
Dévoilé en août 2024, à une journée près, il y a un an jour pour jour, Herdling est le nouveau jeu du studio suisse allemand basé à Zurich, Okomotive, que vous avez peut-être découvert avec FAR: Lone Sails en 2018 et sa suite FAR: Changins Tides en 2022, édité par Panic. Mais l’épopée d’Herdling a reçu plus de visibilité lors du Future Games Show Summer Edition de cette année et plus récemment dans l’Indie World diffusé par Nintendo il y a quelques jours seulement, lui permettant de nous dévoiler sa date de sortie, fixée au 21 août 2025 sur PS5, Xbox Series S|X, PC et Nintendo Switch. Après avoir terminé ce court voyage, me voilà donc prête à vous en livrer mon avis. Herdling, la beauté à l’état pur?

Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
Temps de jeu | 4 heures |
Histoire terminée | Oui |
Complétion totale | 26/31 trophées débloqués pour 78% |
Difficulté | Unique |

Genre(s) | Aventure, Exploration, Solo |
Date de sortie | 21 août 2025 |
Prix (maximum conseillé) | 23.99€ |
Plateforme(s) | Xbox Series S/X, PC, PS5 et Nintendo Switch |
Voix | / |
Textes français | Oui |
Connexion obligatoire | Non |

Herdling nous met dans la peau d’un jeune garçon dont on ne sait rien, ni son identité, ni son histoire, ce qu’il fait là, si ce n’est qu’il se réveille sous un pont pendant la nuit dans un ville morte, presque à l’abandon. Alors qu’il arpente la ville à la seule lueur de quelques réverbères et de phares de voitures, il tombe nez à nez avec un immense animal, nommé calicorne, piégé. Après l’avoir secouru, ce drôle d’animal aux grands yeux ronds et aux cornes proéminentes accepte de le suivre. Au détour d’une pancarte en ville, les voilà déterminés à suivre une expédition au cœur de la nature, à la recherche d’autres calicornes, guidés par de mystérieuses fresques. Un voyage semé d’embuches, de dangers et d’obstacles les attend…

Voilà en quelques lignes les 5, peut-être 10, premières minutes d’Herdling qui gardera tout au long de cette expédition une narration très discrète, voire même floue et énigmatique qui ne se manifestera finalement concrètement qu’à quelques passages clés. Sans avoir recours aux mots, c’est par le biais de son atmosphère et son ambiance qu’Okomotive a décidé de nous faire voyager dans cette cavalcade de mystérieuses créatures. Un périple en pleine nature, dépaysant au possible, d’une extrême beauté, au sens propre comme au figuré, qui réserve bien des surprises, mais aussi ses dangers et sa réalité.
Pour mener son troupeau de calicornes à destination (oui, il y en a une), notre jeune garçon devra les guider tel un berger et ses moutons tout au long de leur périple, traversant de nombreuses zones diverses et variées. Et c’est ainsi que se forme la boucle de gameplay dès les premiers instants. Se mettre légèrement à droite pour qu’elles se dirigent à gauche, et vice versa, ce sera la première mécanique à maitriser pour réussir à se frayer un chemin parmi les nombreux dangers dont nous ferons face par la suite. Et plus nous avançons plus les mécaniques s’étoffent, parmi lesquelles la cavalcade ou encore la possibilité de les faire ralentir. Malgré des plaines à perte de vue, et un fort sentiment de liberté, c’est un véritable parcours du combattant qui attend notre groupe téméraire.

