
Annoncé lors du Nintendo Direct Partner Showcase du 31 juillet 2025, Monster Hunter Stories 3: Twisted Reflections continue de faire parler de lui avant sa sortie imminente prévue pour le 13 mars 2026 sur Xbox Séries S|X, PS5, PC et Nintendo Switch 2. Alors qu’une démo publique est disponible sur toutes ces plateformes à la suite du dernier Partner Showcase du 5 février 2026, comprenant les premières heures du jeu, j’ai de mon côté pu découvrir une bonne douzaine d’heures de l’aventure, comprenant missions principales et secondaires en explorant ses 2 premières zones. Et en « si peu de temps » il y a déjà fort à dire sur celui qui s’annonce comme étant l’un des JRPG incontournables de l’année.
Avant toute chose, pour ceux qui découvriraient la série avec cet épisode, Monster Hunter Stories c’est quoi? C’est un spin-off à la célèbre série de Capcom qui voit le jour sur Nintendo 3DS en 2016 (au Japon, 2017 en Occident). Une suite arrive 5 ans plus tard, nommée Wings of Ruin, et sort exclusivement sur Nintendo Switch et PC, dans un premier temps. En 2024, la duologie revient sous forme de Remastered et s’exporte enfin sur PS4 puis sur Xbox Series S|X fin 2025. Monster Hunter Stories troque d’une part la chasse aux monstres pour la cohabitation et la coopération. Les chasseurs ne sont plus au cœur de l’histoire, laissant place aux Riders, autrement dit des chevaucheurs de monstres. D’autre part, c’est le gameplay qui change drastiquement, laissant de côté l’action RPG pour du tour par tour.

Si vous êtes familiers avec cette série de spin-off de Monster Hunter, inutile de vous dire comment commence ce troisième volet. Tout commence avec la naissance providentielle d’un Rathalos, à la différence qu’ici naîtront des jumeaux, un évènement annoncé comme étant de bien mauvaise augure.
Nous incarnons le prince ou la princesse du Royaume d’Azuria, que nous personnalisons à notre guise au lancement du jeu, Rider chevauchant son majestueux Ratha, engagé chez les Rangers, dont la mission première est de préserver la vie des monstres dans son habitat naturel et de trouver une explication au phénomène de cristallisation. Sur fond de l’éternel « pouvoir de l’amitié » qui unit les monstres à leur Rider, Monster Hunter Stories 3 se dévoile bien vite comme étant un épisode bien plus mature que ces deux prédécesseurs, ajoutant ici une touche de conflit géopolitique entre deux nations dans son cadre scénaristique, impactant directement notre personnage aussi bien politiquement que moralement.
Une évolution narrative drastique qui donne très vite une idée du ton que le jeu emploiera au fil des heures. Car oui, Monster Hunter Stories 3 brise très rapidement ses propres codes scénaristiques sans pour autant dénaturer son fond initial, certes plus enfantin de prime abord, autrement dit le lien qui unit les Monsties et les Riders, tout en lui apportant une dimension plus sombre, adulte et mature.


Côté gameplay, on retrouve une formule qui fonctionnait déjà très bien notamment pour son système de combat: le « shi-fu-mi » revisité à la sauce Monster Hunter. On retrouve donc les éternelles attaques de force, vitesse et technique qui serviront notamment lors des duels. On retrouve également la possibilité de détruire les « parties » de nos adversaires (queue, ailes, etc) afin de mieux les affaiblir, une mécanique bien connue des joueurs de la série principale. Mais afin d’apporter un peu de nouveauté à un gameplay déjà solide, MH Stories 3 apporte d’emblée une nouvelle mécanique: l’âme de Wyverne, que nous pouvons apparenter à une garde ou un bouclier à briser, sous forme d’une jauge (ou plusieurs, selon le monstre en face) à réduire à 0. Ainsi donc, le jeu nous apprend bien vite à ne plus nous focaliser sur la seule barre de vie de nos adversaires mais à faire tomber cette jauge d’âme pour les mettre à terre et à user de la « ruée synchronisée » pouvant être (très facilement) assimilée au All-Out-Attack des Persona modernes.


