
Trois ans après sa sortie d’origine sur Xbox Series S/X et PC, voilà que Bethesda offre aux joueurs et joueuses PS5 la joie de pouvoir enfin découvrir son dernier bébé : Starfield. Déjà parcouru pour mon plaisir personnel sur Series X, c’est avec une immense joie que je peux enfin vous donner mon avis sur l’une des œuvres post 2020 qui m’obsède le plus après Cyberpunk 2077. Enfilez votre casque et votre tenue spatiale, on s’envoie en l’air dans l’univers totalement inédit de Starfield dans sa version PS5 (Pro), disponible depuis le 7 avril 2026 et sorti le 6 septembre 2023 (déjà) à l’origine.

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 77h sur PS5/170h sur Series X |
| Histoire terminée | Non |
| Complétion totale | Environ 25% |
| Difficulté | Personnalisée en Normale |

| Genre(s) | Anticipation, Science Fiction, Action-RPG, TPS, FPS |
| Date de sortie | 7 avril 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 49.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S et PC |
| Voix | Français, Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |
« Voyager, c’est partir à la découverte de l’autre. Et le premier inconnu à découvrir, c’est vous. » Oliver Föllmi
Développé par le studio Bethesda Game Studios à qui l’ont doit des chefs d’œuvres absolu comme The Elder Scrolls Morrowind, Oblivion, Skyrim, Fallout 3, Fallout 4 mais également Fallout 76, Starfield incarne un challenge à la fois pour le studio mais aussi pour l’industrie toute entière, que ce soit du côté des studios mais également des joueurs et des joueuses en proposant un univers totalement inédit que ce soit au sein de son studio mais également dans une industrie encore bien trop frileuse quand on parle de nouvelle IP. Bien qu’empruntant énormément de mécaniques de gameplay vues dans Fallout 3 et 4 mais aussi Skyrim (ce qui est une source de critiques péjoratives d’ailleurs), Starfield est à la fois une œuvre dîte « grand public » mais également l’une des œuvres les plus clivantes que j’ai pu voir depuis pas mal d’années maintenant. Pour l’anecdote, sachez que Starfield nourri énormément de débat au sein même de la rédaction, ce qui, selon moi, est un indicateur particulièrement révélateur, et je l’affirme jusque dans le titre de ce test : Starfield est une œuvre incomprise. Le sujet de l’exploration spatiale, de la conquête spatiale jusqu’à l’alunissage en 1969 (mais également ce qu’il vient de se passer avec la mission Artémis II début avril) n’est pas un sujet qui rassemble les gens mais qui va obséder un petit nombre de la population. Et ça tombe bien pour vous, parce que le sujet de l’exploration spatiale, l’espace et l’exploration de nouvelles planètes est l’un de mes sujets préférés depuis que je suis enfant. Si le rêve entretient l’individu dans son enfance, c’est sa maturité et son initiative envers le pragmatisme de la science qui nourrira alors son envie de parcourir un inconnu qui lui tend les bras.

Nous sommes en 2330. Vous vous incarnez vous-mêmes. Vous commencez en tant que mineur(se) dans une mine sur la lune Vectera dans le système Narion. Vous mettez accidentellement la main sur un étrange artefact inconnu qui vous gratifie d’une vision incompréhensible pour vous. Attaqué par une faction ennemie, vous ne devez votre salut qu’à un mystérieux groupe d’explorateurs appelé « Constellation« . Direction New Atlantis, située dans le système Alpha du Centaure afin de vous lancer dans l’une des plus grandes aventures jamais vécues auparavant…
Résumé ultra accéléré de la première heure de jeu, vous le savez sans doute très bien mais je m’arrêterais niveau spoil afin de vous laisser la surprise intacte si jamais vous ne connaissez pas Starfield et que ça vous tente de vous lancer après m’avoir lu. Si vous avez déjà joué à l’un des titres du studio, sachez que les mécaniques de gameplay sont identiques. La possibilité de passer de la vue TPS à la vue FPS (et vice versa) est là, le système de loot bien particulier également, le craft issu de Fallout 4 aussi, la construction d’avant postes (mais aussi de vaisseaux) initiée dans Fallout 4 aussi, oui, je vous le confirme, Starfield, c’est à la fois Skyrim et Fallout 4 dans l’espace, le système de dialogue doublé de votre personnage en moins.

