[Avis] Crystar (Switch): Des drôles de dames au pays des tourments

Après The Caligula Effect 2 et Monark, NIS et Furyu remettent le couvert avec le portage de Crystar, développé par Gemdrops, sur Nintendo Switch. Initialement sorti en 2018 sur PS4 au Japon puis en 2019 en Europe et Amérique du Nord, le duo d’éditeurs a décidé qu’il était grand temps que la console hybride de Nintendo puisse avoir droit à sa version. Depuis le 1er avril, nous pouvons donc découvrir ce jeu qui partait d’un bon fond mais n’a pas su se donner les formes.

Après la déception des deux précédents jeux, Crystar peut-il nous les faire oublier? Après 25h de jeu, soit deux fins sur trois bouclées, je vous livre mon avis complet et pourquoi je n’ai pas réussit à aller au bout de l’aventure. Attention, malgré ma volonté de ne pas vous spoiler, il se peut que cet avis en contiennent quelques uns (mineurs).

Cet avis a été possible grâce à Koch Media France et NIS qui m’ont fourni une version dématérialisée du titre. Un grand merci à eux.

Notre périple commence dans un lieu mystérieux dans lequel nous incarnons un papillon. Après avoir retrouvé quelques souvenirs, nous nous rendons compte que nous incarnons Rei Hatada, une adolescente de 15 ans, errant seule au milieu d’autres insectes similaires. Elle y retrouve sa jeune sœur, Mirai, mais bien vite les choses tournent au vinaigre. Les deux sœurs sont séparées après l’intervention d’Anamnesis, une femme cruelle dont la raison d’être est le désir de vengeance. Ce mystérieux endroit dans lequel nous nous trouvons est en fait le Purgatoire, un lieu où les âmes se retrouvent après leur mort et le sort qui les attend est de devenir des Spectres ou des Revenants. C’est alors que Rei réveille son Gardien, signe un contrat avec les jumelles Pheles et Mephis, les « managers » de ces lieux comme elles aiment si bien se statuer, afin de sauver sa sœur et qu’elles puissent enfin être réunies. Son objectif: réunir 7 « Idea » (idéaux), des cristaux qui nécessitent d’être matérialisés grâce aux larmes. C’est donc un périple dangereux qui attend la jeune fille.

Dans sa globalité, le scénario de Crystar se veut plutôt complet et intriguant, les explications, les détails et les révélations y sont présents et surprenants. On lui accorde également beaucoup de moments touchants et d’avoir voulu exploiter son univers et ses thèmes dans leurs derniers retranchements. Pour autant, la narration manque cruellement de rythme, ainsi on se retrouve face à un jeu bavard, pour un jeu japonais rien de véritablement nouveau, mais surtout platonique et mollasson. Les dialogues s’enchainent sans qu’ils réussissent à éveiller notre curiosité et notre intérêt. Oui, on veut le fin mot de l’histoire mais il ne semble jamais arriver.

En effet, le scénario de Crystar se veut vaste, et nous propose d’avoir plusieurs réponses. Après avoir terminé les 8 chapitres de l’histoire principale, le jeu en relance une nouvelle, de lui-même, afin d’apporter de nouveaux arcs scénaristiques. Enfin, arcs est un bien grand mot, puisque seuls quelques dialogues changeront, et seul le dénouement se révèlera être fondamentalement différent. S’il y a bien une chose à savoir de Crystar, c’est que malgré ses bonnes intentions, il est incroyablement répétitif. Répétitif au point que je n’ai pas réussi à voir la fin de la fin de la fin.

Il propose un déroulement très symétrique dans lequel chaque chapitre se compose de 3 niveaux du Purgatoire et une quête annexe. Pas plus, pas moins. Et étant donné que la narration ne nous invite pas forcément à vouloir continuer, le troisième run a été, pour moi, de trop.

Car malheureusement, si le scénario pouvait encore changer la donne dans ses derniers instants (à l’instar de Monark par exemple), il n’est pas aidé par son gameplay pour nous y pousser. Crystar est un action-RPG des plus simples. Attaque légère, attaque lourde et spéciale, esquive et « invocation » de notre Gardien, sont des mécaniques basiques pour le genre mais qui ont su faire leurs preuves. Il nous propose également, au fil que Rei se fait de nouvelles alliées, de changer de personnage jouable à la volée, permettant une diversité de gameplay non négligeable.

Il propose également un système de gain de niveaux et la possibilité de faire évoluer les équipements des membres de l’équipe grâce aux tourments des Revenants, qu’il faut au préalable matérialiser, dans le HUB du jeu (la chambre de Rei), grâce aux larmes de l’adolescente avant de pouvoir les équiper ou les fusionner pour parfaire notre puissance. Là encore, Crystar sait profiter de son originalité pour proposer quelque chose de solide et en cohérence avec son univers. Jusqu’ici tout va bien.

