
Sorti en avril 2024 sur PC, voilà qu’Ereban: Shadow Legacy, premier jeu du jeune studio espagnol Baby Robot Games, s’apprête à (enfin) s’exporter sur PS5 et Xbox Series S|X (malheureusement sans présence dans le Game Pass comme prévu initialement) dès ce 16 avril 2026 aussi bien en version numérique qu’en physique (pour la PS5 du moins), le tout édité et distribué par Selecta Play. Curieuse et désireuse de découvrir les pépites indés dont on parle, bien souvent, trop peu, Ereban: Shadow Legacy faisait partie de ces jeux qui ont tendance à réveiller mon radar. Malheureusement, une fois l’aventure terminée, le verdict est en demi-teinte. Explications.

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 9h |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | Non communiquée |
| Difficulté | Normal |

| Genre(s) | Action, Aventure, Infiltration, Solo |
| Date de sortie | 16 avril 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 19.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

Nous incarnons Ayana, une Ereban, la dernière de ce peuple oublié. Cordialement invitée dans les locaux d’Hélios, une méga corporation qui se targue d’avoir mis fin à la crise énergétique, elle découvre bien assez vite que ceux qui souhaitent l’avoir pour agente sont bien loin d’être les altruistes qu’ils clament être. Elle va donc devoir faire la lumière sur ce qu’ils cachent et pourquoi ils s’intéressent tant à elle.
Si le postulat de départ peut être intéressant, il n’en reste pas moins convenu pour ne pas dire déjà vu dans le genre auquel Ereban: Shadow Legacy souhaite appartenir. Et quand bien même c’est le cas, on espère bien que Baby Robot Games a plus d’un tour dans son sac pour nous surprendre. Malheureusement, la flamme aura bien du mal à prendre. Trop rapide, sommaire, parfois même trop prévisible, un développement inexistant, Ereban: Shadow Legacy manque le coche pour nous captiver dans son univers qui avait pourtant du potentiel, sur le papier.
Tout est trop vite expédié pour qu’on se sente réellement impliqués dans l’aventure. Les personnages peinent à dégager un semblant de charisme au point qu’on ne s’attache à aucun d’eux. En d’autres termes, si vous attendiez d’Ereban qu’il se démarque par son scénario, malheureusement ce n’est pas là qu’il brille le plus.

Pour son premier jeu, le studio espagnol a voulu sortir des sentier battus et proposer un genre qui se fait de plus en plus rare, en tout cas tel qu’il veut l’être dans Ereban: de l’infiltration pure et dure mais avec quelques mécaniques de plateformer. Ayana, grâce à ses capacités d’Ereban, peut se fondre dans l’obscurité et les ombres pour être invisible aux yeux de ses ennemis. Et c’est sur cette seule mécanique que va reposer tout le gameplay. En effet, contrairement à un Metal Gear Solid ou un Deus Ex, Ereban ne vous autorisera aucun véritable « rentre dedans » de secours. Vous faire repérer c’est la mort (presque) assurée. Pas d’armes à feu, pas de véritable échappatoire, une unique attaque furtive au corps à corps, plus que l’infiltration et la discrétion, Ereban repose sur une mécanique simple: rester dans l’ombre.
Chaque chapitre se passe dans une zone, plus ou moins grande, dans laquelle vous devez rejoindre votre objectif à pas de velours en vous déplaçant dans l’obscurité afin d’user de vos pouvoirs tout en faisant attention à votre jauge d’endurance. Une fois cette simple mécanique comprise, le gameplay d’Ereban est de prime abord très intéressant, inédit, voire même parfois innovant. Glisser derrière un ennemi, rejoindre un toit, traverser une grille, sauter d’une plateforme à une autre, les possibilités d’infiltration font rapidement mouche. Mais attention, la moindre source de lumière annule notre capacité. Et la moindre alerte de nos ennemis robotiques pourra s’avérer fatale.

