
Après un premier épisode nommé simplement Fatal Frame en 2001, (plus connu chez nous sous le nom Project Zero jusqu’au cinquième épisode), Fatal Frame II: Crimson Butterfly sort en 2003 en Amérique du Nord et au Japon, puis en 2004 en Europe, exclusivement sur PS2 pour être porté plus tard sur Xbox puis sur Wii (version sortie en 2012 entièrement développée par Grasshopper Manufacture). Episode particulièrement acclamé par la critique et les joueurs, Fatal Frame II renaît aujourd’hui sous un jour nouveau, un remake, confié par Koei Tecmo à la Team Ninja (Ninja Gaiden, NiOh, Rise of the Ronin, Dead or Alive, etc), sorti le 12 mars 2026 sur PS5, Xbox Series S|X, Nintendo Switch 2 et PC. Si vous me connaissez depuis longtemps, vous saurez que le survival horror est loin d’être mon genre de prédilection mais si vous aviez suivi mes pérégrinations streamiennes sur Twitch, vous saurez aussi que j’ai été profondément marquée par Project Zero 4: Le Masque de l’Eclipse Lunaire, qui me hante encore 3 ans après la sortie de sa version remastered. J’ai donc une fois de plus sauté sur l’occasion de vous parler d’un Fatal Frame/Project Zero sur le blog.

| Version | Dématérialisée sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | Environ 21h |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 34% des succès |
| Difficulté | Normal (un « boss » en facile) |

| Genre(s) | Survival-Horror, Paranormal |
| Date de sortie | 12 mars 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 49.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2 et PC |
| Voix | Japonais, Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

Nous suivons Mio, que nous contrôlons, et Mayu Amakura, deux sœurs jumelles marchant sur les pas de leur enfance dans les bois de Minakami. Alors qu’elles s’engouffrent malgré elles dans la forêt, alors que Mayu se lance à la poursuite d’un papillon, Mio tentant de la rattraper, elles atterrissent toutes deux dans un mystérieux village. Un village hanté, pour ne pas dire maudit, par son passé et qui renferme de bien lourds secrets qui vont piéger les deux jeunes sœurs dans ses ruelles. Alors que Mayu semble subir la malveillance du village de plein fouet, il revient à Mio la lourde tâche de trouver un moyen de sortir de ce cauchemar aux côtés de sa sœur.
Scénaristiquement, ce Fatal Frame II Remake fait du Fatal Frame tout craché. Un trou paumé, des esprits vengeurs et des jeunes femmes prises au piège par le passé tumultueux des lieux. Si vous avez à minima fait un Fatal Frame/Project Zero précédemment, les codes scénaristiques y sont toujours très similaires, permettant à la licence de s’octroyer une véritable identité.

Car si c’est bien l’histoire de Mayu et Mio que nous découvrons au fil des chapitres, c’est aussi l’histoire de Minakami, son passé, ses secrets, ses mystères et sa noirceur qui se dévoile à nous au fil que nous avançons. Et si les nombreux « flash back » permettent d’y voir un peu plus clair sur ce qui attend nos jumelles, il ne faut pas sous-estimer la dimension environnementale de la narration, au travers de l’exploration des nombreux lieux que nous visitons, mais aussi des entités qui croiserons notre chemin et des nombreux documents à trouver et à lire pour comprendre le fond de l’histoire.
Plus classique, Fatal Frame II propose une histoire un tantinet plus prévisible que Project Zero 4: Le Masque de l’Eclipse Lunaire, par exemple, et peut donc s’avérer moins marquant. Moins marquant mais pas forcément moins bon, puisque la licence a cette force qui rend chaque épisode un peu unique en son genre, qui va un peu plus loin qu’une histoire banale de fantômes.


Concernant le gameplay, on retrouve évidemment la Camera Obscura, un appareil photo d’un ancien temps, capable de capturer les esprits qui viendront perturber notre recherche de la sortie du village. Un appareil photo qui sert « d’arme » pour les mettre hors d’état de nuire. Si on retrouve les nombreux types de pellicules, qui servent de « munitions », qui feront plus ou moins de dégâts selon l’état et le statut de chaque entité rencontrée, la Camera Obscura de ce Fatal Frame II Remake dispose également d’un système de filtres. Filtre classique, filtre révélateur, au nombre de 4, chacun a ses propres capacités face à un esprit, photo spéciale mais qui servira également dans la résolution des énigmes tout au long du jeu. On pourra par exemple suivre des pistes ou révéler des chemins invisibles à l’œil nu entre autres. Chaque cliché, en plus de faire des dommages plus ou moins importants selon sa qualité (mise au point, cadrage, etc) à nos poursuivants, permettra à Mio de récupérer de la volonté, qu’elle consomme dès qu’elle court ou qu’elle esquive, semblable à de l’endurance. Les points obtenus à chaque cliché permettent à Mio d’acheter objets de soin et améliorations de talismans.

