
Crash Bandicoot, Sonic, Mario, Spyro, Banjo et Kazooie, Gex, tant de noms et tant de héros qui nous rappellent l’âge d’or des jeux de plateformes des années 90. Mais il y en a un que l’on a souvent tendance à oublier: Croc d’Argonaut Software (aujourd’hui nommé Argonaut Games), studio à l’origine de Star Fox développé conjointement avec Nintendo. De son nom complet Croc Legend of the Gobbos, ce jeu de plateformes est sorti en 1997, initialement sur PS1, Sega Saturn et PC, puis en 2000 sur Game Boy Color grâce à un portage en 2D. En 1999, l’univers de Croc s’étoffe avec une suite, Croc 2, et d’un nouveau portage 2D en 2001 pour la Game Boy Color.
Et ce fut la dernière fois dont on a entendu parler de ce gentil petit croco. Jusqu’à l’été 2024. En effet, 25 ans après la sortie du premier jeu, l’annonce fut tonitruante: Croc sera bel et bien de retour, faisant renaitre de ses cendres par la même occasion son studio original sous un nouveau nom (et ici éditeur) mené par le même Jeremy Elliott « Jez » San, dans une version remasterisée de sa toute première aventure développée par Titanium Studios (7 Days to Die Console Edition, Bloodrayne 1 et 2 Revamped, Oddworld Soulstorm). Initialement prévue pour la fin d’année 2024, cette nouvelle mouture a pris un peu de retard, préférant viser le second trimestre 2025. Et pour cause, Croc Legend of the Gobbos Remaster a préparé son entrée pour le 2 avril sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series, Nintendo Switch et PC (via GOG). Et parce que je ne suis jamais contre un retour dans les années 90, je me devais donc de lui dédier un papier. YAZOO!


Version | Dématérialisée sur Nintendo Switch, fournie par l’éditeur |
Temps de jeu | Environ 10h |
Histoire terminée | Non (je suis inlassablement bloquée au monde 4-6) |
Complétion totale | 63% |
Difficulté | Unique |

Genre(s) | Aventure, Plateformes |
Date de sortie | 2 avril 2025 |
Prix (maximum conseillé) | 29€99 |
Plateforme(s) | PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series S/X et PC |
Voix | / |
Textes | Français, Anglais |
Connexion obligatoire | Non |

Croc, un petit crocodile anthropomorphe monodenté, vit depuis sa plus tendre enfance auprès des Gobbos, de petites créatures poilus aux grand yeux ronds exorbités. Mais alors que la vie parmi les Gobbos est paisible, le Baron Dante, un méchant croco pas gentil, et ses sbires, ont débarqué pour semer la pagaille, enlevant et emprisonnant tous les Gobbos. Croc, qui a pu s’échapper grâce à l’aide du roi Gobbo, est le seul à pouvoir les sauver et vaincre ce mystérieux ennemi.
Et c’est tout ce que vous racontera Croc Legend of the Gobbos, années 90 obliges. C’est simple, sans chichi, c’est ainsi que se lance notre mission de sauvetage à grande échelle de Gobbos. Le tout maintenant c’est d’y arriver et ce ne sera pas aussi simple qu’il y parait.

Croc fait donc partie de ces jeux de plateformes semblables à Crash Bandicoot ou encore Mario (sauf qu’ici on a pas de demoiselle en détresse à sauver). Notre périple se construit au fil de plusieurs mondes, plusieurs biomes, plusieurs îles, tous divisés en 10 niveaux (dont 2 de combats de boss chacun et 2 niveaux secrets à débloquer). Le but dans chaque niveau est simple: sauter de plateforme en plateforme, trouver les Gobbos enlevés, trouver les 5 gemmes qui permettent d’ouvrir des portes scellées et sonner le gong de fin de niveau. Un collectathon tout ce qu’il y a de plus simple mais surtout efficace.
Jusqu’ici rien de compliqué puisqu’en effet, cette version remastered est à l’identique en termes de game et level design que la version originale de 97. Ainsi donc, il suffit de trouver tous les Gobbos disséminés aux quatre coins de chaque niveau (ou pas d’ailleurs mais ça reste l’objectif principal ce serait bête de pas jouer le jeu), en fouillant minutieusement chaque recoin, jusqu’à atteindre le fameux Baron Dante et le mettre hors d’état de nuire. A l’aide de plusieurs capacités, que cela soit sauter, pousser des blocs, en casser d’autres, ou encore s’agripper, Croc doit donc se frayer un chemin dans chaque niveau de chaque île, avec 3 vies au compteur (extensibles si on trouve les nombreux cœurs disséminés ci et là). On pourra également s’adonner à la collection de gemmes transparentes (ou multicolores c’est selon ce qu’on veut bien voir) qui serviront, à l’instar des pommes dans Crash Bandicoot ou des anneaux de Sonic, de ne pas mourir instantanément suite à une attaque ennemie (le fonctionnement est le même que dans les 2 jeux cités, il faudra veiller à toujours en avoir au minimum une en stock).