Mais ce que Starfield réussit à faire, c’est de nous immerger dans l’un des univers les plus matures, à un degré, à mon sens, bien plus élevé que ses prédécesseurs, qui soit en nous proposant de vivre une aventure qui nous regarde droit dans les yeux pour nous laisser la totale liberté d’accomplir notre partie comme on le souhaite. En ce sens, Starfield qui est à ranger dans la case des RPG, vous propose de jouer un rôle au sein de son univers et de vous faire vivre une aventure, votre aventure, ce qui respecte, selon moi, la définition du RPG au sens large. C’est ainsi qu’à l’aide de l’éditeur de personnage au début de votre partie de vous forger un personnage qui vous représentera au sein de l’univers de Starfield. De ce fait, j’ai totalement imaginé son lore, sa personnalité, son passé, sa façon de voir les choses et je vous propose rapidement, à ma sauce, ce que je me suis imaginé à ce moment précis :
« Né et grandi au sein de l’Union Coloniale, mon personnage est un ancien soldat solitaire ayant fui ses responsabilités à la suite d’un contrat ayant mal tourné qui aura conduit à avoir sa tête mise à prix. Traqué par des mercenaires désireux de mettre la main sur sa prime à travers l’ensemble des Systèmes Occupés, de l’UC à Liber Astra, il croyait avoir réussi à refaire sa vie (et fuir ses poursuivants) quand il décrocha un job miteux pour Argos Extractors. C’était sans compter sur sa découverte extraordinaire d’un artefact lui offrant une vision qu’il ne comprend pas, il décide d’accepter l’offre du mystérieux groupe appelé Constellation et reprendra alors les armes dans l’espoir de se pardonner de ses vieux démons qui le nourrit et de découvrir l’origine mystérieuse de l’artefact ayant changer sa vie pour toujours. »

A l’aide de l’éditeur de votre personnage au début de votre partie, j’ai réussit à en extraire ce lore et ainsi me créer un passé de personnage extrêmement riche qui a des conséquences durant mon aventure. Le fait que je sois un soldat m’avantage dans les armes à feu dites balistiques et le fait que ma tête soit mise à prix m’offre parfois des moments assez « particuliers ». Pareil pour les origines qui sont un avantage quand je suis sur un territoire de l’UC et un inconvénient quand je suis chez Liber Astra.
Toujours au niveau lore, je pourrais aussi vous faire la timeline complète de Starfield tant celle-ci est à la fois riche, complète, passionnante et totalement dans son registre. A la fois pure Science Fiction comme je l’aime et d’une maturité exemplaire, le lore de l’univers de Starfield mériterait à lui tout seul des adaptations en livres afin de venir approfondir encore plus un univers qui me happe complètement. Rien que les évènements allant de 2194 à 2311, de la naissance du terme « Systèmes occupés », à la guerre entre l’Union Coloniale et Liber Astra en est un bon exemple. Sans parler de l’apparition des Horrimorphes, espèce extraterrestre ultra belliqueuse qui ferait passer les Réplicateurs de la série TV Stargate SG-1 pour des danseuses en tutu bleu, mériterait là aussi une adaptation en livre tant cela vaut vraiment le coup de développer davantage ce pan précis du passé de l’univers du jeu.
L’univers dépeint ici est d’une richesse absolument folle et d’une cohérence qui mérite un respect infini tant il réussit à marier tous les univers en un seul. Que ce soit les univers far west, cyberpunk, science fiction voir même de l’anticipation pure, chaque ville est unique et plonge le joueur et la joueuse partout où il se rend. Il n’y a qu’ à se rendre dans les villes d’Akila City (Système Cheyenne, sur la planète Akila), Cydonia (Système Sol, sur Mars), Néon (Système Volii, planète Volii Alpha), New Atlantis (système Alpha du Centaure, sur la planète Jemison) ou encore Paradiso (système Porrima, planète Porrima II) pour s’en convaincre au niveau de l’ambiance de chacune de ces villes. le travail d’immersion y est donc titanesque et le résultat final impressionne vraiment.

