
Alors que la série Atelier de Gust et Koei Tecmo a fêté ses 25 ans en 2022 et nous a offert une belle année 2023 avec Atelier Marie Remake et Atelier Ryza 3, le studio s’est octroyé 2 ans pour faire naitre un nouvel épisode et développer une nouvelle héroïne. Cet épisode c’est Atelier Yumia L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée. Révélé lors du Nintendo Direct d’août 2024, cette nouvelle alchimiste a soigné son entrée pour arriver sur Nintendo Switch, PlayStation 5, PlayStation 4, PC, et, pour la première fois dans l’histoire de la franchise, sur Xbox Series X|S et Xbox One, le 21 mars 2025. Après près de 50h à arpenter le sol d’Aladiss, me voilà donc fin prête à vous dévoiler mon avis complet sur ce nouvel opus qui propose ici une toute nouvelle formule de gameplay.

Version | Physique sur PS5, fournie par l’éditeur |
Temps de jeu | Environ 47h |
Histoire terminée | Oui |
Complétion totale | 45% des trophées débloqués |
Difficulté | Normal |

Genre(s) | Action, Aventure, RPG |
Date de sortie | 21 mars 2025 |
Prix (maximum conseillé) | 59.99€ |
Plateforme(s) | PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series S/X, Nintendo Switch et PC |
Voix | Japonais |
Textes | Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Russe, Chinois simplifié et traditionnel, Japonais, Coréen |
Connexion obligatoire | Non |

Yumia Liessfeldt est une brillante alchimiste, et tient cette prédisposition de sa mère, accompagnée de Flammi, une lampe créée par l’alchimie capable de lire les fioles de mémoire. Elle intègre l’équipe de recherche d’Aladiss, auprès de Viktor, Isla, et le chef Erhard pour investiguer sur le terrible événement passé quelques années plus tôt et qui a totalement déréglé le mana ambiant du continent. Un événement tragique, qui a également fait de l’alchimie une science interdite. Yumia doit donc faire ses preuves pour prouver à ses nouveaux camarades que l’alchimie est une science du bien. Malheureusement, durant son périple, elle va également faire face à la réalité, cette science qu’elle aime tant est aussi capable du pire…
Ces quelques lignes vous posent le contexte de l’histoire de cet Atelier Yumia. Un continent ravagé, une alchimiste qui peine à se faire une place au sein de son équipe et qui a tout à prouver, et une enquête à mener sur la source du problème de mana bien trop élevé pour être supportable. Une histoire relativement mature se profile donc à l’horizon avec un lore plutôt très bien exploité et des thèmes bien traités. Je pourrai même lui trouver un petit parallèle avec Fullmetal Alchemist d’Hiromu Arakawa, le rendant encore plus mature que je ne l’aurai imaginé et espéré.

Oui, Atelier Yumia se veut avant tout mature (en tout cas bien plus que les quelques épisodes que j’ai pu faire au cours de ces dernières années) et propose une histoire prenante. Malheureusement, du côté de sa narration, il lui manque un tout petit quelque chose pour être franchement captivant. On lui regrette par exemples de nombreuses longueurs scénaristiques et des antagonistes à mon sens bien trop discrets pendant notre périple. Et c’est finalement un peu dommage. Mais ses qualités scénaristiques, le développement de ses personnages et surtout celui de Yumia (même si ma balance penche un peu plus vers Rutger et Nina), de leurs motivations, et les liens qui les unissent réussissent à primer sur ces quelques faiblesses.
Parlons maintenant du gros morceau de ce nouvel opus de la célèbre série de Gust: le gameplay. Et quand je dis gros morceau, je pèse mes mots. Pour nous transporter dans son univers et dans son histoire, Gust a ici opté pour un monde ouvert, plein et entier alors qu’ils n’avaient jamais vraiment franchi cette étape, en tout cas pas à son paroxysme tel qu’ici. Le continent d’Aladiss se compose donc de 4 régions, plus ou moins grandes en commençant par la région de Ligneus. Chaque région constitue une nouvelle étape dans notre aventure et notre enquête nous rapprochant donc petit à petit de la vérité. Si on suit le scénario en ligne droite, notre objectif pour avancer est de canaliser les puits de mana disséminés aux quatre coins d’Aladiss, le tout en combattant des ennemis qui se promènent et en récoltant de nombreux matériaux nécessaires à… l’alchimie.

