
Il est sorti le 12 février dernier, sur PS5, Xbox Series S/X et PC, son petit nom : Ride 6. Sa promesse ? Etre le nouveau Gran Turismo de la moto (jadis Tourist Trophy) tout en étant à la fois accessible pour les nouveaux venu(e)s mais aussi pointu pour les habitués de la saga. Développé par le studio italien Milestone, le 6ème titre de la saga en 11 ans d’existence a bien des ambitions qu’il n’a pas su ou ne peut pas concrétiser. Explications sur une belle sortie de piste comme j’en vois (hélas) de plus en plus dans les jeux de courses les plus récents.

| Version | Physique sur PS5 (Pro), fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 5 heures |
| Histoire terminée | / |
| Complétion totale | / |
| Difficulté | Arcade avec options d’accessibilité activées |

| Genre(s) | Courses, Simulation, Arcade |
| Date de sortie | 12 février 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 69.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S et PC |
| Voix | Allemand, Anglais, Chinois, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Portugais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Oui en multi/Non en solo. La version physique nécessite de télécharger l’entièreté du jeu. |
Sur le papier, Ride 6 a su m’attirer dans ses filets. Un mode carrière inspiré de Forza Horizon, la promesse d’être LE Gran Turismo mais cette fois-ci exclusivement pour la moto, une jouabilité arcade pensée pour les nouveaux venus, couplée à une difficulté pro pour les fans de la saga de longue date. Au programme de la proposition : un mode carrière où le joueur est libre d’accomplir différents championnats en sélectionnant la course qu’il souhaite en étant libre de son cheminement, en ayant accès à plus de 250 motos (au jour du lancement) classées dans différentes disciplines : sportives, roadsters, baggers, maxi-trails, supermotard et autres scooters vous attendent sur 39 pistes à la fois authentiques ou imaginées par le studio.
Sauf que, le soufflet est quasiment retombé une petite heure après le lancement du jeu. Si au départ, j’étais vraiment à fond, j’ai quasiment dû pousser jusque dans les 5 heures pour être sûr et certain de mon avis. Si vous étiez dans les parages lors du test de Test Drive Unlimited Solar Crown (son test ici), nous n’en sommes pas loin dans ce Ride 6. Et comme j’ai décidé que je ne ferais plus d’efforts envers les titres qui se payent ma tête, c’est parti pour la très longue liste de tout ce qui ne va pas dans un Ride 6 qui n’aurait jamais dû sortir dans un état pareil.

Tout d’abord, et je l’assume entièrement : j’ai cru dans les promesses du studio et de son Ride 6. Un Gran Turismo spécial moto qui s’inspire de Forza Horizon pour son festival, ça a eu un petit effet sur moi. Sauf qu’une fois manette en main, nous sommes super loin de l’esprit de fête d’un Forza et carrément à des années lumières de l’intelligence et de l’amour d’un Gran Turismo envers les voitures. Cantonné à votre paddock, vous ne pouvez que naviguer entre les menus du garage, de votre carrière, de votre menu de personnalisation, du garage (et du second, d’occasion cette fois-ci) et enfin du mode école, qui va vous apprendre à manœuvrer votre belle monture comme il se doit. Cela s’appelle le Ride Fest et j’ai vu plus de personnes heureuses à un enterrement que dans ce Ride Fest qui ne vit pas, et en termes de vie, j’ai déjà vu une biscotte plus heureuse de son sort que ce rassemblement du dimanche après-midi après Walker Texas Ranger. De plus, ce Ride Fest n’est pas aidé par sa musique générique et sans âme (encore, on aurait eu droit à une vraie playlist, ça aurait pu le faire mais c’est loupé). Alors on fait avec ce qu’on à et on décide de choper le guidon pour faire vroum vroum (ou miaou miaou, ça dépend de votre humeur) sur les nombreux circuits qui nous attendent et là, hé bien, c’est le seul et unique clou sur le cercueil qui enterre, selon mon humble avis, ce Ride 6.
Dans la difficulté Arcade (je n’ai pas testé la difficulté Pro), on a droit à quelques options d’accessibilité comme l’assistance au freinage et/ou à l’accélération ou bien d’activer ou non les collisions (j’y reviendrais plus bas d’ailleurs) ainsi que le retour en arrière. Avec, également, une petite touche de facétie de la part du studio : son IA adaptative. Plutôt que de bêtement choisir sa difficulté, Milestone a décidé de nous proposer une IA qui va s’adapter à nos faits et gestes. On gagne, elle va se montrer agressive et… C’est tout. Et tout comme Test Drive Unlimited Solar Crown et sa Deudeuche des enfers, je me suis retrouvé avec une IA, je vais le dire clairement : à jeter dans les orties (comme la mamie). Je pourrais vous dire que je n’avais jamais vu ça avant mais ce serait vous mentir puisque, malheureusement, cette IA, je commence à la comprendre.