Outre la quête principale, que je n’ai pas encore, à l’heure actuelle, accomplie (c’est totalement assumé et expliqué dans ce test), vous pourrez effectuer moultes quêtes secondaires, de faction, annexes et autres « petites » activités qui feront rapidement grimper à la fois votre compteur d’heures, votre argent, vos ressources diverses et votre équipement, qui, à l’instar de Fallout par exemple, est régi par un système de rareté. De plus, vous pouvez décider d’accomplir votre aventure soit seul(e), soit avec un compagnon. De ce fait, vos premiers compagnons seront vos camarades de Constellation. De sa cheffe, Sarah Morgan (sur laquelle, j’ai un vrai coup de cœur), Vasco, Barrett, Andreja, Sam Coe et tant d’autres, vous pourrez soit vous lier d’amitié avec eux ou bien carrément vous marier avec eux, si tant est que votre relation se passe bien, puisqu’ils réagissent en temps réel à vos propos mais aussi vos actions. Ils peuvent aussi prendre part à une discussion houleuse et venir carrément débloquer une négociation pourtant mal engagée. Néanmoins, comme toute bonne œuvre de Bethesda qui se respecte, mis à part être une mule de luxe pour votre barda en trop et un petit gain après chaque dodo, tout se jouera sur leur personnalité. Par exemple, une large partie de la communauté sur les forums détestent profondément Sarah Morgan, alors que je trouve que son écriture et sa progression mérite qu’on lui prête une oreille attentive.

Dans le gameplay, je l’ai dit plus haut, vous pouvez choisir en temps réel (comme Fallout, Skyrim et consorts du studio) votre vue. Que ce soit en vue FPS et/ou en TPS, vous pouvez y jouer comme bon vous semblera, que ce soit à pieds ou aux commandes de votre vaisseau. Néanmoins, introduit durant l’une des mises à jour entre 2023 et 2026, la vue TPS est imposée dans les véhicules qui peuvent vous servir à explorer la surface des planètes. Concrètement, le gameplay à pieds se rapproche énormément de Fallout 4, avec son lot d’armes à feux (ou d’énergie), de corps à corps, de grenades et d’objets de soin. La petite nouveauté vient de votre scanner à l’aide de votre montre Chronomark qui vous aidera à scanner les planètes ainsi que leurs biomes afin de repartir avec de précieuses ressources qui vous aideront à accomplir des recherches de mod d’armes, d’armures, de nourritures et de soin afin de vous mieux vous équiper. De plus, vous pourrez vous lancer dans l’extraction de ressources planétaires à l’aide d’avant postes, qui rappelle le système de colonies de Fallout 4 mais ici bien plus travaillée de la part du studio.
Les possibilités dans les mécaniques de gameplay sont tellement riches et tellement travaillées que peu importe dans quoi vous vous lancez, vous pouvez être certains que le studio vous laissera toute latitude pour réussir votre entreprise. Vous souhaitez vous lancer dans l’extraction de ressources à grande échelle? C’est entièrement possible. Vous voulez vous créer le vaisseau de vos rêves les plus fous? C’est toujours possible. Vous voulez être un explorateur spatial? C’est encore possible et vous n’imaginez même pas la liberté offerte au joueur. Sans parler des options de personnalisation en ce qui concerne le gameplay afin d’augmenter ou diminuer les points d’expériences, Starfield vous offre la longitude et la latitude de vous créer la partie qui vous conviendra, soyez en certain(e)s.