En termes de durée de vie, le dangereux périple de Croc peut varier. En effet, tout dépend quels objectifs nous nous fixons, sauver tous les Gobbos, débloquer tous les niveaux (mêmes les niveaux secrets) ou tout simplement terminer le jeu sans trop se poser de question. Car en tout bon jeu de plateformes qui se respecte, le monde de Croc cache des secrets bien gardés qui peuvent rallonger significativement notre temps de jeu. S’ajoute à cela une rejouabilité non négligeable pour obtenir ce qu’on aurait pu manquer lors de notre premier passage.
Parlons maintenant des ajouts, évolutions et améliorations de cette version remasterisée en termes de gameplay. On retrouve donc les nombreuses capacités de Croc issues du jeu de 97, mais le tout a été soigneusement amélioré en termes d’animations, les rendant plus fluides et moins abruptes que sur PS1. Mais si améliorations il y a eu, cette version remasterisée souffre également des mêmes petits défauts qu’il y a 27 ans: les sauts. A l’instar de nombreux jeux de plateformes de l’époque on retrouve une maniabilité douteuse notamment lors de certaines fenêtres de saut sur des plateformes bien spécifiques. En résulte un Croc qui se contentera de glisser dans le vide au lieu de sauter (et de s’agripper si c’est vraiment trop juste) alors qu’on a bien appuyé sur la touche correspondante. En découle donc une certaine frustration lors de certains niveaux (je pense particulièrement au troisième monde qui s’est avéré être à mon sens le plus fastidieux à terminer) et une lassitude finit par s’installer à force d’échouer.

Parlons maintenant des améliorations graphiques. Je le rappelle, cette nouvelle mouture est trait pour trait la même que la version de 1997, on retrouvera donc forcément les mêmes défauts qui pouvaient faire tiquer à l’époque, des niveaux relativement petits et vides, et un nombre d’ennemis rencontrés sur notre route assez limités. Pour autant, le lifting graphique est bien présent et ne s’est pas contenté d’un simple filtre HD. Tout a été retravaillé pour le moderniser au mieux. Les modèles 3D des personnages, de Croc en passant par les Gobbos, les textures environnantes, les formes plus arrondies, moins aliasées, oui, la différence est notable et même assez impressionnante surtout quand on s’amuse à jouer avec les différents modes graphiques présents (remasterisé ou rétro) ou les modes d’affichage rétro (CRT ou VGA). On retrouve ici la direction artistique particulièrement coloré et la variété des environnements des différentes îles. Et puis surtout on va remettre le jeu dans son contexte: il est sorti en 1997 et a 27 ans, ce qui n’est pas rien en prenant compte de l’évolution du médium.


Et enfin, l’OST. Si elle ne dispose pas d’améliorations sonores, ou très peu, la version originale restant d’excellente facture, on retrouve donc la bande-originale d’antan qui donne toujours autant la pêche. Avec des pistes en accord avec chaque île visitée (j’en reviens une nouvelle fois au troisième monde et ses pistes rythmées qui sentent bon la margarita, avec modération, et les mariachis), le jeu jouit d’une ambiance musicale de bout en bout.
Avant de passer à la suite, je m’octroie un petit aparté pour mettre en avant les bonus inclut dans le jeu: le Crocipedia. Ce petit sous-menu présent dans le menu principal nous invite à découvrir une partie de l’envers du décor, de son équipe de développement originelle, en passant par des concepts art et autres illustrations forts sympathiques pour apprendre à mieux connaître l’histoire du jeu.


Le pur produit des années 90 que je suis vous dirait de foncer les yeux fermés tant le retour de Croc était inespéré et inattendu, et là c’est la nostalgie des jeux de plateformes de l’époque qui parle. Mais soyons un peu plus terre à terre et récapitulons un peu se qui s’est dit plus haut. Bien que très simple dans la construction de son gameplay et dans son level design, Croc garde toujours son charme d’antan, avec ses hauts et ses bas. Si la partie graphique est indéniablement une franche réussite et a été modernisée avec grand soin pour le rendre plus au goût du jour, tout le reste a gardé les mêmes défauts qu’à l’époque: une maniabilité parfois fastidieuse lors de certains sauts pouvant donc être plus frustrante et lassante pour les joueurs qui viendraient à le découvrir aujourd’hui, les mondes paraissent toujours un peu vides et manquent d’animation (peu d’ennemis se trouveront finalement sur notre chemin par exemple). Et c’est dans ce genre de cas, bien que cette version est tout à fait appréciable, qu’on peut se poser la question sur le choix d’un remastered et non d’un remake. Toutefois, j’aurais aimé que cette nouvelle itération aille un tout petit plus loin dans son approche de remasterisation. Je déplore également l’absence d’une version physique en Europe, puisqu’uniquement disponible aux US, sur laquelle je me serai jetée sans sourciller. Maintenant que j’ai posé la synthèse de ce test, il n’en reste pas moins que le retour de Croc fait plaisir à voir, et que j’ai passé un très bon moment et ce malgré ses défauts. On espère le retour de Croc 2.

- Visuellement très réussi
- Le retour de Croc inespéré et inattendu
- L’OST toujours aussi efficace pour donner la pêche
- Une bonne rejouabilité
- Le Crocipedia, un bonus pour mieux connaitre la licence très appréciable
- La possibilité de faire joujou avec les modes graphiques
- Un jeu de plateformes toujours aussi efficace

- Les défauts de gameplay de 97 subsistent: certains sauts sont à s’arracher les cheveux
- On aurait aimé que la remasterisation se rapproche un peu plus du remake: les niveaux manquent toujours d’animation
- Pas de version physique en Europe