[Lecture Geek] Les Mystères de Monkey Island : À l’abordage d’une saga culte

Third Editions est une maison d’édition basée à Toulouse et dont la particularité est d’inviter des auteurs à parler de leur œuvre de cœur. Du jeu vidéo au manga en passant par le cinéma, nombreuses sont les œuvres qui sont passées entre les mains des auteurs de la maison toulousaine, de Pokémon à Persona, en passant par Dune, l’Attaque des Titans ou encore Final Fantasy, Death Note, Indiana Jones et bientôt A Plague Tale (pour ne citer que ceux là, il faut dire qu’aujourd’hui l’éditeur compte un nombre d’ouvrages des plus impressionnants), tous les genres y passent pour nous proposer des livres complets retranscrivant histoires, anecdotes et analyses diverses. Mais aujourd’hui je vous parlerai de celui traitant de Monkey Island.

Ecrit par Nicolas Deneschau, cet ouvrage est son premier projet en solo (mais pas le dernier). En effet, si vous suivez l’actualité de Third Editions, ce nom ne vous sera pas inconnu puisque vous aviez pu découvrir sa plume dans « Uncharted, Journal d’un explorateur » en 2018 co-écrit aux côtés de Bruno Provezza. Depuis, celui que l’on connait sous le pseudonyme « Nicozilla_FR » sur les réseaux sociaux, enchaine les ouvrages pour l’éditeur toulousain dont The Last of Us, Godzilla, Jurassic Park et donc… bien évidemment Monkey Island, nommé Les Mystères de Monkey Island paru en 2019, dont je vais vous parler dans cet article.

Je tiens à remercier Third Editions ainsi que l’agence s’occupant de leurs relations presse sans qui cet article n’aurait pu être possible. Un immense merci pour la confiance qu’ils m’ont accordée.

D’un bref retour oblige sur la biographie de George Lucas, que l’on ne présente plus dans la culture populaire, en passant par la création de Lucasfilms, Lucasfilms Games et son changement de nom en LucasArts, Nicolas Deneschau ne manque pas de retracer avec brio l’histoire du jeu d’aventure et du genre point ‘n click et comment Monkey Island en est devenu la genèse.

Les premières pages expliquent comment les jeux d’aventure des années 80 qui consistaient à écrire comment nous voulions avancer dans l’histoire ont peu à peu évolué vers un gameplay qui demandait à ses joueurs de « pointer » et « cliquer ». D’ailleurs en lisant ces quelques lignes, impossible de ne pas penser à l’épisode 6 de la quatrième saison de The Big Bang Theory, La formule du pub irlandais, durant lequel nous regardons Sheldon jouer à l’un de ces précurseurs du jeu d’aventure:

Sheldon: « Vous vous trouvez dans une forêt, il y a des sables mouvants à l’ouest et un petit sentier qui descend à l’est. [tape sur son clavier] Aller à l’ouest. Vous vous trouvez face à un portail en métal. [tape sur son clavier] Ouvrir le portail. Il est verrouillé. Tout ça pour ça. »

Léonard : « Il se fait tard, comment ça se fait que tu sois encore debout? »

Sheldon: « Et bien j’ai trouvé un émulateur qui me permet de jouer aux premiers jeux vidéo qui ont été inventés dans les années 80 »

Je pourrai continuer comme ça pendant encore plusieurs échanges entre Sheldon et Léonard mais vous avez saisi l’idée.

Après cette petite parenthèse, revenons à notre sujet. L’auteur ne tarde pas à rentrer dans le vif du sujet et comment LucasArts, anciennement LucasFilms Games, a permis à bon nombre de créateurs de mettre leurs idées au profit de l’incroyable sphère qu’est aujourd’hui le jeu vidéo, dont… Ron Gilbert, game designer et papa de Monkey Island. De ses premiers projets à ses premiers succès en passant par l’inéluctable concurrence qu’étaient les jeux « Sierra« , ou comment son génie lui permettait d’exploiter et faire évoluer un seul et unique moteur graphique, Les Mystères de Monkey Island retracent avec talent l’histoire d’un des plus grands noms du jeu d’aventure. Je vous mentirai si je vous disais que je connais la licence sur le bout des doigts, car c’est totalement l’inverse. Non, je n’ai jamais ô grand jamais joué à un seul épisode de cette série pourtant mythique.

