
Après Life is Strange, licence aujourd’hui détenue par Square Enix, DON’T NOD s’apprête à sortir une nouvelle licence narrative, un nouvel univers, dans la même lignée que les premières aventures de Max et Chloé. Du nom de Lost Records, développée par DON’T NOD Montréal et éditée par DON’T NOD, elle est sur le point de nous dévoiler le premier épisode de Lost Records: Bloom & Rage dont la sortie est imminente. L’épisode Bloom est disponible depuis le 18 février 2025, et il faudra attendre le 15 avril pour découvrir la seconde bande nommée Rage. Nous avons également appris que les 2 épisodes seraient disponibles « day one » dans le PS Plus Extra et Premium. En été 2024, j’avais eu l’immense chance de m’atteler à une session preview de ce premier épisode, et aujourd’hui j’ai pu terminer le premier épisode de ce successeur spirituel à Life is Strange pour vous en proposer mon test.

Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
Temps de jeu | 6h |
Histoire terminée | Oui |
Complétion totale | Non communiquée |
Difficulté | Unique |
Autres | Doublage français non disponible lors du test, mode photo simplifié |

Genre(s) | Aventure, narratif |
Date de sortie | 18 janvier 2025 |
Prix (maximum conseillé) | Prix de la version numérique non communiquée à l’heure où j’écris ces lignes mais nous savons toutefois déjà que la version physique prévue en fin d’année sera au prix de 39€99 |
Plateforme(s) | PS5, Xbox Series S/X et PC |
Voix | Anglais, Français |
Textes | Anglais, Français, Italien, Allemand, Espagnol, Chinois simplifié, Portugais, Japonais, Russe, Coréen |
Connexion obligatoire | Non |

Eté 1995 – Velvet Cove. Nous rencontrons l’une de nos protagonistes, celle dont nous prendrons le contrôle pendant toute l’aventure. Swann Holloway est une adolescente de 16 ans introvertie et mal dans sa peau. Son seul ami est son chat et son camescope qu’elle ne quitte jamais. Alors qu’elle s’apprête à déménager au Canada avec ses parents, elle décide de faire son mémoire vidéo sur la petite ville de Velvet Cove qui l’a vu grandir. Lors de ses tournages, elle fait la rencontre de Autumn, Kat et Nora, qui deviendront très vite ses meilleurs amies. Mais lors de leurs nombreuses pérégrinations, un mystérieux évènement va les forcer à se quitter, ne plus jamais se revoir et se promettre une chose: ne plus jamais reparler de cet incident. Jusqu’à un soir, 27 ans plus tard.
C’est peu ou prou le postulat de départ de Lost Records: Bloom & Rage dont la narration se divise en deux parties bien distinctes: des flashs back de 1995, ou plutôt des souvenirs, et l’époque actuelle, 27 ans après, en 2022, après la pandémie du COVID-19, durant laquelle se retrouvent les amies forcées de se revoir malgré elles. Chaque pan de cette mystérieuse histoire se complète afin de cerner notre quatuor, s’y attacher et le comprendre tout autant que de voir son évolution au fil des heures.

En termes de scénario et de narration, Lost Records: Bloom & Rage prend grossièrement la forme d’un « teen movie » si cher aux années 90 qui rappelle sans aucun doute les productions cinématographiques de l’époque. De Souviens toi l’été dernier à Virgin Suicides en passant par Clueless et autres classiques du genre de cette époque, Lost Records: Bloom & Rage rappelle ainsi, dans une moindre mesure, les productions de Supermassive Games. Dans cette optique, Bloom & Rage réussit son pari de nous propulser dans les années 90 à merveille tant par son ambiance musicale que par les petites références disséminées ci et là pour un retour dans l’adolescence et l’enfance des trentenaires et quarantenaires d’aujourd’hui. Je me retiens évidemment de vous dévoiler quelque détail que ce soit concernant les tenants et les aboutissants de ce premier épisode.
Si j’ai pris plusieurs jours pour pouvoir digérer cette première partie, elle ne me quitte plus, tant, à l’instar du premier Life is Strange, elle s’est révélée marquante par sa mise en scène, sa photographie, et sa narration menées par un quatuor attachant et marginal. Un groupe dans lequel je me suis retrouvée un peu en chacune d’elle, et plus particulièrement en Swann. Ainsi donc, cette première partie (et j’ai l’intime conviction qu’il en sera de même pour sa suite et fin au moment venu) me touche particulièrement d’un point de vue très personnel. Mais bien au delà de cela, cet épisode appelé Bloom nous accroche à son scénario, aux mystères qui gravitent autour de cet incident qui semble suivre nos quatre protagonistes malgré elles. En découle donc un scénario rondement bien ficelé, qui tend à s’épaissir au fil des heures et à faire évoluer ses personnages principaux. Je n’en dirai pas plus.
En découle un scénario intrigant qui jongle entre les liens qui unissent les quatre amies et une dimension plus « horreur », paranormale peut-être même, un mystère qui plane au dessus de cet été qui a tout chamboulé. On lui regrette éventuellement quelques clichés mais qui se veulent malgré tout cohérents, à l’instar d’un Until Dawn ou d’un The Quarry, par exemple. DON’T NOD revient ici indéniablement à ses origines et ses premiers émois, et ça fait un bien fou.

