[Avis] Chicken Police Paint it Red!: un polar qui peut être fier comme un coq?

Dans un premier temps sorti sur les plateformes de téléchargement sur PC et PS4 en novembre 2020 puis en version physique l’année suivante sur PS4 et Nintendo Switch, Chicken Police est un polar indépendant en point’n click dans un univers sombre réalisé par The Wild Gentlemen. Encore un jeu que je découvre avec beaucoup de retard.

Chicken Police, un jeu indépendant à ne surtout pas manquer? En ce début d’année je vous propose d’en savoir un peu plus sur ce jeu atypique.

Cet avis est rédigé à partir d’une version physique commerciale sur PS4 offerte récemment. Un grand merci à la personne qui se reconnaitra en lisant ces quelques lignes.

Nous incarnons Santino « Sonny » Featherland, un poulet flic qui n’a plus que 121 jours à tirer avant que sonne le douce mélodie de la retraite. Mais en une soirée de Saint Sylvestre, une coquette biche (au sens propre du terme) l’attend dans son bureau pour lui confier une bien sombre affaire de harcèlement et de menaces de mort à l’encontre de sa maîtresse féline.

Une affaire que Sonny peine à prendre au sérieux mais qui réussit à piquer sa curiosité après une révélation inattendue. Mais afin de mener à bien cette enquête, il lui faudra une aide précieuse qu’il trouvera auprès de son ex coéquipier, Marty MacChicken, avec qui il est en froid depuis une sanglante soirée survenue des années auparavant. C’est ainsi que les Chicken Police (ou Inspecteurs Poulets) vont se refermer le temps d’une enquête qui ne manquera pas de leur réserver bien des surprises et des révélations.

Dans une époque proche des années 40, Chicken Police propose un scénario haletant mêlant humour noir, quasi burlesque, dans un univers sombre et mature. Mais le jeu ne s’arrête pas à simplement mener une enquête mais prend également le temps de développer ses personnages, leur histoire et leur relation. D’ailleurs The Wild Gentlemen a pris le soin de donner de faux airs de roman interactif à leur jeu tant les dialogues y sont omniprésents et dont la profondeur d’écriture se fait ressentir à chaque nouvelle ligne de dialogue. Malheureusement, le voyage est de courte durée. Comptez environ 5 à 6h pour terminer le scénario mais évidemment la complétion à 100% demande facilement le double de temps à lui consacrer.

En termes de gameplay, Chicken Police mêle visual novel et point’n click. Si l’aspect narratif prend la part belle de l’aventure, cette dernière est également sous le signe de la recherche d’indices, éléments d’histoire et résolution de (quelques) énigmes sous forme de « on pointe et on clique » là où le jeu nous le permet et appelle à une certaine « exploration » de Clawville. Outre les lieux principaux liés à l’enquête, nous pouvons également nous perdre dans d’autres lieux plus secondaires, nous permettant de converser avec des personnages qui sont susceptibles de nous octroyer de précieuses informations.

Mais évidemment, dans la résolution d’une enquête il faut passer par la case interrogatoire. Et dans ce cas précis, à la façon (dans une très moindre mesure) d’L.A. Noire (oui, j’ose la comparaison) il faut réussir à cerner son interlocuteur pour lui tirer les vers du nez. Ainsi, en fonction de la personnalité du témoin interrogé, il faut soigneusement choisir nos questions parmi une sélection afin d’obtenir le précieux rang « Légende vivante » ou au contraire « Frank Drebin » si on n’a pas su voir clair dans son jeu. Heureusement, Sonny nous donnera quelques indices sur lesquels se concentrer (ou se « focus » comme il le dit si bien).

De même, nous sommes également amenés à rassembler les preuves et les retrancher pour arriver à des conclusions. Un exercice qui se voit assez simpliste dans la mesure où le jeu nous dit clairement « c’est ça » ou « nope, tente autre chose ». En somme, l’enquête de Chicken Police ne se dévoile pas être un gros défi à résoudre, malheureusement.

Visuellement, le jeu The Wild Gentlemen est aussi déroutant que passionnant. Car c’est un fait, les développeurs ont tenté quelque chose d’assez loufoque, pouvant même être perçu comme relativement glauque dans les premières minutes de jeu: les personnages mi-animaux, mi-humains (et re mi-animaux derrière). Imaginez donc un enquêteur avec une tête de coq, vêtu d’un manteau en cuir noir et des mains d’homme sous des gants assortis. Ou encore une escorte à tête de renard dont la plastique fait rêver.

Et c’est une belle panoplie d’animaux qui y passent. Du rat au serpent, en passant par le bélier, le lapin (bégayant) ou autres chiens, chats et oiseaux.

Mais on se fait très rapidement à ce character design atypique, tant on ne peut en renier l’originalité mais surtout grâce à l’ambiance visuelle et sonore du jeu. Tout en noir et blanc, rythmé de nombreux airs jazzy, Chicken Police se dote d’une ambiance rappelant indéniablement le cinéma dit « noir », Sin City en tête de liste. On se plonge ainsi très facilement dans cette enquête qui réussit à nous passionner et à nous happer dans son univers et son histoire.

Standing ovation pour l’incroyable doublage en version originale en anglais (pas d’inquiétude le jeu est sous-titré en français) avec en tête Kerry Shale dans le rôle de l’inspecteur Featherland mais également Shai Matheson qui prête sa voix à Marty ainsi que (et surtout) Jules de Jongh, que vous avez pu entendre dans les versions originales de Mass Effect Andromeda, Horizon Zero Dawn, Batman VR ou encore Quantum Break, qui interprète Natasha Catzenko avec brio, dont la chanson « Bourbon Moon » est un réel coup de cœur musical.

Indéniablement, j’ouvre la page 2022 avec d’excellents jeux. Chicken Police est un jeu indépendant sans prétention qui propose une aventure atypique de par son character design original au travers d’un polar passionnant à suivre. Une ambiance visuelle qui rappelle les années 40 et le cinéma noir d’un côté, et une qualité sonore, tant par sa bande originale jazzy que par ses doublages de haute volée de l’autre, font de Chicken Police un jeu excellent que je conseille fortement. A moitié visual novel, à moitié point’n click, les amoureux du genre ne pourront que trouver leur bonheur, bien que dans sa globalité, la résolution de l’enquête et des énigmes ne soit pas bien compliquée. Mais une bien belle surprise pour ma part.

Les plus

  • L’ambiance des années 40, tant visuelle que musicale
  • Le doublage anglais exceptionnel
  • Les textes en français
  • La profondeur des personnages et leur histoire
  • Une histoire passionnante à suivre, on ne lâche pas tant qu’on a pas le fin mot
  • Une courte durée de vie, aussi bien une qualité qu’un défaut, on en redemande encore
  • Une pointe d’humour omniprésente
  • L’exploitation de la personnalité des témoins pour les interrogatoires, pouvant rappeler L.A. Noire

Les moins

  • L’aspect point’n click finalement peu exploité
  • Une difficulté moindre dans la résolution des enquêtes et des énigmes

2 commentaires sur “[Avis] Chicken Police Paint it Red!: un polar qui peut être fier comme un coq?

Ajouter un commentaire

  1. Je suis dérouté par le character design..
    Mais ça a l’air d’être un coup de génie par rapport à l’identité des personnages et le ressenti qui est recherché.
    Intrigant…
    COT COT !

    J’aime

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