
En 2016, le studio espagnol Anima Project et son éditeur Badland Indie lancent Anima Gate of Memories, un action-RPG tiré du jeu de rôle sur plateau Anima: Beyond Fantasy, sur PS4 et PC. Malgré un accueil plutôt timide, le studio et l’éditeur remettent le couvert deux ans plus tard avec Anima The Nameless Chronicles sur les mêmes plateformes tout en sortant son prédécesseur sur Nintendo Switch et Xbox One dans le même temps. Moins de 10 ans plus tard, la Porteuse de Calamités et Ergo Mundus sont revenus dans une réédition incluant les 2 épisodes: Anima Gate of Memories I & II Remaster sur PS5, Xbox Series S|X et PC (le jeu est également prévu sur Nintendo Switch 2 courant 2026), le 7 novembre 2025. Après avoir parcouru l’Arcane en long en large et en travers, voici donc mon test de cette duologie.

| Version | Dématérialisée sur PS5, fournie par l’éditeur |
| Temps de jeu | 25h (15h pour le premier, 10h pour le second) |
| Histoire terminée | Oui |
| Complétion totale | 62% des trophées débloqués |
| Difficulté | Normal, facile, très facile |

| Genre(s) | Action, Aventure, Solo, RPG |
| Date de sortie | 7 novembre 2025 |
| Prix (maximum conseillé) | 29.99€ |
| Plateforme(s) | PS5, Xbox Series X|S et PC |
| Voix | Anglais |
| Textes français | Oui |
| Connexion obligatoire | Non |
Anima Gate of Memories

La Porteuse de Calamités est une jeune agente de l’Ordre de Nathaniel qui la missionne de surveiller Ergo Mundus, un puissant démon qui a manqué de tout détruire avant d’être scellé dans un livre (sorte de Grimoire Weiss maléfique l’accent britannique en moins). En parallèle, ils doivent mettre la main sur le livre interdit, Byblos, protégé par des Messagers et leur essence. Evidemment tout ne vas pas se passer comme prévu, ou peut-être bien que si.
Anima Gate of Memories promet une chose: une histoire un peu nanardesque portée par notre duo de personnages que sont la Porteuse et son bouquin démoniaque. Si globalement le scénario se laisse suivre avec un certain intérêt, c’est son écriture et ses doublages qui n’aident pas à ce qu’on le prenne réellement au sérieux, le tout doublé d’un humour gras parfois douteux à coup de « Poupée » et de « La ferme ». Mais il a matière à nous esquisser quelques sourires, un comble dans une ambiance presque apocalyptique, mais après tout un peu de légèreté ne fait jamais de mal.
C’est convenu et déjà-vu sans pour autant être désagréable. On appréciera cependant sa rejouabilité si on veut s’amuser à faire toutes les fins (en ce qui me concerne, j’ai débloqué la meilleure et la pire, autrement dit les plus faciles à terminer et les plus évidentes).

En termes de gameplay, Anima Gate of Memories est un action-RPG/beat’em all/hack’n slash. Le tout est relativement dynamique porté par une palette d’attaques déblocables dans des arbres de compétences mais surtout par la possibilité d’alterner entre la Porteuse et Ergo Mundus. Si les premières heures sont grisantes, s’ensuivent malheureusement une accumulation de décisions hasardeuses. La première étant la maniabilité dans son ensemble: on esquive avec la gâchette droite, le saut est souvent imprécis, la caméra est capricieuse et surtout la difficulté est indécente, en normal, en facile, parfois même en très facile, le tout sans l’éternelle solution de repli qu’est le farm puisque si les combats sont nombreux tout au long de l’aventure, les ennemis ne réapparaissent pas forcément (en d’autres termes si vous avez décidé de farmer, bon courage j’espère que vous avez du temps devant vous).
Son cheminement quant à lui se veut être assez répétitif, on récupère 3 souvenirs d’un Messager dans une aile de la tour d’Arcane, on le localise, on le bat et ce jusqu’à atteindre le combat de boss de fin. Chaque aile a ses propres thèmes, ses propres énigmes, ses propres décors ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi mais dans l’ensemble le tout manque cruellement d’indications et d’intuition nous faisant donc souvent revenir sur nos pas de nombreuses fois parce qu’on est tout simplement paumés et qu’on ne sait pas trop quoi faire ensuite.
Concernant l’aspect RPG, on retrouve donc deux arbres de compétences (un par personnage jouable), des armes et équipements à trouver ou à acheter, et c’est tout. Le tout manque cruellement de folie, là encore entaché par un manque de clarté concernant les niveaux, on prend des points d’expérience mais tout est un peu flou, on ne sait pas trop où on en est, bref advienne que pourra pour aller se frotter à ces boss sacs à PV.


