
Après Monster Hunter Stories (2016, Nintendo 3DS) et Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin (2021, Nintendo Switch), le spin-off en tour par tour de la série de chasse aux monstres de Capcom revient pour un troisième épisode: Monster Hunter Stories 3: Twisted Reflection, dont la sortie est prévue le 13 mars 2026 simultanément sur Nintendo Switch 2, PS5, Xbox Series S|X et PC. Alors que j’avais arpenté les 2 premiers chapitres du titre il y a un mois pour vous en proposer mes premières impressions, il est temps maintenant de vous proposer le test du jeu complet après pas moins de 60h au compteur. Une formule déjà fort solide qui réussit à se renouveler? C’est la question à laquelle je vais tenter de répondre dans les paragraphes qui suivent.

| Version | Numérique sur Xbox Series X, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 60h |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 54% de complétion du jeu (quêtes, monstropédie, etc) |
| Difficulté | Unique |

| Genre(s) | Action, Aventure, Solo, RPG, Tour par Tour |
| Date de sortie | 13 mars 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 69.99€ |
| Plateforme(s) | Nintendo Switch 2, PS5, Xbox Series X|S et PC |
| Voix | Anglais, Japonais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

Si vous aviez fait les épisodes précédents, le début de Monster Hunter Stories 3 ne vous surprendra pas. Tout commence par une mission d’exploration d’une équipe de Riders revenant au bercail avec un œuf cristallisé, victime du phénomène de l’Empiètement. Son éclosion donne naissance à non pas un mais 2 Rathalos, un événement de bien mauvaise augure dans la région d’Azuria. L’un d’eux vous est confié, prince ou princesse héritière au trône d’Azuria, Capitaine des Riders, une équipe de Rangers qui doit s’assurer de la préservation de la vie des monstres dans leur habitat naturel.
Outre un contexte déjà connu dans les deux précédents épisodes, la naissance providentielle de Rathalos, Monster Hunter Stories 3 apporte ici une nouvelle dimension à son scénario qu’il pose dans un contexte géopolitique particulièrement difficile dans lequel s’affrontent sans relâche Azuria et la région de Vermeil. Avec votre équipe composée de Riders aguerris mais aussi néophytes, vous allez devoir transgresser quelques règles pour enquêter sur cet étrange phénomène de cristallisation qui menace son monde entier.

Tout en gardant son fond de « pouvoir de l’amitié » entre humains et monstres (appelés Monsties), Monster Hunter Stories 3 passe le cap du ton enfantin des premiers épisodes pour apporter une dose de maturité encore jamais explorée dans cette série de spin-off sans en oublier son identité pour autant. Son contexte, son groupe de Riders central, sa direction artistique, mais aussi sa mise en scène, tout sert ici cette nouvelle approche qui souhaite se rapprocher des standards scénaristiques des JRPG (dans un contexte similaire on pourra citer Final Fantasy XVI, mais aussi, dans une moindre mesure Octopath Traveler, ou encore la série des Trails) et s’éloigner de la comparaison bête et méchante à Pokémon. Ici, le lien entre humains et monstres se veut moins « naïf », moins candide et sert un propos plus sombre, plus adulte se rapprochant du ton utilisé dans la série principale. Ton que l’on retrouve aussi dans les histoires secondaires de nos coéquipiers et permettent de leur apporter de la profondeur pour nous attacher à eux. Sa narration, quant à elle, se veut être plus épique que jamais, avec des twists et des scènes spectaculaires, ce qui pouvait parfois manquer aux épisodes précédents. Sans oublier une très légère dose de fan service, fort bien amenée, adressée aux joueurs de la première heure.
Manette en main, là encore, les aficionados à la série se trouveront en terrain connu puisque ce troisième volet reprend les bases de ses prédécesseurs: un gameplay en tour par tour, certes, toujours avec son fonctionnement inspiré du « shifumi ». Les attaques de force, de vitesse et de technique si importantes pour les duels sont évidemment de retour, ainsi que les mécaniques propres à Monster Hunter, autrement dit la destruction des parties de monstres. Une formule déjà solide dans le premier épisode, plus aboutie dans le second, et qui sera ici reprise notamment avec le port de 3 armes différentes (parmi 6 variantes). Mais il fallait bien apporter un peu de nouveauté à ce troisième épisode, et cette nouveauté réside dans l’apparition d’une nouvelle barre appelée « Âme wyverne », qui s’apparente surtout à un bouclier ou une garde (et soyons fous, tentons la comparaison, à la barre de choc d’un Final Fantasy). En d’autres termes, si l’objectif des affrontements est évidemment de réduire la barre de vie à 0, il faudra également se concentrer sur cette nouvelle mécanique qui permettra d’utiliser (et si possible abuser de) la Ruée Synchronisée (similaire aux All-Out-Attack de la série Persona) pour faire des dégâts décuplés.

