
Deux ans après son annonce, Space Adventure Cobra: The Awakening débarque enfin sur nos consoles et PC ! Adaptation du très célèbre Space Adventure Cobra (ou tout simplement Cobra pour les intimes) de Buichi Terasawa, il nous propose donc de (re)vivre les fameuses aventures du plus filou des aventuriers de l’espace, le seul à avoir osé tenir tête aux pirates de l’espace. Space Adventure Cobra: The Awakening débarque sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et PC dès le 26 août. J’aurais aimé revenir vers avec tout mon amour mais cette adaptation se veut plus être opportuniste que vraiment respectueuse des amoureux du personnage que rien ni personne ne peut arrêter (sauf cette adaptation en demi teinte malheureusement).

Version | Dématérialisée sur PS5 Pro, fournie par l’éditeur |
Temps de jeu | 11 heures |
Histoire terminée | Non |
Complétion totale | 41% pour 17 trophées obtenus sur 33 |
Difficulté | Facile (Johnson) |

Genre(s) | Action, Plateformes, Science Fiction, Adaptation |
Date de sortie | 26 août 2025 |
Prix (maximum conseillé) | 49.99€ |
Plateforme(s) | PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et PC |
Voix | Français, Anglais, Japonais |
Textes français | Oui |
Connexion obligatoire | Non |

Avant de se plonger dans les méandres de cette adaptation, retour sur le chef d’œuvre intemporel de Buichi Terasawa. D’abord prépublié dans le magazine Weekly Shōnen Jump de l’éditeur Shueisha entre 1978 et 1984, Space Adventure Cobra sera ensuite compilé en 18 tomes. L’action se passe très loin dans le futur, au 24ème siècle. Il y raconte les aventures de Cobra, accompagné de sa fidèle Armanoïde et équipé, à son bras gauche, de son surpuissant Rayon Delta (ou Psychogun), une arme qu’il est le seul à posséder. A eux deux, ils vont défier le puissant conglomérat des pirates de l’espace. A la suite d’un casse ambitieux, Cobra se verra être pourchassé à travers la galaxie entière. Lassé de cette traque, il se fera effacer la mémoire puis subira une opération de chirurgie esthétique visant à lui changer son visage. 5 ans plus tard, un homme mystérieux nommé Johnson recouvre la mémoire et se souviendra alors s’appeler… Cobra ! C’est ainsi que, contraint par le destin, Cobra n’aura pas vraiment le choix que de s’attaquer à nouveau aux pirates de l’espace, mené par l’Homme de verre, un ennemi redoutable qui n’aura de cesse que de vouloir éliminer Cobra par tous les moyens.

Après le manga papier, vint ensuite l’adaptation en animé, créée par Akio Sugino et Osamu Dezaki qui adaptera l’œuvre en 31 épisodes d’une durée de 24 minutes. Diffusée chez nous à partir du 20 février 1985 dans l’émission Cabou Cadin sur Canal+ et à partir du 9 septembre 1985 dans l’émission Récré A2 sur Antenne 2, elle sera menée par les voix françaises de Jean-Claude Montalban (Cobra) et Danielle Volle (Armanoïde), des milliers de personnes ont été marqués par le générique français, composée par Jacques Revaux et Jean-Pierre Bourtayre, interprétée par Olivier Constantin. On se souviendra toujours de la dernière phrase « Mais votre roi est là…et votre roi c’est Cobra! », n’est-ce pas ? Je ne reviendrais pas sur la nouvelle série sortie en 2010 ainsi que les différents OAV (Originale Animation Vidéo) mais sachez qu’ils nous offrent à chaque fois des aventures supplémentaires du plus attachant des filous de l’espace.

