sur PS5, PC, Xbox Series S|X et PC. Une version physique est dores et déjà dans les tuyaux en partenariat avec Maximum Entertainment prévue dans le courant de l’année. Après avoir terminé l’aventure avant sa sortie, si vous êtes ou avez été sensibles à Koira, The Last Guardian ou encore Neva, vous ne devez absolument pas passer à côté de Deer & Boy. Explications.

| Version | Numérique sur PC, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 6h |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 71% des succès débloqués |
| Difficulté | Unique |

| Genre(s) | Aventure, Solo, Narratif |
| Date de sortie | 23 juin 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 19€99 |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et PC |
| Voix | / |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

Dans Deer & Boy, nous incarnons un jeune garçon, dont nous ignorons tout jusqu’à son histoire. Les premières minutes de jeu nous le dévoilent en train de quitter le foyer familial avec pour seul compagnon son sac à dos. De nature curieuse, semble-t-il, et admiratif de la nature, il fait la connaissance d’un petit faon. Le destin finira très rapidement par les réunir, malgré eux, dans un voyage aussi splendide qu’inquiétant. En effet, un mystérieux miasme semble se répandre tandis que notre ami à quatre pattes se révèle être bien plus unique qu’il n’y parait.
Sans trop vous en dévoiler, c’est peu ou prou les premiers instants de ce Deer & Boy. Dénué de tout dialogue, son histoire et sa narration resteront environnementales et silencieuses. Les questions fusent sans que les réponses ne soient immédiates, promettant donc une aventure intrigante, qui saura dévoiler ses secrets au fur et à mesure de son avancement mais aussi de nombreux thèmes, dont évidemment l’amitié, improbable mais vraie, parmi tant d’autres.

De relative courte durée (environ 6h pour en voir le bout en ce qui me concerne), Deer & Boy n’a pas besoin de plus pour nous happer dans son univers. Malgré l’absence de dialogues, il réussit à équilibrer son rythme pour ne pas nous perdre en cours de route. Chaque nouvelle scène, chaque nouveau décor nous raconte un petit morceau de leur histoire, répondant à certaines questions ou en en amenant d’autres. J’en parlais en début de test, Deer & Boy transpire l’inspiration de The Last Guardian tant par la relation qui anime ces deux compagnons que la vie a décidé de réunir que par ces mécaniques de gameplay.
En effet, à mesure de notre avancement dans ses chapitres, la boucle de gameplay viendra s’étoffer de nouvelles mécaniques. En vue 2D à défilement horizontal, le principe est simple, partir d’un point A pour arriver à un point B en résolvant des énigmes environnementales mais surtout en faisant coopérer les deux personnages. Si au tout début, leur coopération est assez sommaire, nous demandant surtout de guider le Bambi en l’appelant ou en le portant dans notre sac à dos tout en nous frayant un chemin tant bien que mal, plus les chapitres passent et plus leurs interactions s’étofferont et se complèteront. Par exemple, il sera possible de lui montrer un objet qu’il pourra déplacer pour nous aider à avancer à notre tour.

A l’image de leur évolution mutuelle et leur relation grandissante, le gameplay de Deer & Boy vient toujours apporter une petite mécanique nouvelle synonyme de la confiance qu’ils se témoignent, de leur capacité à surmonter les obstacles ensemble mais aussi du temps qui passe. Le tout est agrémenté par quelques phases de plateformes et même de furtivité/infiltration très bien amenées. Ni trop facile, ni trop difficile, Lifeline Games a su doser sa difficulté pour convenir au plus grand nombre tout en ayant quelques instants de brainstorming.
Impossible de comparer Deer & Boy à The Last Guardian sans évoquer l’IA de notre compagnon puisqu’en effet tout va se jouer sur sa réactivité et sa compréhension de nos indications. En l’occurrence, Deer & Boy s’en sort très bien puisque ses mécaniques sont simples à maitriser et chacune a son objectif précis. On aura donc l’occasion de pointer un objet que le petit faon va s’empresser de déplacer par exemple, ou encore de l’appeler pour qu’il traverse un obstacle. Chaque action a sa réaction et tout s’est très bien passé sauf une fois pour moi. Pour vous donner plus de contexte, j’ai donc joué à la version PC avec la manette Xbox (oui, je sais). Si elle est parfaitement compatible, il m’est arrivé, une seule fois tout de même, c’est pas la mer à boire, d’avoir un petit couac dans l’animation qui m’a fait bloquer assez longuement. Si on pense d’abord à une erreur de jugement et un manque d’observation, il m’a fallu me tourner vers la possibilité que mon interaction à la manette n’était peut-être pas la bonne. Et c’était bien le cas. Alors que je me retrouvais à l’extérieur, il me fallait appeler mon compagnon pour qu’il puisse traverser à son tour. A la manette, j’avais beau l’appeler, la pauvre bête restait coincée et ne daignait traverser ce trou ridicule dans un mur. Je décide donc, un peu par désespoir, de débrancher la manette et d’essayer la même interaction sur le clavier. Et là, miracle, l’animation a changé permettant donc à Bambi de comprendre ce que j’attendais de lui.

Au global, en résulte une aventure incroyablement poétique, avec ses moments épiques, ses instants de tension, de frayeurs et d’émotions. Dénués de mots, l’aspect narratif de Deer & Boy est porté par des moments particulièrement touchants, qui traversent un joli panel d’émotions.
Mais Deer & Boy c’est aussi une énorme dimension cinématographique et photographique. Et visuellement, le jeu est une pure merveille. Avec ses bandes noires, larges pendant les cinématiques, rétrécies pendant les phases de gameplay, Deer & Boy est particulièrement immersif, et c’est sans compter sur sa somptueuse direction artistique éclatante. En témoignent les quelques 78 captures d’écrans prises au fil de mon périple (en 6h tout de même), Deer & Boy est un régal visuel, une petite merveille. C’est beau, c’est coloré, c’est clinquant, c’est même parfois onirique, c’est magnifique, partout, tout le temps. Sans oublier son OST qui nous accompagne, et qui vient remplacer l’absence de mots avec brio tant elle est là au bon endroit au bon moment mais surtout somptueuse. Un grand bravo à Corentin Brasart (qui a également œuvré sur Pilo & The Holobook et Decarnation), compositeur, mais aussi Quentin Malapel, écrivain et sound designer, et Louise Dissous, chanteuse et pianiste.



A la croisée entre le dernier jeu (sorti) de Fumito Ueda et Neva (du studio espagnol Nomada Studio), Deer & Boy est une magnifique histoire d’amitié, réconfortante, parfois déchirante mais surtout dépaysante. Pour une première production, Lifeline Games s’en sort avec les honneurs tant il a su offrir à son jeu une identité propre, tout en piochant habilement dans ses inspirations. Mention très bien à la bande originale et la direction artistique qui rendent le tout particulièrement onirique et magnifique. Sur PC, rien à signaler en termes d’optimisation (surtout sur une vieille guimbarde d’une bonne dizaine d’années) hormis peut-être quelques loupés sur les interactions à la manette. Toujours est-il que Deer & Boy est, à son tour, une production française qui vaut le détour si tant est que le sujet vous touche un tant soit peu et que la scène indé vous rende curieux.

- Une magnifique histoire d’amitié
- Une narration environnementale qui sait nous captiver
- La direction artistique merveilleuse
- L’OST somptueuse
- L’IA globalement très réactive et efficace
- Une dimension cinématographique

- Quelques petits couacs d’interactions à la manette sur PC
- Les bandes noires qui ne plairont pas à tout le monde