Si la boucle de gameplay reste effectivement assez minimaliste, ce sont les nombreuses situations qui lui permettent finalement d’avoir une certaine profondeur. Certaines nous mettrons dans l’urgence, d’autres feront ressortir de grands moments de tension, chaque petit pas franchi peut cacher un nouveau danger, et nous demande de nous adapter et d’être réactif sur le commandement du troupeau. Et concernant ces quelques moments où la précision est de mise, son système de « guidage » n’a jamais failli à son rôle, chaque virage, chaque terrain escarpé, chaque chemin étroit trouve sa mécanique qui sera la plus adaptée pour éviter le drame et le plus important, c’est que ça fonctionne sans accroc.
Mais s’il y a bien une chose qui ressort d’Herdling, c’est le sentiment constant de liberté, de grandeur, et sa beauté, pure et poétique, avec une atmosphère unique et dépaysante. Le jeu d’Okomotive c’est une lettre d’amour à la nature, avec son soupçon de fantasy, et c’est une ode à la bienveillance. Ce sont aussi quelques moments de répit pour prendre le temps de câliner nos bêtes, les bichonner, et même les « décorer » comme dit dans le jeu.

Mais si vous m’avez lu jusqu’ici, vous aurez probablement remarqué les quelques allusions à sa durée de vie. Oui, Herdling est court, très court, trop court. Pour arriver aux portes entrebâillées des 100%, il m’aura fallu seulement 4h. Parfois, une courte durée de vie peut être perçue comme une force, ni trop peu ni pas assez, juste ce qu’il faut pour être rassasié et faire le tour de la proposition. Malheureusement, dans le cas d’Herdling, au bout de 4h, l’impression de rester sur sa faim est présente, avec le besoin irrépressible de continuer l’aventure. S’il propose une rejouabilité de ses chapitres après avoir terminé la transhumance singulière, elle se révèle finalement anecdotique, seulement utile à récupérer les collectibles. Sa durée en est presque frustrante tant on aurait aimé passé quelques heures supplémentaires aux côtés de ce troupeau, à arpenter de nouveaux paysages et éloigner les calicornes de tout danger.


D’une ville sans vie, en passant par une forêt aux reliefs de montagnes enneigées, Herdling est un jeu magnifique et contemplatif. C’est une direction artistique à couper le souffle, de par son minimalisme en passant par le design des calicornes, bêtes curieuses ô combien attachantes. Ce sont de magnifiques horizons à perte de vue, des couleurs parfois ternes, parfois éclatantes. C’est une ambiance unique. Difficile de ne pas tomber amoureux de la direction artistique d’Herdling, tant il est dépaysant, parfois mélancolique souvent épanouissant. C’est d’une part la beauté de ses environnements mêlée à celle du lien qui unit notre jeune berger à son troupeau. Et c’est sans compter sur sa bande son, somptueuse, qui résonne à l’unisson avec la scène en court.
Malheureusement, sur PS5 standard, FAT, il souffre de façon assez récurrente de chutes de framerate significatives, et c’est très franchement dommage. La volonté du studio d’offrir un voyage fluide en termes de déroulement et de cheminement se voit malheureusement entachée par une certaine instabilité en termes de fréquence d’images par seconde, qui aurait, à mon avis, pu largement pu être évitée (le test a été effectué en version 1.001).


C’est véritablement lors du Future Games Show qu’Herdling m’a instantanément tapé dans l’œil. Un concept simple pour une proposition atypique avec une petite touche de fantasy, le tout habillé d’une direction artistique à tomber. Okomotive signe ici un voyage poétique, singulier, dépaysant au possible, au cœur de la nature, accompagné d’un troupeau ô combien attachant. Et si je ne taris pas d’éloges le concernant, il n’en reste pas moins imparfait. Sa plus grande faiblesse étant sa courte durée de vie, ici frustrante tant on a l’impression de ne pas en avoir fait le tour, mais aussi ses nombreuses chutes de framerate, qui manquent d’être justifiée. Mais si vous cherchez un jeu bienveillant et poétique, Herdling est fait pour vous!

- Le design des calicornes inédit
- Un voyage poétique et bienveillant
- Le gameplay très précis et intuitif
- De nombreux moments d’urgence et de tensions
- La DA, somptueuse
- L’OST aussi

- Sa durée de vie, frustrante, il nous manque quelque chose
- De nombreuses chutes de fréquence d’images par seconde
One thought on “[ Test ] Herdling – Un voyage magnifique, de trop courte durée”