Développée par le studio Magic Pockets, fort de son expérience sur plus de 60 jeux vidéos au cours de sa longue existence depuis 2001 et édité par Microids, Space Adventure Cobra reprend fidèlement l’œuvre, proposant l’intrigue à partir du moment où Johnson se souviendra être Cobra jusqu’à la fin d’un arc particulier, sans non plus aller jusqu’au bout de l’œuvre traitant donc les 12 premiers épisodes. L’occasion de traiter en long, en large et en travers l’arc sur l’Homme de verre et sa poursuite du trésor de Nelson. Vous me connaissez, même si je pense qu’en termes d’années maintenant il y a prescription, je vais m’abstenir de tout spoil que ce soit.
Découpé en niveaux, cette adaptation vidéoludique alterne plateformes en 2D (et même parfois en 3D !), bastons en arènes et cinématiques, directement reprises de la version remasterisée de l’animé. Néanmoins, nous ne sommes pas en présence d’un Metroidvania, puisque votre objectif sera de parcourir les niveaux le plus vite possible à l’instar du personnage qui ne fait que courir (quand il ne drague pas une jolie fille bien sûr) et de façon linéaire. Reprenant fidèlement tout l’attirail de notre intrépide héros (son laser, son cigare, son pistolet, ses bottes et ainsi de suite, le studio a tout fait pour mettre les petits plats dans les grands en étant le plus respectueux possible.

Sachez également que des collectibles servant à la fois à décorer votre vaisseau ainsi qu’a augmenter les attributs de Cobra vous attendent sagement dans les différents niveaux afin d’augmenter la vie, son mental (qui sert pour diriger manuellement le faisceau du laser) et ainsi de suite. Proposant trois modes de difficultés allant de facile à difficile, d’un mode solo et coop en local qui vous fera incarner Cobra et/ou Armanoïde dans des niveaux séparés de l’histoire, le contenu y est ainsi conséquent, sans non plus vouloir tirer sur la corde de la longueur inutilement. Il y a de quoi faire et si jamais vous êtes perfectionniste, sachez que vous pourrez refaire les niveaux déjà parcourus afin de battre votre temps mais aussi récupérer les différents collectibles non glanés auparavant.
Si je n’ai pas l’information du moteur graphique ici à l’oeuvre, Space Adventure Cobra The Awakening tourne sans aucun souci sur PS5 Pro. Très fluide en 60 FPS, sans aucun problèmes d’ordre technique. Les cinématiques, directement reprises de l’animé, sont affichées correctement en 16/9, point sur lequel il faut insister. Si la bande son ici présente n’est pas celle de l’animé, je trouve qu’elle se débrouille plutôt pas trop mal. Un mot sur le doublage français. Si, hélas, on ne retrouve pas Jean-Claude Montalban, c’est Jérémie Bardeau qui s’y colle et honnêtement, je trouve qu’il s’en sort avec les honneurs. De plus, j’ai remarqué que le personnage du colonel Schultz est doublé par Arnaud Léonard, la voix française de Maximilien Pegasus dans Yu-Gi-Oh !

Maintenant que le tour du propriétaire est fait, place à mon avis. Tout d’abord, sachez que je connaissais l’œuvre au travers de son adaptation en animé depuis que je suis tout petit. J’ai vu un certain nombre de fois Cobra pour que le personnage et ses folles aventures m’aient marqué durablement. J’attendais donc de pied ferme cette adaptation vidéoludique, tout en sachant pertinemment que les jeux de plateformes ne sont pas mon fort mais je souhaitais vraiment aller à l’encontre de ma zone de confort pour pouvoir couvrir la sortie du jeu et lui donner sa chance. La partie plateforme peut « passer », malgré le fait de ne pas trop savoir vers qui l’adaptation s’adresse. Est-ce un public néophyte comme moi ou les vrais connaisseurs qui pourraient avoir là un défi à leur taille ? Je n’ai pas la réponse à cette question après 11 heures de jeu… Car en effet, au fil des heures et du déroulement de l’histoire, ce ne sont finalement pas les plateformes qui m’auront posé le plus de fil à retordre…
En effet, ce qui m’a posé le plus de soucis, c’est la difficulté exacerbée du titre, qui, en mode facile, est tout simplement beaucoup trop difficile pour moi. Les ennemis infligent énormément de dégâts, redonnent très peu de vie et très souvent je me suis retrouvé avec une barre de vie quasiment épuisée après une bonne grosse baston. Si, au début, le tout fait illusion et j’ai effectivement passé un très bon moment, puisque je me suis accroché, c’est au chapitre 8.2 que je me suis rendu compte d’un énorme souci d’équilibrage dans la difficulté. Sans vouloir rentrer dans les détails et vous spoiler inutilement, le jeu a décidé de me mettre un très gros stop et j’ai été obligé de prendre une décision de bon sens : stopper ma phase de test sur ce Space Adventure Cobra The Awakening afin d’éviter de perdre du temps et de l’énergie, absolument vitale pour moi en ce moment, que ce soit dans ma vie pro et lorsque je vous écris des tests. Plus loin encore, cette seule mission a mis en lumière tous les défauts de gameplay dont il peut souffrir. Outre la difficulté, il manque finalement de réactivité pour un jeu du genre, qui s’est tout de même enticher pour les cabrioles à la façon de certains Metroidvania (tout en en étant pas un, je le rappelle). Après de nombreuses heures et autant d’essais, il m’a fallu me rendre à l’évidence: peut-être que ce jeu qui devait avant tout transpirer la nostalgie et une madeleine de proust ne m’est finalement pas adressé.