Contrairement à l’épisode original sur PS2, le remake reprend la maniabilité à la troisième personne, caméra libre, initiée dans la version Wii. Une maniabilité qui se veut être la plus moderne qui soit, et la plus standard actuellement également. Pour autant, si le remake se veut être une version modernisée du jeu original, il n’en perd pas l’essence de la licence, ce qui, à mon sens, fait de Fatal Frame une licence à part de ses homologues survival-horror: la fragilité de ses protagonistes. Nous suivons de frêles jeunes femmes, ici des adolescentes d’une quinzaine d’années, poursuivies et piégées. En cela, le gameplay se veut parfois lourd, parfois lent donnant cet aspect de fragilité et d’impuissance face à des forces inquiétantes. Autant dire que si vous venez de quitter Leon S. Kennedy et ses cabrioles dans Resident Evil Requiem, le gameplay de Fatal Frame II pourra vous sembler d’un ennui mortel. De plus, Fatal Frame II se dote également de nombreuses phases de poursuites ou encore d’infiltration qui viennent apporter encore plus de moments de tensions. On regrette qu’il tombe parfois dans le piège de quelques pics de difficultés qui consistent avant tout à nous enfermer dans des endroits où la mobilité est bien trop restreinte (qui rappelle certains passages frustrants de Project Zero 4), ou nous laissant faire face à des esprits un peu trop résistants alors que l’équilibrage global a été repris et amélioré dans le premier gros patch post lancement.


Je le mentionnais plus haut, la dimension d’exploration est particulièrement importante tant pour approfondir le scénario au travers des nombreux documents à lire mais également pour dénicher tout un tas d’objets qu’on ne peut obtenir qu’en les trouvant. Par exemple, les différentes pellicules qui nous servent de munitions pour la Camera Obscura ne peuvent qu’être trouvées et non achetées, ainsi que les perles de prières qui servent à débloquer des améliorations de notre appareil photo et ses filtres, pour ne citer que ces exemples. De plus, l’exploration et une attention particulière permettent de débloquer de nombreuses quêtes secondaires qui viennent apporter encore plus de lumière sur l’histoire de certains esprits et de Minakami plus globalement. Enfin, Fatal Frame II Remake compte plusieurs fins, permettant ainsi d’apporter une rejouabilité du titre non négligeable en plus de son New Game +.
Si la modernité est au rendez-vous du côté du gameplay (sans jamais perdre de vue son essence), cette nouvelle mouture de Fatal Frame II jouit également d’une partie graphique entièrement refaite à l’aide du Katana Engine (Rise of the Ronin, NiOh 3, Atelier Yumia, Dynasty Warriors Origins, etc). En résulte, un jeu aussi magnifique qu’inquiétant, par la beauté de ses décors, des expressions faciales (de Mio et Mayu tout particulièrement), mais aussi de ses jeux d’ombres et de lumières. Pour autant, si la partie graphique est quasi irréprochable (on pestera éventuellement sur l’utilisation du grain dorénavant désactivable dans les options), c’est évidemment l’ambiance globale qui fera le plus gros du boulot. Et là, accrochez vous, parce qu’il n’y va jamais de main morte (sans mauvais jeu de mots).


Chaque pièce, chaque maison, chaque couloir, chaque ruelle, chaque ouverture de porte vous donne froid dans le dos, tant Team Ninja a été jusqu’au boutiste pour apporter cette ambiance glauque sans jamais franchir de limite. Et c’est là encore, à mon sens, ce qui fait que Fatal Frame a ce petit quelque chose en plus qui va m’attirer dans ses filets plus vite qu’il n’en faut pour dire ouf alors que je ne coure habituellement pas vers le genre à grandes enjambées. L’ambiance sonore n’est pas en reste puisque chaque crissement de bois, chaque bruit de porte, chaque murmure vous glace le sang tant le sound design est de très haute volée.
Techniquement, je n’ai pas grand chose à redire si ce n’est que si vous jouez sur consoles, le jeu est bloqué à 30 FPS. Si ce n’est pas un problème majeur pour moi puisque je préfère ça à la fluidité indécente des 60 FPS qui a tendance à me donner le tournis, il faut malgré tout pointer du doigt l’absence de choix concernant la fluidité (injustifiée sur PS5 et Xbox Series X et d’autant plus sur PS5 Pro).


Inspiré des grands nom du cinéma d’horreur japonais, Ring et Ju-on (The Grudge) en tête, Fatal Frame en tant que licence n’a rien a envier à ses homologues du genre, de Resident Evil à Silent Hill, tant elle apporte sa propre patte horrifique au genre grâce à sa dimension plus surnaturelle. Une licence qui s’est fait un nom et une réputation dans le médium grâce à un gameplay qui sort des sentiers battus. Team Ninja rend ici une copie maitrisée, bien que teintée de quelques faiblesses, mais qui globalement réussit avec brio à nous coincer dans ses filets. De son scénario, à sa narration environnementale en passant par son ambiance visuelle et sonore, Fatal Frame II Remake se veut être avant tout une version plus moderne du jeu original tout en assumant quelques aspects qui peuvent avoir pris un léger coup de vieux. Mais une fois de plus, ce Fatal Frame II me laissera un immense vide. J’espère au plus profond de moi que ce remake n’est qu’un avant goût du futur de la licence.

- Le scénario globalement réussi…
- La narration environnementale omniprésente (et intéressante)
- Le Katana Engine qui fait des merveilles
- L’ambiance visuelle et sonore à couper le souffle (et à vous faire caca dessus)
- La Camera Obscura et son système de filtres
- L’exploration au cœur du gameplay et du scénario
- Très belle rejouabilité

- …mais moins marquant qu’un Project Zero 4
- La maniabilité (rigidité, lenteur) pourra en rebuter certains
- Le 30 FPS sur consoles c’est du non sens
- Il tombe parfois dans quelques pièges de la difficulté (zones d’affrontements trop petites, esprits trop résistants)