Un mot sur le système de prise de niveaux et de points de compétences, sachez que vous ne serez pas dépaysés. Vous prenez un point de compétence lors de chaque passage de niveau que vous pourrez répartir dans l’un des nombreux arbres de compétences divisés en un certain nombre de branche. La petite nouveauté de Starfield étant que chaque compétence est régie par un système de niveaux de 1 à 4 que vous débloquerez en effectuant des actions bien précises. Par exemple, si vous prenez la compétence balistique, pour pouvoir l’améliorer, vous devrez effectuer un nombre de morts à l’aide d’une arme balistique. La particularité de ce système vient du fait que vous pouvez « coupler » des compétences entre elles. Par exemple, en même temps de faire évoluer la compétence « Balistique », vous pouvez très bien rajouter celle qui augmentera les dégâts faits à l’aide d’une arme de poing. Si tant est que votre arme de poing soit une arme balistique, vous pourrez donc augmenter deux compétences pour le prix d’une. Toujours à titre de comparaison avec Fallout 4, je trouve que le système de compétences a de réelles conséquences sur votre aventure et vous pourrez vous construire comme bon vous semblera.
Développé à l’aide du moteur Creation Engine 2, dérivé du moteur Gamebryo, en place depuis à minima TES V Skyrim, le moteur qui s’est vu (sur)boosté depuis Fallout 76 impressionne à la fois pour les choses qu’il doit gérer en temps réel mais déçoit dans le même temps puisqu’il s’en tire uniquement grâce à la direction artistique bien particulière de Starfield qu’on pourrait qualifier facilement de « NasaPunk ». Il impressionne puisqu’il affiche énormément de données différentes en même temps (au hasard, Starfield vous propose d’explorer pas loin de 1000 planètes différentes) mais cette liberté ébouriffante se paye cash sur la technique à partir du moment où l’on va sortir des sentiers balisés par les quêtes et se lancer dans l’exploration des planètes qui vous proposent d’explorer un large cadre où vous pourrez partir à l’aventure sans souci mais défini par des frontières appelées « Biome ». Pour être clair, admettons que vous vouliez explorer Mars à 100 %. Vous vous posez alors au nord de la planète. C’est alors qu’un biome d’une taille convenue à l’avance va se créer afin que vous puissiez l’explorer comme bon vous semble. L’illusion fonctionne parfaitement tant le terrain de jeu est immense mais pêche par le fait que Starfield, que ce soit sur Series X et sur PS5 Pro, freeze énormément quand on se lance dans l’exploration. Sans parler des très nombreux ralentissements vu notamment (je précise sur PS5 Pro) dans la ville de Néon quand on explore ses ruelles malfamées.

Un mot sur l’optimisation PS5 Pro maintenant. Sur le papier, la promesse de jouer à Starfield en alliant graphismes et performances est de l’ordre du factuel. Néanmoins, la petite particularité vient du fait que pour y jouer de la sorte, il vous faudra d’abord le calibrer en 30 FPS et activer le mode appelé « Special », qui lui va venir ajuster le tout. Pour y avoir joué à son jour de la sortie sur Series X (alors en 30 FPS et pas le choix), oui du chemin a été parcouru par le studio qui a su non pas accomplir un vrai miracle technique mais apposé des ajustements transformant ostensiblement l’expérience afin de la rendre la plus cohérente et fluide possible… Et ça marche ! Autant je reste réellement dubitatif sur l’optimisation PS5 Pro, autant le long chemin parcouru entre 2023 et 2026 se fait réellement ressentir et en effet l’expérience n’est pas du tout la même. De plus, sachez que les gâchettes adaptatives, les vibrations haptiques et le haut parleur de la DualSense offrent encore plus d’immersion par rapport à la version Series X.
La bande son, toujours orchestrée d’une main de maitre par Inon Zur (dois-je vraiment vous rappeler qui est ce compositeur de génie?), l’OST de Starfield lui offre une identité et un cachet uniques, contribuant une fois de plus à l’immersion du joueur. Elle est tout simplement marquante et m’offre parfois des pures moments de contemplation, comme par exemple quand je me pose dans le cockpit en observant la vue. Un mot sur le doublage, notamment français de très haute qualité, néanmoins desservi par une désynchronisation labiale des enfers (et ce depuis le premier jour de sa sortie sur Xbox et PC) mais aussi par le fait que la seconde extension sortie le 7 avril, Terran Armada, soit uniquement doublée en anglais! C’est particulier de découvrir qu’un même PNJ vous parlera en français pour vous parler en anglais juste après, non ?

Si je pouvais vous parler de Starfield et de son contenu gargantuesque durant des paragraphes entiers (je ne vous ai pas parler des crédistick et des aligneurs par exemple), je vais m’arrêter sur ce très long tour du propriétaire pour vous livrer mon avis sur le bébé de Bethesda. Je préfère vous prévenir, cela risque aussi d’être un peu long (plus que ça ne l’est déjà).
D’abord, petit retour en arrière de 3 ans, lors de la sortie sur Xbox Series X. Pour l’avoir parcouru pendant 170 heures, le 30 FPS imposé et son état technique que je jugeais alors de « compliqué » m’avait alors un peu refroidi et les tests d’autres jeux ont fait que je l’avais complètement laissé tomber. Je m’étais toutefois promis d’y retourner afin de reprendre ma partie en main et ainsi de le finir. La première extension Shattered Space sort et je n’y retourne pas. Les mises à jour se suivent et améliorent l’expérience et je n’y retourne toujours pas. Tout en surveillant du coin de l’œil ce que fait le studio avec le jeu, je me promet de reprendre ma partie dès que j’ai du temps… Sauf que l’annonce officielle de la version PS5 tombe et je me dit que ça y est! Tous les signaux sont au vert pour que je puisse lui donner la seconde chance qu’il mérite tellement!