Le gameplay se construit donc autour de 3 axes majeurs: son monde ouvert et forcément sa très haute dose d’exploration, les combats et l’alchimie. Car il faut le dire, terminer Atelier Yumia en ligne droite ne présente pas grand intérêt, aussi bien pour les combats que pour l’alchimie et il faudra par la force des choses passer par un peu (beaucoup) de contenu secondaire pour exploiter l’immensité et la générosité dont il fait preuve. En termes de quêtes brutes, cela va du simple monstre à combattre un peu trop intrusif dans la vie de l’équipe de recherche, à aller chercher quelques matériaux nécessaire à sa survie en passant par les quêtes dites de personnages qui sont là pour donner un peu de profondeur à la bande de Yumia. Mais si on va très vite se rendre compte de la densité d’Aladiss et de tous les points d’intérêts qu’il cache, nécessaires notamment à exploiter les différents arbres de compétences de Yumia mais aussi à étoffer ses talents d’alchimiste. Ainsi donc on se retrouve à trouver des salles aux trésors renfermant bien souvent de nouveaux plans, à découvrir de nouveaux camps de fortune, à trouver des lieux où certains matériaux et ennemis affluent en abondance, et je vous passe la liste entière, elle est plutôt longue.
Si le monde d’Atelier Yumia est d’une générosité folle, il n’en demeure pas moins, parfois, maladroit dans sa construction et son level design. Jouant sur la verticalité et donc sur différents « étages », si je peux le dire ainsi, il se voit certes parfaitement exploité mais aussi, bien souvent, peu intuitif et parfois même un peu prise de tête, pour parfois repartir bredouille. L’exploration se voit agrémentée de nombreuses missions d’exploration (placer tel objet, utiliser telle attaque x fois, trouver tel camp, etc) qui une fois complétées à 100% vous récompensera assez généreusement (il faut le dire). Ce sont donc de nombreuses heures à fouler le pas dans les différentes régions pour trouver de nouveaux plans, nouvelles recettes, nouveaux matériaux, nouveaux ennemis, dans un level design parfois très alambiqué ce qui aura parfois un effet d’indigestion. Mais, parce qu’il y a toujours un mais, même quand on a un mal de ventre pas possible, qu’on est sur le point d’exploser à force de trop manger, il peut y avoir aussi ce petit goût de reviens-y, juste par gourmandise. Et bien c’est un peu l’effet que j’ai eu tout au long de mon aventure. J’ai mangé à m’en faire exploser la panse, mais je finissais toujours par me resservir juste parce que c’est quand même goûtu (finissant par explorer quasi toutes les zones presque à 100%).


On en vient donc au système de combat. Ici, on oublie totalement le tour par tour qu’on a pu avoir dans Atelier Marie Remake par exemple, pour un système de combat plus agressif et plus tourné action. Notre petite Yumia est équipée d’un bâton d’alchimiste qui peut aussi tirer des balles (un peu à la façon de la Gunblade de Squall de FF VIII) mais on peut également contrôler chaque personnage de l’équipe pendant les combats. Chacun dispose d’un mode au corps à corps, à courte portée, et un mode à longue portée pouvant avoir une influence sur le type de dégâts infligés au ennemis. Si on prend Yumia pour exemple, à courte portée, elle infligera des dégâts physiques, et à longue portée des dégâts magiques. Si le jeu ne dispose pas de système de faiblesse aux éléments, il dispose toutefois d’un système de faiblesse aux dégâts infligés qui permettra d’assommer les ennemis pendant une courte durée. Pour ce qui est des attaques, elles sont chacune assignées à un bouton et ont un système de cooldown. On dispose également d’une esquive. En résulte des combats nerveux, dynamiques, et grisants car évidemment au fil des heures, on sera récompensés de quelques mécaniques supplémentaires pour les rendre encore plus intéressants.


Enfin, l’alchimie. Oui, elle est une nouvelle fois présente dans cet épisode mais pas omniprésente, j’y reviendrai plus tard. L’alchimie d’Atelier Yumia est complexe à assimiler. Il faudra comprendre le système de cœur de caractéristique, de résonnance, de qualité, d’effets, etc. Pour les plus impatients et pour moins d’erreurs, un mode automatique est disponible pour répondre à vos besoins. Et là encore, l’exploration est de mise pour trouver des matériaux de meilleure qualité et donc fabriquer des objets optimaux. Malgré tout, si je parle de l’alchimie en dernier dans cette partie du test, c’est tout simplement parce qu’elle fait malheureusement pâle figure face au reste du gameplay, et elle se voit malheureusement un peu invisibilisée par tout le reste. On l’exploitera donc finalement principalement pour fabriquer de nouvelles armes et armures, notamment lorsqu’on trouvera une nouvelle recette. Il manque donc à cet épisode un vrai intérêt à son sujet de départ et c’est fort dommage.