D’autant que ces premières heures de jeu donne un aperçu de son bestiaire, entre nouveaux monstres mais aussi nouvelles « classes » de monstres, plus particulièrement les monstres furieux et monstres invasifs, qui auront chacun un pattern différent. Très vite, le gameplay se dévoile d’autant plus complexe qu’à l’accoutumée, gagnant en richesse et en profondeur.

Mais si le sel des MH Stories (oui, je m’octroie une petite abréviation) réside bien dans son gameplay en tour par tour très singulier, il ne faut pas lésiner sur son fort attrait pour l’exploration dans leurs mondes respectifs. Et dès les premières heures, MH Stories 3 donne une nouvelle fois le ton quant à son évolution par rapport à ses deux prédécesseurs. Outre les monstres à combattre, les œufs à trouver pour les faire éclore ou encore les nombreux matériaux à ramasser, nécessaires à la fabrication d’armes, équipements mais également consommables, ce troisième épisode vient renforcer son exploration grâce plusieurs aspects.


Il faut le dire, grâce au RE Engine, la série vient de subir un glow-up drastique tant par la beauté de son univers en cel-shading, que par ses couleurs, sa direction artistique et surtout par sa taille. En seulement 2 zones, le monde de MH Stories 3 surprend, par leur taille respective. On sent très rapidement que l’accent a été mis sur l’exploration, par la possibilité de vagabonder partout à dos de Monstie que par leurs compétences spéciales. En effet, si on peut planer avec notre Rathalos, on pourra également grimper avec un Tobi-Kadachi ou même nager, etc. Mais outre cette sensation de réelle liberté dans un MH Stories, c’est la façon dont Capcom semble vouloir rendre son monde évolutif, grâce à une toute nouvelle mécanique: la restauration d’habitat.
Si on pouvait déjà relâcher les monstres dans les précédents épisodes surtout pour faire de la place dans nos écuries, cela a ici une réelle utilité servant aussi bien les prémices des propos du jeu que son gameplay. En relâchant les monstres, on les rencontrera plus souvent à l’état sauvage, mais surtout plus on relâchera le même monstre, plus on débloquera des variantes et plus on pourra récolter des œufs bien plus « forts ».
Ces premiers chapitres permettent également d’apercevoir sa générosité en termes de contenu. Et, pour l’instant, on sait qu’il y aura à minima 3 activités majeures: les quêtes principales qui font avancer le scénario, les quêtes secondaires qui consistent à aider les différents PNJ rencontrés dont les objectifs seront divers et variés (combattre des monstres bien précis, etc) mais aussi les histoires secondaires directement liées aux personnages qui accompagnent notre protagoniste. Des quêtes entièrement scénarisées qui apportent de la profondeur à chaque membre de l’équipe mais aussi au lore du jeu et surtout des récompenses qui viendront directement impacter le gameplay au fil des heures (par exemple, de nouvelles recettes de consommables). L’entièreté de l’aventure s’annonce donc particulièrement généreuse, à voir jusqu’à quel point et si elle n’en deviendra pas indigeste au fil des heures.



De cette douzaine d’heures sur Monster Hunter Stories 3: Twisted Reflection en ressort une formule, déjà solide dans les deux premiers épisodes, très fortement améliorée dès les deux premiers chapitres du jeu. Si j’aurais pu d’emblée parler d’une formule transcendée, la réserve reste nécessaire tant j’espère qu’il n’a pas dévoilé l’entièreté de sa main pour nous surprendre encore plus dans le jeu final. En effet, MH Stories 3 se dévoile déjà comme étant l’épisode le plus ambitieux mais aussi le plus abouti en tous points. Toujours est-il que ces deux premiers chapitres sentent très bon pour en faire l’épisode le plus incontournable de la série tant en termes de scénario qu’en termes de gameplay. Ce qui est une certitude c’est que j’ai hâte de pouvoir continuer l’aventure et découvrir où il veut aller dans cet élan de maturité et comment va évoluer son gameplay qui a déjà fortement gagné en profondeur.