Mais bien vite, après seulement quelques heures, le sentiment de répétitivité se fait une fois de plus ressentir notamment dans son level design. Le Purgatoire et ses niveaux ne sont que des plateformes reliées entre elles, où apparaissent des ennemis, bloqués dans leurs zone d’apparition, dans lequel notre objectif est d’atteindre un affrontement final pour pouvoir avancer. Une succession de plateformes et de couloirs donc, dont seuls les décors diffèreront à chaque chapitre.

Les combats s’accumulent pour gagner des points d’expérience mais également pour « looter » des tourments. Des combats qui, au fil de notre avancement, deviennent de plus en plus longs, dont le bestiaire est trop peu diversifié, renforçant ainsi cette répétitivité. Avant même la fin de mon premier run, je me suis résignée à esquiver les ennemis tant je m’étais lassée de ces phases, quitte à prendre le risque de ne pas être à niveau contre les boss les plus puissants. Mais Crystar n’a pas pour ambition d’être difficile, si tant est qu’on apprivoise l’esquive qui montre quelques signes de latence, ainsi un retard de niveau ne fera que foncièrement rallonger certains combats contre quelques adversaires « sacs à PV ».

Graphiquement parlant, cette version Switch, en mode portable en tout cas, s’en sort relativement bien. C’est plutôt joli, avec un léger aliasing. Mais ce qui pourra en rebuter plus d’un est incontestablement le clipping omniprésent. Certains décors et certaines plateformes s’affichent à la toute dernière seconde. On imagine sans mal qu’afin de ne pas trop sacrifier la qualité graphique, cela a été un choix primordial pour ne pas trop différer de sa version PS4. On y ajoute quelques chutes de framerate, dû notamment à l’affichage de plusieurs effets d’attaques simultanés. Néanmoins, le tout reste assez vide malgré un effort sur les différents environnements que nous amenés à arpenter durant l’histoire.

En revanche, on ne peut que féliciter le character design de nos 4 drôles de dames ainsi que le style graphique des dialogues, typés manga, et des souvenirs dessinés. Les doublages anglais sont quant à eux particulièrement réussis c’est un fait, mais la barrière de la langue est également de la partie, puisqu’une fois de plus NIS s’est contenté de limiter sa localisation à la langue de Shakespeare.

Pavé de bonnes intentions dans son scénario et dans ses thèmes, ce n’est malheureusement pas ce qui marquera le plus dans Crystar. Un bel univers, exploité et développé, des jeunes filles attachantes, au character design soigné, aux histoires touchantes, malheureusement cela ne suffit pas à oublier le reste. Un déroulement symétrique, un level design trop linéaire, des combats en veux tu en voilà avec une certaine latence dans son gameplay, une narration qui manque de rythme et toute aussi redondante, Crystar est bien trop répétitif, doublé de quelques soucis techniques pour se caler à la puissance de la Switch, pour qu’il en ressorte quelque chose de plus positif.

Les plus

  • Un univers original grâce à l’exploitation des larmes et des tourments
  • Un scénario touchant
  • Un gameplay simple et intuitif
  • Le character design des personnages humains
  • De beaux environnements

Les moins

  • La narration qui manque de rythme
  • Le scénario qui tend à tourner un peu en rond
  • Le gameplay répétitif, la faute aux combats et au level design sommaire
  • Un bestiaire limité
  • Une certaine latence dans l’esquive
  • Quelques soucis techniques (clipping, chutes de framerate, aliasing)
  • Toujours pas de sous-titres français

Un commentaire sur “[Avis] Crystar (Switch): Des drôles de dames au pays des tourments

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  1. Bref, ça aurait pu faire un bon animé !
    Par contre quand tu disais que tu n’avais plus la force d’aller au bout, je ne m’attendais à ce que ce soit le fait de terminer le jeu une troisième fois😅. Toujours plus impressionnante décidément…
    Par contre c’est étrange que ça tourne au vinaigre quand ça parle d’insecte puisque chacun sait que ce n’est pas avec ça qu’on attrape les mouches.
    Sinon, niveau lore, bien trouvé les sœurs Mephis et Pheles pour Méphistophélès ! De même pour les 7 cristaux qui renvoient aux 7 princes de l’enfer, bravo.
    Dommage pour le gameplay et les soucis techniques, on dit d’ailleurs qu’à cause du clipping on ne peut pas voir la Grande Muraille depuis l’espace sur Switch. Matos de même acabit que celui d’Abey…

    J’aime

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