
Quelques mois après la sortie de son dernier opus en juillet 2024, la saga The Legend of Heroes de Nihon Falcom, éditée par NIS America, est revenue avec un nouvel épisode. Suite directe du nouvel arc Through Daybreak sobrement nommée Trails Through Daybreak II est sortie le 14 février 2025, dans laquelle Van Arkride et son équipe d’Arkride Solutions ont repris du service pour une nouvelle affaire sur PS4, PS5, Nintendo Switch et PC en version numérique et en version physique (sur consoles uniquement) distribuée par Microids.


Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
Temps de jeu | Environ 45h |
Histoire terminée | Oui |
Complétion totale | 34% des trophées débloqués |
Difficulté | Facile |

Genre(s) | Action, Aventure, RPG |
Date de sortie | 14 février 2025 |
Prix (maximum conseillé) | 59€99 |
Plateforme(s) | PS4, PS5, Nintendo Switch et PC |
Voix | Anglais, Japonais |
Textes | Anglais, Japonais |
Connexion obligatoire | Non |

Quelques semaines seulement après les événements de Trails Through Daybreak, Van Arkride reçoit une visite inattendue qui l’informe d’une mystérieuse affaire de plusieurs meurtres. Une affaire qui touche Van d’assez prêt et qui le convainc donc rapidement de rejoindre l’enquête pour trouver le coupable. Mais très vite, il découvre que cette affaire va le mener, lui et son équipe, dans un cas de bien plus grande ampleur, à plus grande échelle, durant lequel ils n’abandonne pas la recherche de la huitième Genèse.
C’est donc le postulat de départ de ce Trails Through Daybreak II qui démarre tambours battants sur une nouvelle enquête à mener. Une affaire qui ne sera pas sans rappeler les événements de son prédécesseur, leur étant directement liés d’une façon ou d’une autre. La narration se voit agrémentée d’un système de saut dans le temps, scripté, lorsque l’équipe se heurte à un échec (cuisant). Une façon d’aborder le scénario de plusieurs façons différentes assez intéressante, mais qui rallonge aussi énormément la narration. De plus, au fil que les heures défilent et que les indices sont découverts, cette nouvelle aventure pour Arkride Solutions va également se lier à de (très) vieilles affaires, se liant directement à toute l’entièreté de la saga, dont je tairai évidemment les enjeux afin de laisser la surprise intacte. A la question, peut-on commencer la série avec cet épisode, la réponse est en demi-teinte puisqu’il est conseillé d’avoir à minima terminé le premier opus de ce nouvel arc.

Malheureusement, une fois de plus, la série Trails tombe dans ses vieux travers avec un rythme haché, souffrant de bien trop nombreux temps morts dans sa narration et de (trop) nombreuses longueurs. En découle une narration qui pourra perdre ses joueurs, et pour être tout à fait honnête, il m’a perdu en cours de route, me faisant décroché à de très nombreuses reprises. Force est de constater, après 4 opus de la saga terminés, que je dois me rendre à l’évidence, Trails n’est pas une série faite pour moi tant je peine à m’immerger dans son univers et dans ses scénarios. Si elle sait ravir à merveille ses fans de la première heure, elle peut se révéler être narrativement peu accueillante pour les nouveaux venus (surtout quand on sait qu’elle ne dispose d’aucune localisation française que ce soit).
Pour autant, le scénario de Trails Through Daybreak II se trouve quelques qualités notamment l’implication grandissante de son casting, ce qui pouvait parfois faire défaut au précédent épisode. Ici, l’équipe de Van n’est pas la seule à être mise en avant, permettant ainsi à de nombreux personnages, pour ne pas dire tout le casting, d’être impliqués dans cette affaire et de façon plus récurrente. Et ce, en premier lieu, grâce aux deux premiers actes qui se scindent en 2 groupes bien distincts vaquant à leurs enquêtes respectives pour faire avancer cet immense schmilblick.

Je ne reviendrai pas en détail sur une partie du gameplay. En effet, les mécaniques principales sont de retour, les Arts, les Crafts, le système de Quartz et d’Orbments, les 4SPGs en guise de missions secondaires, bref tout est là pour ne pas se sentir dépaysés au lancement du jeu après avoir arpenté Trails Through Daybreak. Cela dit, et je salue l’effort, là où je reprochais à ce dernier de nous obliger à terminer de nombreuses quêtes secondaires, cette suite est bien plus permissive de ce côté là, nous laissant le choix de s’atteler aux activités facultatives quand cela nous chante (ou presque, le passage à certains moments clés de l’histoire nous prévenant que les affaires en cours non bouclées disparaitront).
Toutefois, Trails Through Daybreak II se dote de nouvelles mécaniques de gameplay fort appréciables (ou pas, mais j’y reviendrai). En premier lieu, il apporte une toute nouvelle mécanique de scan qui permet, comme son nom l’indique, de scanner les environs pour trouver des indices ou encore suivre des pistes. Si cette mécanique se fait assez rare dans l’histoire principale, elle se voit bien mieux exploitée dans le contenu secondaire, ce qui reste assez dommage, mettant tout bêtement le côté enquête au profit d’une narration scriptée moins libre.


