
C’est lors du Summer Game Fest de juin 2024 que nous avons entendu parler de Cairn pour la première fois. Dans la peau de Aava, la plus grande alpiniste du monde, vous n’avez qu’un seul objectif : devenir la première personne à atteindre le sommet de la montagne Kami. Initialement prévu de sortir le 5 novembre 2025, le jeu est finalement repoussé de quelques semaines pour fixer sa date de sortie définitive au 29 janvier 2026 sur PS5 et PC. Développé par le studio français The Game Bakers, Cairn est la première sensation de cette année. Explications sur un très gros coup de cœur qui entame une année qui risque bien d’être mémorable.

| Version | Numérique sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 16 heures |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | / |
| Difficulté | Explorateur (Facile) |

| Genre(s) | Simulation, Exploration, Aventure |
| Date de sortie | 29 janvier 2026 |
| Prix (maximum conseillé) | 29.99€ |
| Plateforme(s) | PS5 et PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |

Avant de se plonger dans Cairn, il est important de vous parler du studio. The Game Bakers est un studio français, basé à Montpellier depuis 2010. Crée par deux ancien(ne)s développeurs/euses d’Ubisoft, Audrey Leprince et Emeric Thoa, le studio a d’abord fait ses armes avec des titres à destination du mobile (Squids, Squids Wild West et Combo Crew) puis est passé sur consoles de salon avec Furi en 2018 et Haven en 2020. Cairn est développé depuis 2020 par une équipe resserrée de 25 personnes. On y retrouve au scénario et à la direction artistique un certain Mathieu Bablet, un dessinateur et scénariste orienté Science Fiction (La Belle Mort, 2011, Adrastée, 2013, Shangri-La, 2016, Carbone et Silicium, 2020, Silent Jenny, 2025). La réalisation, quant à elle, est assurée par Emeric Thoa. Une alpiniste de renom, Élisabeth Revol, a été consultée pour les besoins du jeu. Le studio a également sollicité Lukas Julian Lentz (Cocoon) et Martin Stig Andersen (Limbo et Inside) en ce qui concerne la partie sonore de Cairn. Enfin, Cairn est vu par le studio comme une conclusion à sa trilogie sur la liberté commencée avec Furi.

Quand vous êtes la plus grande alpiniste de votre génération et avez, pour ainsi dire, tout vu, tout connu, tout exploré, vous avez à cœur de vouloir atteindre le sommet de la montagne la plus dangereuse de votre monde : Kami. C’est ainsi que dans la peau de Aava, vous vous lancerez dans l’ascension de la vie de votre protagoniste.
Si le scénario est a priori simple, il n’est pas simpliste. Son écriture est fine, réaliste, humaine. La narration n’est pas en reste non plus puisqu’elle assure de vous raconter une histoire qui vous surprendra au fur et à mesure de l’ascension de la montagne en se concentrant uniquement (ou presque) sur Aava.
Aava, parlons-en. Pragmatique, courageuse, revancharde, elle se montre d’une dureté telle qu’elle est d’une humanité qui m’a profondément marqué, me reconnaissant énormément en elle. J’ai de suite été « connecté » avec elle, ressentant sa douleur, sa rage, son envie de réussir et au final me faisant son objectif, mon objectif. Sa frustration était devenue la mienne, sa soif de réussite la mienne. A chaque centimètre gagné, je ressentais autant qu’elle la fierté d’y être arrivé.

Du côté du gameplay, vous allez devoir vraiment gravir une « vraie » montagne. De sa base jusqu’à son sommet, vous allez la gravir comme un(e) vrai(e) alpiniste. En vous servant de vos bras, de vos jambes, de la gravité et de votre équipement, vous allez crapahuter comme dans aucun autre jeu vidéo ne l’avait fait avant Cairn. Pas de panique cela étant dit puisque des « aides » sont du voyage. En effet, en cas de chute, vous aurez le droit à un ralenti vous ramenant à un moment que vous allez décider avant votre chute. Pour gravir cette foutue montagne, vous allez étudier le terrain avant de tenter une escalade et devrez être observateur dans un premier temps. Une fois lancé dans votre ascension, vous devrez faire preuve d’une immense patience puisque Cairn n’est pas arcade mais lorgne réellement du côté de la simulation.
Même dans sa difficulté la plus basse, Cairn ne vous laissera aucun cadeau et vous devrez vous prendre en main, sans attendre personne qui viendrait vous aider. Vous êtes seul(e)s, livré(e)s à vous même. Vous devrez faire attention à vos jauges de faim, de soif et de chaleur. Se faisant, vous pourrez très souvent (et je vous l’encourage fortement) à faire des haltes à des endroits prévu pour ça afin de vous reposer, de vous sustenter et de préparer la suite de votre voyage en vous préparant moultes encas. Il y a (encore) une donnée à prendre en compte, l’état de vos mains. Se faisant, vous devrez être vigilant(e) et vous guérir à l’aide de pansements afin d’avoir une adhérence la plus maximale possible.