Mais Ereban c’est aussi le choix de votre approche: léthale ou pacifique. Autrement dit, vous choisissez aussi comment aborder le jeu tout au long de l’aventure, que cela soit de front sur le terrain mais aussi dans votre arbre de compétences. Un choix loin d’être anodin, puisqu’il influe directement sur la rejouabilité du titre ainsi que sur l’obtention de ses fins multiples. C’est du déjà-vu et revu, mais cela lui offre un nouveau potentiel tant en termes de gameplay et de profondeur.
Enfin, il dispose d’un certain attrait pour l’exploration d’une part grâce aux nombreuses notes disséminées aux quatre coins de chaque zone qui permettront d’étoffer un tant soit peu son lore (mais sans le rendre forcément plus intéressant malheureusement) et les nombreux matériaux qui vous permettront de débloquer de nouvelles compétences, améliorer vos gadgets, ou encore en fabriquer sur le pouce.
Malheureusement, les premiers émois de la découverte du gameplay et de ses évolutions sont vite balayées par ses coquilles, franchement dommageables pour un jeu d’infiltration. Et malheureusement la liste est relativement longue. Si l’idée de nous faire explorer chaque chapitre, pour trouver matériaux et quêtes secondaires auprès des résistants, était plutôt intéressante pour tenter d’approfondir les mécaniques, s’éloigner de son objectif est souvent synonyme de frustration. Je le disais, la moindre alerte pourra vite être fatale, non seulement car vos adversaires sont tous équipés d’une loupiote qui vous empêchera de vous éloigner sans faire d’esclandre, mais de surcroit si un seul ennemi est alerté, c’est quasiment tout le patelin qui sera à vos trousses comme si vous aviez un Airtag dans la chaussure.


Le level design quant à lui manque parfois de subtilité. Si le chemin principal est balisé d’une belle peinture rose bonbon qui vous criera « coucou c’est par là » (manquerait plus que ça clignote), le titre manque cruellement de passages secondaires intuitifs et d’une véritable exploitation de ses mécaniques. Autrement dit, le jeu donne plus l’impression qu’un seul chemin mène à Rome, le tout c’est de le trouver surtout si on veut tenter d’exploiter son contenu plus secondaire. On finit par trouver ce qu’on cherche un peu au hasard (vu que le jeu est dénué ne serait-ce que d’une mini-map pour s’orienter et se repérer). En résulte que le gameplay manque finalement d’un cruel manque de profondeur et on finit par aborder chaque chapitre de façon similaire sans vouloir (et parfois pouvoir) tenter une nouvelle approche. Pour un jeu où infiltration et furtivité sont au cœur du gameplay c’est dommage. Toutefois, on garde en tête quelques phases de plateformes plutôt ficelées (mais dont la maniabilité est parfois imprécise, c’est dommage car l’idée est là).
C’est visuellement qu’Ereban s’en sort le mieux de A à Z. Porté par un cel-shading de très, très bonne facture, le monde que nous parcourons est pour le moins très agréable à l’œil. Entre panoramas futuristes, ruelles éclairées aux néons façon cyberpunk, ou environnements plus verdoyants, Ereban: Shadow Legacy dispose d’une direction artistique soignée, souvent colorée. Malheureusement, sur PS5 (standard), le jeu souffre de ralentissements intempestifs.


Sur le papier, Ereban: Shadow Legacy a un véritable potentiel, tant en termes d’univers, de propos, qu’en termes de gameplay. Malheureusement, passés les premiers instants de découverte, ce sont ses nombreuses coquilles qui prendront le pas sur le reste. Sans être totalement mauvais, loin de là, le court périple d’Ayana se voit malheureusement bien trop imparfait pour être inoubliable. Un scénario trop sommaire, un gameplay qui manque également cruellement de profondeur, un game design souvent trop punitif. Toutefois, on lui accorde quelques bonnes idées de gameplay et de choix d’approche qui, sans être révolutionnaires, sauront séduire les joueurs un tant soit peu curieux de la scène indépendante.

- Graphiquement très joli
- Le choix d’approche qui influe sur la fin du jeu
- Un attrait pour l’exploration
- Se fondre dans les ombres: une excellente idée

- Scénario trop sommaire
- Au final, un gameplay qui manque de profondeur
- Une IA trop punitive
- Le level design pas toujours intuitif (notamment pour le contenu secondaire et l’exploration)
- De nombreux ralentissements sur PS5