Lost Records: Bloom & Rage est avant tout un jeu narratif, à l’instar des productions de DON’T NOD, Life is Strange en tête de liste. Ne vous attendez donc pas à un jeu d’action pur au gameplay varié. Les mécaniques restent assez simples et minimalistes qui tendent avant tout à exploiter les talents de réalisatrices de Swann avec son camescope. Il en devient même lui aussi un personnage assez central de l’histoire, puisqu’il immortalise les souvenirs des membres de Bloom & Rage.
D’une part, nous aurons l’occasion de filmer des scènes qu’on qualifiera de « principales », nécessaires à l’avancée dans l’histoire, et d’autres facultatives et plus secondaires qui alimentent le mémoire de Swann au travers de la ville de Velvet Cove. On peut donc filmer faune, flore, et panoramas pour compléter les collections de vidéos. Le studio a également apporté une fonctionnalité intéressante: la vue du caméscope peut se contrôler aussi bien au joystick qu’au gyroscope de la manette (et même du PS Portal). Si faire du camescope une mécanique centrale du jeu est une riche idée, on tend toutefois à trouver la fonction de montage très en retrait, on peut donc finir par totalement oublier cette fonctionnalité qui n’apporte finalement pas vraiment de profondeur au gameplay. Une fois le camescope rangé dans notre banane (accessoire de mode qui transpire les années 90), le jeu nous permet d’explorer notre environnement et interagir avec certains éléments. Les joueurs de Life is Strange ne seront donc aucunement dépaysés par la proposition de cette nouvelle licence.

De plus, jeu narratif oblige, Lost Records vous demandera évidemment de faire de nombreux choix durant toute votre aventure qui auront des conséquences immédiates (visibles grâce à une petite icône qui apparait) notamment sur vos liens avec Kat, Autumn et Nora, et plus si affinités (on rappelle que c’est un jeu DON’T NOD, aucune surprise quant à cet aspect, si cela vous offusque passez votre chemin). Si je n’ai malheureusement pas eu le temps de m’atteler à une seconde partie, cela permet au jeu de se doter d’une certaine rejouabilité permettant ainsi de se rendre compte de l’impact de nos choix (je compte retourner le jeu de fond en comble avant la sortie de la seconde partie, qu’on se le dise) sur le scénario.

Développé sous Unreal Engine 5, Lost Records: Bloom & Rage est absolument magnifique. Des expressions de visages en passant par les panoramas et décors, ses couleurs, son ambiance, sa photographie, ses jeux de lumière, tout est à mon sens une franche réussite. De plus, le jeu est équipé d’un mode photo, une fonctionnalité toujours particulièrement appréciable surtout pour un jeu aussi beau. Seule la synchronisation labiale est légèrement plus perfectible. Sans être décalée avec le mouvements de bouche comme cela peut parfois arriver, on peine à « lire sur les lèvres » ce qui est dit (je rappelle que le doublage français n’était pas disponible au moment où j’ai fait le jeu, je l’ai donc fait en VO).
Du côté de la technique, le jeu souffre de quelques (légers) soucis, la plupart étant connus, le studio montréalais s’attelant déjà à les régler via une mise à jour. Le premier, l’apparition de certaines pistes audio qui n’ont rien à faire là à l’instant T. Cela nous sort un peu de la scène en cours et casse l’immersion. Le second, un fort décalage de chargement de textures, particulièrement visible sur le pull d’Autumn en 2022.


Du côté de l’OST, que dire de plus si ce n’est qu’elle est en accord parfait avec l’époque principale du jeu. Des pistes pop, rock, punk, grunge, genres inhérents de l’époque, indémodables, intemporels, bref une OST variée qui une fois de plus raviront les joueurs de la génération 90.

Comme je m’y attendais après ma preview, et comme je l’espérais, Lost Records: Bloom & Rage est un véritable coup de cœur, en tout cas cette première partie est à la hauteur de mes attentes. Si l’ambiance du Life is Strange de DON’T NOD est bel et bien de retour, l’histoire de ce quatuor féminin réussit tout de même à se sortir de cette comparaison inévitable avec brio. Un teen movie (et j’insiste sur cet aspect) qui jongle entre histoire somme toute très simple de la rencontre de 4 amies qui deviennent inséparables et une dimension plus mystérieuse, plus « horrifique » (bien que plus léger et doux, ce n’est pas un Until Dawn ou un The Quarry). Des personnages attachants, des moments de tensions, une OST aux petits oignons pour les nostalgiques, des choix aux conséquences immédiates, bref une recette aujourd’hui maitrisée et sublimée par le développeur/éditeur. On lui regrette toutefois quelques petites coquilles, notamment quelques passages un peu clichés (qui servent malgré tout son ambiance et son genre) mais pas forcément dérangeants, ainsi que quelques soucis de textures ou de pistes audios. Quoi qu’il en soit, l’attente pour la Tape 2 va être interminable, ça c’est certain. Du DON’T NOD comme on l’aime.

- Un quatuor attachant
- Un teen movie comme on les aime
- Un narration qui fait planer le mystère jusqu’au bout
- Le camescope, « personnage » central du jeu qui sert le gameplay
- Visuellement magnifique
- L’OST qui sent bon les années 90
- Des choix à conséquences immédiates
- Le retour aux origines de DON’T NOD

- Quelques soucis techniques (au moment où j’ai fait le test: pistes audios qui se déclenchent hors contexte, chargement de textures parfois un peu longs)
- Une synchronisation labiale perfectible
- Certaines fonctionnalités du camescope qui n’apportent pas de profondeur au gameplay
NB: dimanche 16 février, le patch 1.002.000 d’environ 10 Go a été déployé apportant le doublage français, le mode photo complet, la correction des soucis techniques est quant à elle à confirmer.