Je vais rapidement écarté la question de la technique de cette version PS5 (Pro). Si il y a une vraie et nette différence entre ce que j’ai vu et joué en 2023 et maintenant, je ne comprends toujours pas pourquoi Starfield freeze sur PS5 Pro quand on se lance dans l’exploration d’une planète. Si cela me force à recourir très souvent à la sauvegarde rapide, je trouve que l’optimisation de la part du studio aurait pu (et dû) être meilleure que ce que je peux voir sur cette version PS5 sur PS5 Pro (les détails sont importants). Néanmoins, là où je vais être plus sévère, c’est le manque de respect fait au public français en nous privant de doublage français sur la toute nouvelle extension Terran Armada. Cela pourrait ne pas être contraignant, si à l’instar du prochain Forza Horizon 6, c’était du VOSTFR intégral de base mais ici le doublage anglais vient passer un coucou au doublage français. C’est vraiment dommage doublé d’une certaine amertume envers Microsoft qui semble ne pas vouloir améliorer sa relation avec les comédiens français faute d’une clause IA dans ses contrats (parce que le problème est réellement là). Je finirais sur une note positive, puisque je trouve remarquable la prise en charge des fonctionnalités de la DualSense qui offre une couche bienvenue et supplémentaire d’immersion.
Maintenant, la question que vous vous posez, c’est pourquoi je suis aussi dithyrambique sur ce Starfield alors que la majeure partie des critiques passées et actuelles (mais aussi au sein même de la rédaction) le trouvent « Mouif » (pour rappelle, son score Metacritic est de 85 sur PC, 83 sur Series X et enfin de 78 sur PS5)?

Tout simplement parce que Starfield ne s’adresse pas du tout à tout le monde pour commencer. Si le sujet de l’exploration spatiale, la conquête de l’espace, la Nasa, Space X et le sujet dans sa globalité vous en touche une sans faire bouger l’autre, oubliez complètement Starfield. Vraiment, passez votre chemin, vous n’aurez qu’une envie, c’est de le balancer dans le vide interstellaire. Pareil en ce qui concerne le studio. Quand bien même vous avez peut-être déjà accompli Oblivion, Skyrim ou Fallout 3/4/76 et que la formule vous sort par les yeux, passez outre, votre vie sociale vous dira merci. Pour se décider à donner sa chance à Starfield, il faut déjà avoir entre les mains la première donnée la plus importante qui soit: vous venez pour jouer à la formule que seul Bethesda est capable de faire à l’heure actuelle. Et ce n’est pas péjoratif, c’est factuel. Si je veux jouer à un Doom-like, je vais me tourner vers l’un des nombreux Doom disponibles et ainsi de suite. Hé bien, là c’est pareil. La formule que le studio utilise depuis à minima Morrowind sert avant tout de contenu pour un nouvel univers tout nouveau, tout beau, porté par une écriture et un lore qui s’adresse avant tout à un public bien précis et ne fait aucun effort pour les autres.
Ce qui, je trouve, est une bonne chose. Pourquoi je me perds dans le contenu secondaire de Starfield ? Parce que je ne veux pas que mon aventure se termine de sitôt. Il y a tant de choses à voir, explorer, expérimenter, accomplir que le simple fait de devoir me résoudre à ne faire que la quête principale me fait un petit pincement au cœur. L’aventure que je vis dans Starfield n’appartient qu’à moi, je suis mon propre capitaine et je me gère tout seul, en me créant mon propre tracé.