Et enfin, il faut savoir que pour comprendre l’entièreté du gameplay d’Atelier Yumia vous devez faire face à un grand nombre de pages de didacticiels, et un grand nombre d’informations à emmagasiner et retenir. Et force est de constater qu’ils manquent malgré tout de précisions pour réellement exploiter toutes les mécaniques présentes. Pour vous donner une idée, je n’ai jamais réussi à trouver un lieu où camper (et n’ai donc jamais pu m’essayer à la cuisine par exemple…).
Graphiquement, Atelier Yumia est aussi beau qu’il peut être inégal. Si sa direction artistique est magnifique on lui regrette toutefois quelques zones graphiquement un peu en deçà du reste notamment sur certaines textures. Pour autant, il n’en reste pas moins agréable à l’œil tant il fourmille de petits détails appréciables, que cela soit par l’abondance dans ses décors, des couleurs magnifiques renforçant toujours un peu plus l’envie d’explorer ce monde.
Côté doublage, il ne dispose que d’un doublage en japonais, pour lequel je ne peux faire que des éloges. Wakana Kuramochi fait de Yumia un personnage attachant sans partir dans la candeur et la naïveté à outrance, renforçant cet esprit plus mûr et plus mature à son scénario et sa narration. Mes coups de cœur vont évidemment à Takaya Kuroda (emblématique Kazuma Kiryu) que l’on n’entend à mon goût que trop peu (mais mon objectivité me perd évidemment pour ce point précis) et Takehito Koyasu (qui prête sa voix à Yamai dans Like A Dragon Infinite Wealth) qui tient lui aussi le rôle d’un des antagonistes de cet épisode. Enorme point fort de cet épisode: la localisation française, qui ne s’est finalement montrée qu’en de rares fois au cours de la vie de la franchise (les jeux en proposant une se comptent sur les doigts de la main), et qui fait donc extrêmement plaisir. Si quelques défauts d’orthographe subsistent (j’ai vu un « temps » au lieu d’un « tant » apparaitre rapidement lors d’un dialogue), elle ne manque pas d’être qualitative.


Pour ce nouvel épisode de sa célèbre saga, Gust a quasi revu en intégralité sa copie pour proposer un épisode qui se démarquera des précédents. On trouve donc ici un scénario mature, mené par une alchimiste mûre, plus humaine, moins candide, moins naïve, accompagnée d’un groupe de personnages qui ont tous quelque chose à nous raconter. On se perdra pendant de nombreuses heures dans l’immense monde ouvert d’Aladiss et ses 4 régions pour enfin se tourner vers un système de combat agressif. Mais à cela s’ajoute une alchimie plus invisibilisée par le reste, ce qui se voit finalement un peu à contre courant de la série elle-même. On pourra évidemment lui regretter un monde ouvert parfois maladroit dans sa construction mais qui ne manque pas de répondre présent pour récompenser ses joueurs, ce qui lui vaudra d’être une douce gourmandise alors qu’on a déjà trop mangé. Mais pour être tout à fait honnête, Atelier Yumia dévoile une réelle envie de prise de risque pour (re)lancer la série et relève une ambition assez claire: se tourner vers un public qui souhaiterait enfin se lancer, et en cela Yumia et son équipe feront de cet épisode une excellente porte d’entrée dans la franchise tout en étant respectueux de ses joueurs habituels.

- Une toute nouvelle formule qui sait s’adapter aux nouveaux mais aussi anciens joueurs
- Un système de combat agressif et nerveux
- Une histoire plus mature que d’habitude
- Un casting de personnages qui a des choses à raconter
- Un monde ouvert d’une générosité folle
- Le doublage japonais de haute volée
- La localisation française: à réitérer dans les prochains épisodes
- Une magnifique direction artistique
- Le mode automatique de l’alchimie: une excellente idée notamment pour les objets de haut niveau

- Des mécaniques de gameplay qui manquent de précisions dans les tutoriels
- L’alchimie invisibilisée par le reste
- La construction du monde ouvert parfois maladroite et indigeste
- Graphiquement parfois inégal