Pour le reste, Monster Hunter Stories 3 a su garder ce qui fonctionnait déjà très bien dans la formule initiale: une équipe de 2 personnages et de leurs Monsties, dans laquelle seul votre personnage et votre Monstie sont contrôlables, la jauge d’amitié qui permet, une fois remplie, de monter votre monstre présent sur le terrain, l’exploitation des faiblesses et résistances aux divers éléments ainsi que le Rite de Transmission de gênes, plus poussé, et mieux exploité également.
Si on peut estimer que ce seul ajout ne transcendera pas forcément la formule en combat, il ne faut pas mésestimer le fort attrait pour une stratégie bien établie pour vaincre les différents monstres qui se mettront sur notre chemin. Et c’est là que ce Monster Hunter Stories 3 brille véritablement: grâce à son bestiaire. Outre des monstres tout à fait classiques, mêlant monstres emblématiques de la licence issus des nombreux épisodes de la série principale, mais aussi nouvelles mutations, MHS3 introduit de toutes nouvelles « classes » de monstres dans sa formule. Si on pourra rencontrer et affronter des Dragons Anciens Calamiteux, nous pourrons également rencontrer des monstres dits furieux ainsi que des monstres invasifs, tous servant évidemment ce penchant stratégique à adopter mais également ses propos et son monde ouvert ou plutôt ses régions ouvertes.

En effet, la seconde nouveauté apportée à ce troisième épisode est la « restauration d’habitat ». Une fois un œuf de monstre éclos vous aurez le choix de le garder pour éventuellement l’ajouter à votre équipe de Monsties (composée de 6 monstres maximum) et vous servira en combat ou en exploration (notamment grâce à ses capacités de nager, grimper, voler, etc) ou le relâcher dans les zones de chaque région (4 régions au total) disposant d’un camp. Cette nouveauté a plusieurs objectifs. Rendre d’une part chaque région évolutive, on peut par exemple restaurer l’habitat d’un Yian-Kut-Ku dans une région où il n’apparaît pas initialement, mais aussi restaurer l’habitat de monstres en voie de disparition dont les œufs sont fort bien gardés et enfin débloquer les mutations de monstres à l’image de la Rathian et sa variante Rathian Sakura.


En d’autres termes, MHS3 se veut être d’une générosité ébouriffante tant on ressent cette envie, presque maladive, de tout explorer, tout débloquer, faire toutes ses quêtes et histoires secondaires, de façon totalement naturelle. On prend un plaisir monstre (sans mauvais jeu de mots) à découvrir ses secrets de jour comme de nuit, à remplir notre Monstropédie comme on remplirait un Pokédex, à arpenter chaque zone de fond en comble. Et en 60h de jeu, autant vous dire qu’il me reste énormément de choses à faire. Toutefois, cette envie a un certain prix: celui de l’exigence. Si l’histoire principale se fait sans que le jeu ne vous résiste vraiment, hormis quelques combats plus ardus, se frotter à certaines espèces et certaines classes (au hasard les monstres invasifs) vous demandera un peu plus de rigueur dans votre stratégie, votre équipe et vos équipements car tout le farming du monde ne suffira tout simplement pas. En d’autres termes, MHS3 se veut certes accessible aux nouveaux arrivants mais dispose également de son lot de défis pour les plus acharnés (et habitués).

