[Avis] Death Stranding Director’s Cut : une édition (in)dispensable?

A l’aube de son deuxième anniversaire, Death Stranding est revenu sur PlayStation 5 dans une édition dite « Director’s Cut » le 24 septembre dernier. Au programme: l’ajout des fonctionnalités de la DualSense, améliorations graphiques et le 60 FPS, quelques améliorations de gameplay, de nouvelles missions, de nouveaux équipements, et de nouvelles activités. Mais la question est: l’intérêt de cette édition est-il réel? Cette appellation est-elle nécessaire? Quid d’une potentielle dénaturation du titre?

Ayant déjà livré mon avis complet en 2019, je ne traiterai que des éventuels apports de cette version « Director’s Cut ». Ainsi, je vous invite à lire ce dernier si vous ne l’aviez pas lu à l’époque.

Cet avis est rédigé à partir d’une version dématérialisée du jeu fournit par PlayStation France que je remercie chaleureusement pour leur confiance et leur soutien.

Par amour pour le jeu, j’ai décidé de me lancer dans une nouvelle partie, mais il est important de savoir que le transfert de sauvegarde est entièrement possible entre la version PS4 et la Director’s Cut PS5. Et après plus de 40h de jeu, c’est une nouvelle fois sans appel, le jeu reste incroyable à bien des niveaux (je vous redirige une nouvelle fois vers mon article le concernant de 2019).

C’est un fait, le postulat de départ de Death Stranding reste le même, suivre le scénario principal, effectuer des livraisons secondaires et reconnecter le monde, du moins ce qu’il en reste, en une seule même nation unifiée grâce au réseau chiral. Si le jeu se dote de quelques nouvelles missions scénarisées, elles n’apportent toutefois pas grand chose au scénario de base, au message ni même un plus ample développement à ce que l’on connaissait de la version de 2019. C’est pourquoi, d’emblée, l’appellation « Director’s Cut » perd finalement tout son sens, et ce n’est pas Hideo Kojima qui va me contredire, étant lui-même dubitatif quant à ce choix de titre.

Comparons (ce qui est incomparable je vous l’accorde) cela avec Ghost of Tsushima et sa Director’s Cut sortie cet été. Ce dernier se dotait d’une extension complète permettant dans une certaine mesure de développer le personnage de Jin et son histoire, l’intérêt scénaristique était bel et bien présent dans ce cas-ci.

Mais dans le cas de Death Stranding, le contenu « coupé » se révèle être nettement plus discret. Dans un premier temps, nous découvrons l’ajout du contenu de la version PC sortie l’année dernière, soit les commandes standards liées à Half-Life et à Cyberpunk 2077. Un contenu sympathique dans la mesure où il apporte des équipements qui font référence aux 2 jeux cités, utiles, mais totalement dispensables.

Ajoutez à cela encore plus d’équipements et d’armes utiles à vos livraisons: la catapulte de marchandises, le Maser Gun, qui permet d’immobiliser nos ennemis humains, des armes montées, un exosquelette, un « bot » sur pattes semblable aux transporteurs mais qui peut également transporter ce bon vieux Sam et lui donner quelques instants de répit, ou encore une rampe qui permet de traverser de petits précipices. Sur le papier, tout cela est appréciable pour nous faciliter la vie, pour autant il faudra aller chercher tout ça et trouver les commandes qui y sont liées. Alors on mange les kilomètres, et on se démène pour découvrir tout ça pour finalement se rendre compte que l’intérêt est finalement moindre par rapport à l’expérience de base. Est ce que cela vaut le coup que tout cela soit exclusif à la version PS5? De mon point de vue, non. Je me suis d’ailleurs rendue compte, qu’au final, j’avais joué à cette version PS5 de la même façon que la version PS4 et me suis contenté d’utiliser les mêmes équipements dont je m’étais servis il y deux ans. Cette Director’s Cut dénature-t-elle l’œuvre en elle-même? Pas le moins du monde, en tout cas pas à mon sens.

Du côté des ajouts graphiques et de gameplay, cette nouvelle mouture jouit de quelques améliorations. Les premières, graphiques. De la 4K, du 60 FPS, tout ça est particulièrement appréciable mais en termes de détails, à l’œil nu, difficile de voir de réelles améliorations. Il faut dire que le jeu était déjà somptueux à l’époque. Et par la force des choses, j’ai finis par prendre les mêmes captures d’écran sur les 2 versions, très pratique pour s’adonner à un petit comparatif et mieux se rendre compte.


Version PS4 Pro
Version PS5

Version PS4 Pro
Version PS5

Version PS4 Pro
Version PS5

Version PS4 Pro
Version PS5


Vous voyez la différence? Non, moi non plus, ou très peu, on remarquera éventuellement une meilleure gestion de la lumière par ci par là, mais rien qui rendrait le jeu encore plus wow qu’il ne l’était déjà, faut dire que la barre était bien haute en 2019.

Pour ce qui est du gameplay, la différence la plus significative se trouve dans le combat au corps à corps. Ainsi, les affrontements contre les MULEs sont nettement moins lourds et plus « vifs » que dans la version originale les rendant ainsi moins éprouvants. La conduite quant à elle reste inchangée, elle aurait mérité une légère refonte à mon goût. Pour ce qui est du reste c’est identique ou presque, à la différence près: la DualSense. C’est probablement la fonctionnalité qu’on attendait tous le plus tant la manette a le potentiel d’immersion qui se prête clairement au jeu.

Et la nouvelle manette de PlayStation est au rendez-vous. Vibrations évolutives, retour haptique des gâchettes qui nous fait sentir la lourdeur de déplacement de Sam, utilisation à bon escient des hauts parleurs dans lesquels nous entendrons BB, ou encore nos pas sur les différentes surfaces sur lesquelles nous marchons, de la pierre à la poudreuse des montagnes, bref, si on aurait pu espérer plus, la DualSense est plutôt bien exploitée pour améliorer notre immersion dans cet univers singulier.

A présent, le moment fatidique de mon avis quant à cette « Director’s Cut » :

Si refaire le jeu s’est révélé être une expérience aussi impressionnante qu’en 2019, tant par son gameplay, son scénario, que par son effet apaisant qu’il a sur moi à chaque fois que j’y remet les pieds, cette version PS5 présente finalement peu d’intérêts pour les joueurs ayant déjà fini le jeu sur PS4. Si l’amour profond que j’ai pour ce jeu en est ressorti indemne, les ajouts de cette édition ne lui apportent pas grand chose, au point qu’on peinerait même à les exploiter. A côté de cela, il faut considérer le prix de l’upgrade de la version PS4 vers la Director’s Cut PS5, une dizaine d’euros, pas la mère à boire en soi. Pour ceux qui sont passés à côté il y a deux ans? Si mon conseil premier serait évidemment de vous faire foncer les yeux fermés, il n’en reste pas moins que le dernier bébé de Kojima est et reste un OVNI vidéoludique qui peut vous laisser de marbre.

Les plus

  • Une expérience intemporelle
  • L’ajout du mode photo
  • La refonte des combats au corps à corps appréciable
  • Les missions Half Life et Cyberpunk 2077 sympathiques à compléter et ce qu’elles rapportent
  • Le 60 FPS lui va comme un gant
  • L’utilisation de la DualSense à la hauteur de mes attentes

Les moins

  • Un contenu qui manque globalement d’intérêt quand on a déjà fait le jeu
  • Des améliorations graphiques peu flagrantes (bon, je vous accorde que le jeu était déjà somptueux de base)
  • La conduite des véhicules inchangée

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