Du côté des combats, le gameplay renforce l’idée de combattre en équipe. On retrouve donc la possibilité de voir un de nos coéquipiers attaquer après nous si tant est que nous en sommes assez proches. Mais pour renforcer cet aspect, on découvre la possibilité de créer une « EX chain« , autrement dit la possibilité de voir se déclencher une attaque en duo permettant de décupler les dégâts infligés aux ennemis.
De nouveaux coffres font également leur apparition. Bouclés à l’aide d’un système de verrouillage électronique, il faudra passer par la case piratage pour pouvoir voir leur contenu. On y contrôle un drone qu’il faudra guider jusqu’à la sortie en un laps de temps limité, le tout sans se faire prendre. Une idée qui apporte là encore un peu de diversité au gameplay mais dont les mécaniques de déplacement sont particulièrement hasardeuses.

En plus de pouvoir explorer Edith et ses alentours pour terminer les quêtes secondaires, cet épisode introduit un nouveau lieu: le Märchen Garten qui a sa propre histoire. Un lieu totalement facultatif, composé de plusieurs étages, dans lesquels il faut terminer des objectifs (tuer x ennemis de telle ou telle taille, etc…) pour pouvoir avancer et atteindre le boss de l’étage. Un endroit propice au farm mais qui permet aussi de ressortir avec les poches pleines de récompenses en tout genres. Globalement, Trails Through Daybreak II a su garder les bases du gameplay si chères à la série tout en s’agrémentant de quelques nouveautés pour ne pas tomber dans la répétitivité maladive et l’impression de déjà-vu et déjà fait. Il en résulte donc manette en main un jeu qui saura se montrer efficace grâce aux mécaniques déjà connues tout en proposant quelques nouveautés bienvenues qui cassent un peu la routine.

S’il reste dans la lignée de son prédécesseur, loin des standards du photo réalisme, Trails Through Daybreak II n’en reste pas moins un très beau jeu. Son character design est toujours aussi réussi, sans oublier ses environnements colorés et son bestiaire toujours aussi varié. La mise en scène est, quant à elle, toujours un peu en retrait mais saura également proposer son lot de scènes tonitruantes et de très belles animations, notamment lors des combats grâce au casting de nombreux personnages.
L’OST est elle aussi égale à elle-même, dans le bon sens du terme. Les compositions de Hayato Sonoda, Shuntaro Koguchi, Yukihiro Jindo, et Mitsuo Singa (qui font maintenant partie des meubles de Falcom pour les séries Ys et The Legend of Heroes) sont toujours aussi efficaces pour apporter héroïsme et instants épiques au scénario, apportant également de nombreux moments de tensions.


Alors que je voyais le générique de fin défiler devant mes yeux, une réflexion m’a frappé de plein fouet: il faut que j’arrête avec la série Trails. Ce n’est pas faute de vouloir m’y investir, m’y plonger, m’y intéresser et de vouloir l’aimer à tout prix, mais c’est tout simplement une série à laquelle je n’arrive pas à m’accrocher. Et la principale raison est simple: le rythme de sa narration et de ses scénarios finissent par me perdre et me faire décrocher totalement. Et je me dis que finalement, il est peut-être temps d’arrêter d’insister et de la laisser à ceux qui l’apprécient comme elle est. Alors que j’avais réussi à m’accrocher à Trails Through Daybreak, cette suite, sans être à jeter, très loin de là, m’a rappelé que c’est une série qui a plus tendance à s’adresser à ses fans, ses vrais, et qui continue de faire ce qui leur plait. Malgré cela, Trails Through Daybreak II a également su gommer les défauts de son prédécesseur en y impliquant bien plus l’entièreté de son casting (Elaine, à jamais en tête d’affiche dans mon cœur) mais aussi en introduisant de nouvelles mécaniques de gameplay et nouveaux lieux à arpenter. Mais il temps pour moi de tirer ma révérence sur cette saga, à contre cœur malgré tout.

- L’entièreté du casting impliqué dans le scénario
- De nouvelles mécaniques de gameplay rafraichissantes…
- Le Märchen Garten, un donjon avec sa propre histoire
- Le gameplay toujours aussi grisant et efficace
- L’OST égale à elle-même, somptueuse
- Beaucoup moins de missions secondaires obligatoires, c’est appréciable

- Une narration qui souffre toujours de trop nombreux temps morts
- …Mais trop peu exploitées dans l’histoire principales
- Les déplacements lors des piratages hasardeux
- Encore et toujours pas de localisation française (ce qui aurait pu aider à s’immerger dans le scénario)