Développé à l’aide du moteur Unity, Cairn nous offre une Direction Artistique unique, magnifique, inédite. Que ce soit les paysages, de jour comme de nuit (surtout la nuit et ses panoramas d’ailleurs) mais aussi le reste, Cairn est absolument superbe et dépaysant de bout en bout. Le seul bémol étant du côté de sa technique. Si Cairn tourne en 60 FPS, j’ai le regret de vous informer qu’il n’est pas stable et nous propose un sacré paquet de ralentissements. Je ne compte plus le nombre de fois où ça m’est arrivé sur mes 16 heures de temps de jeu mais je vais être totalement franc avec vous, je ne lui en tiens pas rigueur. Néanmoins, pas de freezes ni de problèmes à vous remonter sauf un très gros souci que je vous remonte dans les lignes qui vont suivre.
Je me dois de vous raconter une énorme frayeur que j’ai eu à gérer vers la moitié de mon ascension. En effet, lors d’un passage vraiment difficile, je me suis retrouvé bloqué de l’autre côté du décor, sans réussir à me dégager. Malgré un système de point de sauvegarde auto qui, en temps normal, avantage le joueur, ici rien à faire, je suis resté bloqué avec la mort dans l’âme : être obligé de recommencer à zéro. Le studio a eu beau être réactif pour tenter au mieux de me décoincer, rien n’y a fait et le couperet était presque tombé. Mais grâce au sauvetage surprise de ma rédac cheffe, j’ai réussi à me sortir de ce mauvais pas et ainsi pouvoir reprendre mon ascension, ouf !

La bande son se révèle être dans le ton de l’œuvre. Le studio a le génie de la faire intervenir quand il le faut, pour accompagner le moment et lui permettre d’être le plus mémorable possible. Mais elle sait aussi quand elle doit se mettre en retrait afin que nous soyons livrés à nous mêmes, avec pour seul compagnon nous mêmes. Et ça marche vraiment puisque la dernière fois que je n’avais pas ressenti une aussi forte solitude, c’était avec Rise of The Tomb Raider, ce qui est avec moi, un compliment de taille.
Je souligne également la prise en charge de certaines des fonctionnalités de la DualSense qui assure de connecter le joueur avec Aava d’une bien belle manière et se permet de nous offrir des sensations en adéquation avec l’œuvre.

Maintenant que le tour du propriétaire est fait, il est temps pour moi de vous donner mon avis sur ce Cairn. Annoncé en juin 2024, j’ai surveillé Cairn d’un coin de l’œil en patientant tranquillement pour le jour où je pourrais m’y plonger, le résultat final a dépassé mes attentes les plus folles. Cairn est une œuvre exigeante (mais pas au point non plus d’être un Dark Souls like) mais qui vous le rendra infiniment plus. En vous plongeant dans son ascension de la montagne Kami, vous vous glisserez dans la peau de Aava, ressentirez ce qu’elle ressent, souffrirez comme elle va souffrir. Son ascension deviendra la vôtre. Sa souffrance deviendra la vôtre, sa fierté la vôtre. Dans Cairn, vous ne faîtes pas qu’incarner Aava, vous deviendrez Aava, pour le meilleur comme pour le pire.
Je me suis tellement glissé dans la peau de cette alpiniste de renom virtuelle que j’ai fini par m’y reconnaitre comme un reflet dans le miroir et vouloir coûte que coûte réussir à gravir cette foutue montagne pour atteindre les rêves qui n’étaient pas les miens (mais qui l’étaient devenus un peu quelque part). J’en retire une certaine leçon de Cairn: la patience. Mais aussi une certaine rage de vaincre qui s’est un peu réveillé durant mon ascension.

Vous l’avez sans doute déjà compris mais Cairn est un absolu chef d’œuvre absolument inédit dans son genre et je ne peux que vous le recommander de toute urgence si vous vous reconnaissez un peu dans mes propos. Le fait d’être livré à vous mêmes, seul(e) face à une montagne qui n’a que faire de vous et face aux éléments, vous devrez ne compter que sur vous pour réussir et repousser vos limites et celles de Aava.
Pour le mot de la fin, si je n’ai pas vraiment de grief à émettre envers Cairn, j’ai tout de même une petite demande à formuler, c’est bien évidemment celle de la version physique du jeu, qui si à ce jour n’est pas prévu par le studio qui s’auto édite, j’espère vraiment que les ventes suivront, afin de pouvoir mettre la main sur une version physique du jeu puisqu’il le mérite amplement. Enfin, merci The Game Bakers, vous pouvez vraiment être fiers de vous, aux vues de toutes les émotions que j’ai ressenti durant mon ascension, merci !


On ouvre le bal de cette année 2026 par un énorme coup de cœur. Cairn est une réussite de bout en bout, la marque pour moi des plus grands et donc des chef d’œuvre. Si les mots me manquent pour vous décrire à quel point j’en suis ressorti plein d’émotions, je ne peux que vous recommander chaudement de vous y plonger à votre tour. Si la solitude ne vous fait pas peur, si le fait d’être confronté avant tout à vous même et vos limites vous parle, je ne peux que vous inviter à votre tour à l’ascension de Kami, peut être que comme moi, vous deviendrez, le temps de votre aventure, Aava et sa rage de vaincre.

- Aava, attachante et tellement humaine
- Le doublage anglais, un sans faute
- Positivement éprouvant
- La fierté que l’on ressent, étapes par étapes
- Une durée de vie parfaite (16h)
- Le gameplay, redoutable et addictif
- Le scénario et la narration
- Graphiquement et artistiquement, c’est quelque chose
- La DualSense
- Le mode photo !

- Beaucoup de ralentissements, y compris sur PS5 Pro
- Je rêve secrètement d’une version physique bourré de goodies en tous genres
- Quelques bugs de collision qui sont susceptibles d’être bloquants (mais contournables grâce à son système d’itinéraire)