Toujours sans rentrer dans les détails, je trouve qu’un jeu vidéo se doit avant tout d’être « fun » en quelques sortes, et devrais savoir s’adapter à tous les types de joueurs, surtout pour ce genre bien précis et j’ai le regret de vous annoncer que je ressors de l’expérience extrêmement déçu. J’en attendais pas forcément une montagne mais juste le strict minimum, ce que je n’ai pas eu ici, en tout cas le plaisir et la nostalgie du début se sont peu à peu estompés jusqu’à se transformer en frustration. Ce qui est dommage puisque je considère qu’on peut être en « droit » d’attendre mieux et plus d’une adaptation de Cobra. Ici c’est le strict minimum qui a été produit, à la limite même de l’opportunisme commercial, le genre de production qu’on retrouvait énormément à l’époque de la PS360, le respect en moins, bien évidemment. Je pourrais bien être moins sévère mais quand c’est un studio qui a tout de même développé plus de 60 productions depuis 2001, je me permets tout de même de poser une question toute bête : le public visé a-t-il été évoqué pendant le développement du jeu? Car en l’état, difficile de savoir si c’est aux « hardcore gamers » qu’il s’adresse ou aux joueurs occasionnels nostalgiques d’un dessin animé de leur enfance.



C’était armé de toutes les bonnes intentions, avec une vraie volonté de sortir de ma zone de confort, que je me suis lancé dans cette adaptation de Cobra, et ce serait mentir que de dire que je ne l’attendais pas un minimum, mais force est de constater que j’ai avant tout perdu un temps plus que précieux, plus particulièrement à l’approche des derniers niveaux du jeu. Ce qui est dommage puisque les bases sont correctes mais l’exécution pêche. Il n’empêche que tout n’est pas mauvais non plus ni à jeter, les cinématiques utilisant l’animé par exemple, la bande originale, ainsi que la prestation de Jérémie Bardeau, qui s’en sort bien. Malheureusement, en ce qui concerne le gameplay et la difficulté exacerbée, même en facile, il faudra plus qu’un patch pour revoir la copie, puisque des soucis de jouabilité empêchent de passer un bon moment manette en main, surtout si on en attendait un vrai moment de nostalgie et non pas un die & retry nauséeux. Bien que souvent critiqué pour sa technique, Goldorak: Le Festin des Loups s’en était bien mieux sorti de ce côté là, et Space Adventure Cobra: The Awakening aurait pu être l’adaptation que la génération Club Do attendait, si le studio n’était pas tombé dans le piège de la mode à la course à la difficulté.

- Les cinématiques, utilisant l’animé en 16/9, très bonne idée
- La prestation de Jérémie Bardeau
- Le doublage français dans sa globalité, du beau travail
- Graphiquement, on retrouve la « patte » de l’œuvre

- Des très gros soucis de gameplay
- Une difficulté exacerbée, y compris en facile
- Répétitif
- Une adaptation avant tout opportuniste que respectueuse de son matériel
- Absence des musiques originales, surtout le main thème français
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