Mais cette envie de tout voir passe aussi par la qualité globale de son monde et ses régions toutes différenciées par un biome et une ambiance différente, par un level design qui explore tout autant l’horizontalité que la verticalité qui nous pousse à l’exploration quasi constante. Le monde d’un MHS n’a jamais été aussi agréable à arpenter par tous ces aspects que par son glow-up graphique mené par un RE Engine parfaitement maitrisé (ou presque). S’il garde évidemment le cel-shading des premiers épisodes qui tranche drastiquement avec le photoréalisme de la série principale, la maturité de ses propos se retrouve également dans la construction de ses régions, leurs couleurs, leurs ambiances, leur architecture, et j’en passe. MHS3 est graphiquement superbe le tout appuyé par une direction artistique subjuguante et une technique quasi irréprochable.
Doté de 3 niveaux de qualité différents (Performances, Equilibré et Graphismes) sur Xbox Series S|X et PS5, permettant à chaque joueur de privilégier ses préférences en termes de fluidité et de qualité visuelle, j’ai pour ma part opté pour le mode Graphismes au détriment des 60 FPS du mode Performances. Si le jeu est globalement très fluide, ce mode fera malgré tout apparaitre quelques chutes de framerate de façon sporadique selon les régions. Je salue toutefois, en 60h de jeu, l’absence totale de bugs en tous genres. Enfin, il me faut vous avertir sur l’importance des réglages de luminosité qui manquent de finition et dont les réglages conseillés ne sont pas optimaux. En effet, lors de ma session preview j’avais remarqué la présence d’un voile blanc sur le jeu. Ne sachant pas s’il s’agissait du jeu ou si j’étais un cas isolé (potentiellement dû à mon écran ou mes réglages) je n’en avais pas parlé volontairement. Après plusieurs bidouillages in-game, non sans être fastidieux, j’ai réussi à optimiser les couleurs, rendre les noirs plus profonds et effacer cet effet de voile blanc qui ternissait un peu la colorimétrie.
En réglant avec les conseils du jeu
En bidouillant plus en profondeur


Terminons par l’OST de ce MHS3. Composée par Yuko Miyata (MHS2: Wings of Ruin), secondée par Akihiko Narita (nombreux épisodes de MH, Resident Evil 5 et 6, DMC 4) et Kodai Ikeda (Exoprimal, Capcom Fighting Collection) offrent une bande originale de très haute volée. Et que dire de plus si ce n’est qu’à chaque moment elle est absolument incroyable. Si le main theme reste inchangé bien que retravaillé pour le rendre encore meilleur, la totalité des pistes du jeu est marquante à souhait, épique, magnifique, sublime, [ajoutez tous les superlatifs que vous voudrez]. Un régal auditif à chaque instant.


Alors que je voyais les crédits défiler devant mes yeux après une cinquantaine d’heures, je n’avais qu’une seule envie: repartir à l’aventure pour continuer d’explorer, retrouver toutes les espèces disparues, débloquer tous les camps, bref tout faire. Et malgré mes 60h de jeu, il me reste encore un long chemin à faire. Monster Hunter Stories 3: Twisted Reflection n’est pas seulement le troisième épisode d’une série que j’affectionne déjà. Avec finalement peu, il a réussi à se renouveler tout en conservant ce qui faisait ses forces. Il a pris en maturité afin de s’émanciper de la comparaison à Pokémon et se rapprocher des standards plus adultes du JRPG. Si les Stories réussissaient déjà à réutiliser le sel de la série principale et à l’adapter dans un genre tout autre, MHS3 réussit à approfondir, sans la transcender, une formule déjà solide. De son scénario, à son écriture, en passant par sa mise en scène, sa direction artistique retravaillée et sublimée, son OST, et ses nouveautés de gameplay, il est à ce jour, l’épisode le plus abouti, mais aussi le plus addictif de ce spin-off devenu une série à part entière. Il est ce que Persona est à Shin Megami Tensei, ce que Judgment est à Yakuza/Like A Dragon, la revisite d’un univers qui n’avait plus rien à prouver et qui à chaque épisode réussit l’exploit de nous faire en redemander.

- Un univers qui a pris en maturité de toutes parts
- Une générosité ébouriffante
- Le bestiaire très bien fourni avec ses différentes « classes »
- La restauration d’habitat, qui apporte une vraie interaction avec le monde
- Le tour par tour inspiré de « shifumi » toujours aussi efficace
- L’OST de très haute volée

- Quelques chutes de framerate si et là (en mode Graphismes)
- Les réglages de luminosité fastidieux