Et pourtant, j’ai dévoré cet ouvrage de pas moins de 287 pages en… 3 jours, durant lesquels j’ai savouré chaque ligne, chaque anecdote, chaque citation et chaque secret de développement. Ces 3 derniers jours, plongée dans cet ouvrage des plus complets, proposant également des échanges exclusifs, sourcé de fort bonne facture, dont la plume de l’auteur relève du génie littéraire, m’ont permis d’apprendre à connaitre cette saga qui ne m’était jusqu’alors connue que de nom.

Car si Les Mystères de Monkey Island peuvent aussi bien s’adresser aux pirates émérites qu’aux marins d’eau douce (catégorie dans laquelle je me place), il n’en reste pas moins une mine d’informations qui ira bien au delà de la saga elle-même. On y croisera les noms de Sierra, Telltale Games mais également Double Fine, des noms qui y trouvent leur place en toute logique. Mais l’histoire de Monkey Island n’est pas faite que d’amour et d’eau fraiche. On pourra y lire également les sombres dernières années de LucasArts (notamment) et autres dérapages de la maison mère qui a vu naitre les folles aventures de Guybrush Threepwood (nom qui est évidemment expliqué dans cet ouvrage).

Mais si le contenu de cet ouvrage est incroyable, son écriture n’est pas en reste. Nicolas Deneschau y apporte une petite touche personnelle des plus exquises, mêlant sarcasmes, ironie et humour, le tout teinté d’autodérision. A le lire, Monkey Island est indéniablement une œuvre qui lui correspond à merveille. En effet, je me délectais devant ces quelques piques balancées à droite à gauche dont en voici un exemple absolument savoureux:

« Dotés de leur légendaire flair historique, les décideurs commerciaux du distributeur Electronic Arts jugent le projet bancal. Un jeu d’aventure avec une interface inédite mettant en scène de jeunes idiots dans un manoir horrifico-humoristique? […] N’en déplaise à EA, Steve Arnold est convaincu par l’idée de Ron Gilbert et qu’elle peut fonctionner. »

Un exemple parmi tant d’autres, qui esquisseront forcément un sourire sur les lèvres de ses lecteurs et donnent à ses mots un ton des plus naturels. Dire de son livre qu’il reflète son amour et sa passion pour Monkey Island n’est qu’un doux euphémisme. On ressent à travers son écriture que la saga l’a marqué et le marque encore aujourd’hui. Mais alors que son livre ne paraissait qu’en 2019, on ne peut qu’imaginer sa réaction quand Return to Monkey Island a été annoncé, il y a que 3 semaines de cela, aux mains du maitre lui-même, Ron Gilbert.

Grâce à une mise en page soignée, agrémentée des « Mémoires de Guybrush Threepwood » sous forme de parchemins manuscrits, Les Mystères de Monkey Island se lisent en perdant toute notion du temps pour notre plus grand plaisir. Ces fameux parchemins constituent en revanche le seul défaut que je trouverai à l’ouvrage, la faute à la police d’écriture qui, bien que se fondant parfaitement dans l’univers, se révèle être peu confortable à la lecture. Ceci est évidemment totalement personnel et ne m’a pas pour autant pas empêché de voguer dans ces quelques pages bourrées d’humour.

Mais la vraie question est: le secret de Monkey Island nous est-il dévoilé? Pour cela je vous laisse le plaisir de découverte dans cet ouvrage, disponible sur le site de Third Editions ou potentiellement dans vos librairies habituelles. Quoi qu’il en soit, Third Editions à travers l’écriture de M. Deneschau, propose une nouvelle fois un ouvrage bordé de passion.

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