La seconde donnée la plus importante étant que vous allez devoir vous gérer tout seul. Quand bien même, il y a un cadre bien établi en place, des règles strictes servant la maturité et la crédibilité de son univers (à titre d’exemple, le studio à été conseillé par Space X sur l’astromoteur et l’Helium-3 ou que la Nasa a aidé au développement de la carte stellaire de la Lune), vous êtes totalement libre de vos faits et gestes. Vraiment. Personne n’est là pour vous prendre la main et vous dire quoi faire, à part l’intitulé de la mission et son emplacement, le reste vous regardant intégralement. Et cette liberté d’action me fait un bien fou, à tel point que pendant mes heures au travail, je ne pensais qu’à une chose : Starfield. D’ailleurs, si je dois le mettre de côté afin d’effectuer le test d’un autre jeu, je sais que j’y retournerais une fois que j’aurais fait le nécessaire, tant je n’ai pas envie de le quitter plus longtemps que de raison.
Si j’ai bien des écueils vis à vis de Starfield, par exemple le fait de ne jouer qu’un rôle de « gentil » (on peut toutefois être un gentil benêt mais disons qu’il faut ruser), j’aurais vraiment aimé que le studio permette aux joueurs de vraiment jouer le rôle qu’il veut et de l’assumer pleinement puisque dans certains dialogues, on sent, parfois, qu’on peut vraiment dépasser les bornes mais seulement quand on s’adresse aux méchants (pas gentils). Pareil du côté de la technique et du fait que je vois bien que le moteur maison commence à vraiment souffrir (mais qu’on l’abatte, vous voyez pas qu’il souffre?). Sans parler de cette désynchronisation labiale dans le doublage français qui fait peine à voir.
Mais tous ces défauts ne sont rien (ou presque) face aux immenses qualités de Starfield. Parce que oui, Starfield, et je l’assume volontiers, est un chef d’œuvre. Imparfait, cassé, maladroit par moments, mais le bébé de Bethesda Game Studios est un grand et beau RPG comme on en voit que trop rarement. En ce sens, mon devoir de joueur qui a l’extrême infinie chance de pouvoir rédiger des tests est de vous dire que oui, Starfield est une œuvre incomprise, peut-être pas en avance sur son temps mais qui ne mérite pourtant pas d’être autant jetée dans la boue comme j’ai pu lire et voir ici et là. Parce qu’il vous propose sa propre définition du genre RPG, à sa manière, et le fait en nous plongeant dans un univers qui vous attend (im)patiemment pour vous emmener dans les confins de son espace bourré de quêtes à faire, de crédits à amasser, de vaisseaux à construire, d’avant postes à ériger et de méchants à dessouder, le tout avec une quête principale qui vous propose de vous lancer à la poursuite d’un mystère digne des meilleures œuvres que le genre de la SF regorge en son sein.

Quand bien même ses défauts soient particulièrement graves, la somme totale de ses immenses qualités font que Starfield me marque et m’obsède quand il ne m’absorbe pas. Un chef d’œuvre incompris qui ne mérite pas les notes et les critiques négatives tant ce que je vois et fais durant mes longues heures manette en mains est aux antipodes des retours d’autres joueurs et journalistes spécialisés. Imparfait certes, dans sa formule, son exécution mais aussi sa technique dépassée mais son univers (inédit), son lore, sa direction artistique et son envie de nous offrir un RPG unique au sein de son genre fait que je suis obligé de saluer l’initiative. Je n’en ai certes pas fini avec Starfield (loin de là !) mais… Bravo Bethesda et merci pour cette douce et belle aventure dans votre définition de l’exploration interstellaire.

- Un univers inédit, mature et crédible
- La direction artistique, époustouflante
- Inon Zur, quel génie !
- Un sens certain de l’immersion
- Un contenu absolument gargantuesque
- Les options de personnalisations de l’expérience du joueur
- La création du passé du joueur, idée de génie
- Une durée de vie pratiquement infinie
- L’envie de ne plus le quitter une fois lancé
- Le doublage FR, de très grande qualité…
- Le mode photo !
- Oui, il y a une nette différence entre 2023 et 2026
- La prise en charge de la DualSense
- L’alliance des Traqueurs à Akila City !

- Le moteur, qui commence à rendre l’âme
- …La seconde extension, Terran Armada, non doublée en FR, c’est pas joli-joli tout ça
- J’aurais aimé que le studio aille encore plus loin sur notre personnage et ses possibilités de dialogues et de personnalités