Anima The Nameless Chronicles

Si le nom de cette version remasterisée porte le nom de Anima Gate of Memories I & II, The Nameless Chronicles n’est en rien une suite au jeu précédent. On y incarne le Sans-Nom, un personnage rencontré durant Gate of Memories et l’histoire se déroule en parallèle des aventures de la Porteuse de Calamités et Ergo Mundus. Autrement dit, l’histoire est la même mais d’un point de vue différent (même si c’est un peu plus compliqué que ça mais vous avez l’idée).
Evidemment, difficile de vous parler en profondeur de son histoire sans risquer de vous spoiler le premier jeu, ce qui serait absolument contre-productif donc je vais m’en tenir à la qualité d’écriture. Après un premier un peu lourd en de nombreux points (humour, répétitivité, maniabilité), je partais sur le deuxième avec une petite appréhension, celle de retrouver les mêmes erreurs et errances. Et bien, j’ai été agréablement surprise par ce deuxième épisode, qui a, globalement, réussi à gommer les imperfections de son prédécesseur.

On incarne donc le Sans-Nom, un personnage mystérieux, surpuissant et immortel qui tente de barrer la route à l’Ordre de Nathaniel (et par extension à la Porteuse et Ergo) pour une raison que je ne dévoilerai pas, les deux intrigues étant étroitement liées. Outre un scénario un tantinet mieux écrit, The Nameless Chronicles est sensiblement plus mature et le récit est mieux développé. Le personnage du Sans-Nom est quant à lui particulièrement intéressant et son histoire sera au cœur de l’intrigue, ce qui manquait malheureusement à Gate of Memories concernant la Porteuse.
Côté gameplay, on retrouve les bases du premier jeu, à la différence près qu’ici on a qu’un seul personnage jouable. Si on retrouve les quelques fulgurances de Gate of Memories notamment la maniabilité et les aspects RPG un peu en retrait, manette en main il est nettement plus agréable notamment avec la difficulté mieux gérée (je suis restée en normal quasiment tout du long alors que j’ai beaucoup alterné entre 3 difficultés sur le premier).
Quant à son cheminement, il est également mieux pensé, plus intuitif, et ce sans plus d’indications (l’expérience acquise avec le premier?) mais aussi plus diversifié tout en arpentant sensiblement les mêmes décors (on rappelle que les deux jeux se passent en même temps dans les mêmes endroits). Les boss, par contre, ils sont toujours sacs à PV, ça change pas.

Pour ce qui est de leurs aspects visuels, sans être des foudre de guerre et talonner les productions actuelles, Anima Gate of Memories I & II s’en sort pas trop mal. C’est plus joli qu’à l’époque mais le tout reste malgré tout un peu baveux. Quand on est habitués à des titres comme les Caligula Effect ou autres productions japonaises modestes (les jeux de Furyu par exemple), Anima Remaster est un peu de cet acabit. Autrement dit, en ce qui me concerne, cela ne me dérange pas plus que cela mais objectivement c’est pas toujours très joli. Certaines zones sauront se démarquer plus que d’autres mais ça ne va malheureusement pas plus loin. Il lui manque malheureusement un certain grain de folie notamment dans sa mise en scène qui aurait mérité un peu plus de peps. La bande originale quant à elle s’en sort avec les honneurs, il faut le souligner.



Anima Gate of Memories I & II sont loin d’être de mauvais jeux. Si on a vu largement mieux, on a aussi vu largement pire. Bref, ce sont des jeux moyens (mid comme on dit dans le jargon), sympathiques bien que déjà vus portés par une ambition de nous faire découvrir leur univers. En ce qui me concerne, j’ai été particulièrement surprise par le deuxième jeu, mieux écris, plus mature, mieux géré dans l’ensemble après un premier épisode qui m’a laissée un peu plus de marbre. Cela étant dit ce sont deux action-RPG certes modestes mais qui ne sont pas désagréables pour autant. Sans être des incontournables, des jeux intéressants à faire pendant une période creuse.

- Deux jeux, deux points de vues différents
- L’OST s’en sort avec les honneurs
- Sans être tape à l’œil, un beau travail de remasterisation
- The Nameless Chronicles un cran au dessus du premier
- La rejouabilité pour débloquer toutes les fins
- La durée de vie idéale (25h pour les deux jeux)
- Un prix plutôt doux

- Une mise en scène qui manque de folie
- L’humour du premier parfois un peu lourd
- La difficulté indécente dans le premier jeu
- Les boss sacs à PV
- Le doublage risible