Elle fait bien pire que les IA des générations PS2/PS3 alors qu’elle est censée lui être supérieure. Elle avance sur sa ligne, ne fait pas d’erreurs, n’est pas conditionnée par la physique (par exemple, dans les virages c’est open bar sur l’accélération alors que vous êtes en train de freiner et de prendre votre virage le plus propre possible alors qu’elle vit sa vie tranquillou bilou). En résulte alors qu’une course sur 4, vous allez, on ne sait pas ni pourquoi ni comment d’ailleurs, la pulvériser sur place en lui mettant 10 secondes dans les dents. Puis vint les courses d’après où elle est imprenable, impériale, invincible et pire, vous poussera dans le décor pour passer. Bon dernier et revanchard comme pas permis, vous essaierez de revenir dans la course mais c’est chose impossible puisque cette IA vous à déjà oublié, loin, très loin devant. Le problème étant que j’ai tout tenter pour contourner cette IA. Je suis dépassé par la vitesse ? Hé bien, puisque nous pouvons upgrader les performances de notre moto, on va tout mettre à fond côté caractéristique. Et c’est à ce moment là que j’ai compris le petit truc. Lors d’une course où tout les participants ont la même moto, avec les mêmes caractéristiques, comment expliquer que cette IA puisse réussir à me mettre 10 secondes dans les dents ? C’est simple : pas d’explications, cela coule de source et à c’est ce moment là que j’ai décidé que je ne ferais aucun effort.
J’en étais venu, à un moment donné, à désactiver les collisions histoire de prendre un peu de plaisir à jouer… Sauf que les collisions, même désactivée dans les options ne le sont pas une fois en course ! J’ai eu beau vérifier et revérifier pour être sûr et certain, mais non. Ca par contre, c’est nouveau pour moi ! Si tout n’est pas à jeter non plus, puisque développé à l’aide de l’Unreal Engine 5, Ride 6 souffle le chaud et le froid puisque globalement super beau une fois en course pour nous offrir des visages qui font super peur à leur vue. De plus, sur PS5, la DualSense fait le spectacle avec gâchettes adaptatives et retour haptique qui assurent de nous offrir de bonnes sensations.


Vous vous dîtes, surement à cette étape de la lecture, que mon temps de jeu est ridicule et qu’il aurait peut-être fallu pousser un peu plus et vous n’avez pas tout à fait tort. Sauf qu’en étant un joueur (mais aussi testeur), mon expérience fait que j’arrive à vite détecter les œuvres qui marquent positivement, des autres, qui vont manquer de respect à son joueur. Si, sur le papier, Ride 6 aligne les bonnes intentions et peut-être que le studio souhaitait bien faire mais une fois manette en main, on se rend compte que les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient. J’y ai cru, tant pis pour moi. Si Ride 6 se veut être le Gran Turismo de la moto, où sont les descriptifs des différentes motos ? De leur histoire, des constructeurs ? Si Ride 6 se voulait être inspiré par Forza Horizon, pourquoi être cantonné à notre paddock (alors qu’on aurait pu être jeté dans un monde ouvert) sans playlist digne de ce nom histoire d’être plongé dans une vraie fête de la moto et ainsi ressentir le vent de la liberté sans bouger de notre canapé comme le fait avec un certain brio la licence Forza Horizon ?
Pourquoi faire simple en offrant une difficulté à la carte (avec moulte options d’accessibilité) pour n’importe quel joueur quand on peut faire compliqué et lui mettre des bâtons dans les roues toutes les deux secondes ? Et enfin, pourquoi avoir créer une IA adaptative quant on ne maitrise pas son sujet ni avoir poussé les tests lors du développement du jeu en pensant que les joueurs n’y verraient que du feu ? Je finirais là dessus mais je suis épuisé par ce genre de productions opportunistes qui ne respectent pas son joueur, lui font des promesses où tout est beau et magnifique et on se retrouve avec un produit (et non pas une œuvre) qui entourloupe sciemment son client.


Si je n’avais jamais jeté un œil sur une production Milestone jusqu’à présent, je ne pense pas que je prendrais à nouveau le temps de le refaire la prochaine fois. Si Milestone a su m’attirer avec des grands effets dans ses filets, la réalité rattrape les intentions. En résulte un titre qui m’aura fait pousser un grand soupir dès sa première demie heure pour arriver péniblement dans les 5 heures en ressentant le quintuple. J’en appelle à la jurisprudence « Test Drive Unlimited Solar Crown : quand je commence à souffrir de la sorte au bout d’une heure, plus jamais de la vie j’en mettrais 30 avant d’écrire un test ». Pour moi, ce Ride 6 c’est un grand non. Merci, au revoir.

- C’est (vraiment) super beau…
- La DualSense qui fait le show

- … Sauf les visages, d’une laideur pas possible
- Il est où le Ride Fest, parce que ça fait kermesse des écoles votre histoire
- Une physique à revoir de toute urgence
- Une IA qui a manifestement des comptes à régler avec son joueur
- Des promesses non tenues
- Un temps de jeu de 5 heures pour un ressenti de 35 heures en CDI