
C’est en 2012 (au Japon) que FLIPFLOPs, un duo de mangaka composé de Shu « Ginko » Miyama à l’écriture du scénario et Yuki Takahata au dessin, connait un véritable revirement dans leur carrière avec la publication de Darwin’s Game, un thriller dans un univers de science-fiction. Trente tomes et une bonne dizaine d’années plus tard (2023 au Japon, 2025 en France éditée par Ki-Oon), la série se termine. Le duo s’attelle donc à un nouveau projet: L’Apprenti de Lord Magear, une histoire de dark fantasy qui voit le jour en 2024 au Japon. Et alors que les librairies japonaises ont déjà accueilli les 5 premiers tomes, la sortie du premier volume est imminente en France, prévue le 2 avril 2026 sous la coupe de Mana Books dans la collection Epic et appartenant à la catégorie des Seinen. Après la renommée à l’international de Darwin’s Game, le duo nous revient avec une toute nouvelle histoire à nous raconter. C’est parti pour vous parler, sans spoilers, de ce premier tome de L’Apprenti de Lord Magear.
Cette chronique a été réalisée à partir d’une version physique, accompagnée de son presskit, envoyée par l’éditeur.

| Editeur | Mana Books |
| Prix | 7€20 |
| Date de sortie | 2 avril 2026 |
| Nombre de pages | 199 |
| Format | 13 x 18 cm |


Synopsis
Enfant, Gar a été sauvé par une magicienne de très haut niveau nommée Kuon. Quelques années plus tard, le jeune homme, devenu mercenaire, rejoint un groupe de chevaliers qui l’a engagé pour éliminer un magicien.
Mais tandis qu’ils sont en route vers leur objectif, les chevaliers sont débusqués par leur cible, et les hostilités commencent. Face à cet ennemi surpuissant, Gar doit faire un choix qui l’amène étonnamment, à devenir l’apprenti de Kuon!

Mon avis
A 9 ans, Gar est mortellement blessé. Ses heures étant comptées, la magicienne Kuon doit donc agir rapidement pour pouvoir le sauver grâce à l’utilisation d’un magie puissante, appelée Magear. Cinq ans plus tard, Gar est sain et sauf. Devenu un mercenaire solitaire malgré lui, sa vie n’est plus en danger. En tout cas, tout porte à le croire. Envoyé en mission pour combattre un puissant magicien, son groupe et lui sont débusqués et attaqués par l’ennemi. Gar n’est plus un petit garçon comme les autres et il possède désormais des capacités hors du commun qui lui permettent de se sortir de cette très mauvaise posture. Le hasard veut qu’il retrouve celle qui l’a sauvé d’une mort certaine quelques années auparavant, bien décidée à le prendre pour apprenti afin de lui apprendre les ficelles de la magie. Un plan qui ne le botte pas plus que ça mais après tout, on ne lui laisse pas vraiment le choix.
Voilà grossièrement comment commence ce premier tome de L’Apprenti de Lord Magear qui pose ici évidemment quelques bases et le contexte de son récit et de son univers de dark fantasy qui se concentre donc sur Gar, un prodige de l’épée, un mercenaire solitaire, et Kuon, une puissante magicienne un peu excentrique sur les bords.

Le rythme est plutôt très bien maitrisé, qui sait intelligemment alterner entre le présent et quelques flash-back qui permettent d’apporter des précisions sur son univers, en ce concentrant sur la notion de Magear par exemple, ainsi que sur ses personnages principaux et ce qui les a menés à voyager ensemble et surtout pourquoi. Les explications fusent au bon endroit au bon moment pour nous happer dans ses planches et son univers qui réussit à nous intriguer alors même que son récit reste assez classique pour ne pas dire relativement convenu à la lecture du premier tome.
Mêlant scènes d’action, un brin sanglantes, et voyage initiatique d’apprentissage, L’Apprenti de Lord Magear introduit un mélange de combat au corps à corps à l’épée et magie, un duo de personnages que tout oppose le tout en capitalisant sur le mystère qui entoure les puissants artefacts que sont les Magear. Petit point déroutant, ses enjeux sont, à la fin de ce premier tome, encore flous. On ne sait pas vraiment où il veut aller. Si on imagine que la suite nous réserve quelques surprises, difficile de vraiment de poser les premières théories.

Quant au dessin, on retrouve la finesse du trait de Yuki Takahata, qui alterne une nouvelle fois entre planches minimalistes qui nous permettent de nous concentrer sur les dialogues avant tout et une mise en scène et des décors détaillés qui mettent en valeur les scènes d’action, fort réussies, ou tout simplement dynamiser certaines scènes.
Changement drastique d’univers pour le duo de FLIPFLOPs qui troque la science-fiction, le thriller sombre et mature de Darwin’s Game pour un univers de dark fantasy plus classique tout en apportant son lot de mystères. Si on apprécie les prémices du voyage de Gar et Kuon, la notion de Magear, au cœur du récit, et la puissance qu’ils octroient nous intriguent assez pour vouloir en savoir plus. Le tout est teinté d’un brin d’humour, léger mais jamais excessif. On regrette toutefois un certain manque d’enjeux qui nous plonge dans un inconnu déroutant et nous laisse un peu sur notre faim une fois la lecture terminée. Peut-être aurait-il fallu sortir les deux premiers tomes pour nous mettre réellement l’eau à la bouche? Toujours est-il que L’Apprenti de Lord Magear n’en reste pas moins prometteur à la lecture de ce premier tome, à voir évidemment ce qu’il nous réserve sur la durée.
