[Avis] Astria Ascending: le JRPG franco-japonais a-t-il eu les yeux plus gros que le ventre?

Fraichement sorti sur les boutiques de téléchargement des différentes plateformes, depuis le 30 septembre 2021 (sa sortie physique éditée par Just For Games est prévue pour le 2 novembre), Astria Ascending est un JRPG indépendant développé par une petite équipe du pays, Artisan Studio (également connus pour Super Neptunia RPG) en collaboration avec de grands noms du genre et édité par Dear Villagers. En effet, Astria Ascending, digne héritier de Zodiac: Orcanon Odyssey, un JRPG mobile sorti en 2015 dont la sortie sur PS4 et PS Vita fut annulée, voit son scénario écrit par Kazushige Nojima (Final Fantasy VII, Final Fantasy X ou encore Final Fantasy VII Remake), sa musique composée par Hitoshi Sakimoto (Final Fantasy XII, Vagrant Story) et sa direction artistique dessinée par Akihiko Yoshida (un nombre incalculable de Final Fantasy, Bravely Default, Nier Automata) et Hideo Minaba (Final Fantasy V et VI, Parasite Eve, Lost Odyssey, pour ne citer qu’eux). Bref, une bien belle tête d’affiche au palmarès impressionnant se sont réunis pour nous offrir Astria Ascending.

Qu’a Astria Ascending à proposer? Cet hommage aux JRPG d’antan a-t-il les épaules assez larges pour nous séduire?

Cet avis est rédigé grâce à une version dématérialisée fournie par l’éditeur, Dear Villagers, que je remercie chaleureusement pour la confiance qu’ils m’accordent.

L’Harmonie règne à Arcanon, monde dans lequel toutes les tribus vivent en paix grâce aux harmelons, un fruit qui semble opérer sur les pensées négatives. Mais malgré une paix qui subsiste tant bien que mal, demeure un groupe de héros qui doit continuer de faire régner l’ordre: les Demi-Dieux. Au nombre de 8, ils sont choisis dans chacune des tribus qui vivent à Arcanon mais ce statut leur vaudra le prix de la vie: après 3 ans de bons et loyaux services, les Demi-Dieux meurent. Nous incarnons donc la 333e génération de Demi-Dieux, avec à sa tête Ulan. Mais alors que la paix est au beau fixe, Harmonia se voit menacée par un groupe de « Refractaires » à l’Harmonie. C’est une mission pour les Demi-Dieux qui doivent maintenir l’équilibre mondial.

Evidemment, je ne vous en dis pas plus si toutefois vous souhaitez découvrir ce que cache le scénario d’Astria Ascending. Quoi qu’il en soit il propose quelque chose d’assez simple dans l’ensemble, malheureusement il se perdra parfois en cours de route à vouloir développer son scénario et à vouloir le rendre compliqué pour pas grand chose. Tout au long du jeu, que ce soit scénaristiquement ou même en termes de gameplay, Astria Ascending demande d’emmagasiner un nombre très conséquent d’informations, en résultent donc énormément de longueurs dispensables durant l’histoire. Pour autant, il n’est pas dénué de certaines grandes qualités, ses personnages, les liens qu’ils tissent entre eux, leurs histoires, leurs motivations au sein des demi-dieux, ainsi que certains thèmes abordés comme le sens du sacrifice, le destin, qui font d’Astria Ascending un jeu plaisant à suivre.

Pour ce qui est de sa durée de vie, il faut compter entre 20 et 30h de jeu pour venir à bout des 16 chapitres principaux. En effet, il en existe un 17e qui demande un peu plus de minutie dans la complétion des quêtes annexes. En ce qui me concerne, j’ai mis une vingtaine d’heures à le terminer car j’ai beaucoup jonglé entre le mode normal, facile et très facile, mais j’y reviendrai.

Manette en mains, Astria Ascending est un RPG au tour par tour somme toute classique, en 2D, à l’ancienne, avec une pincée de Dungeon crawler et un système de jobs. Bonus, malus, exploitation de faiblesses, tous les codes du genre sont présents pour le plus grand bonheur des afficionados. Si les premiers combats se passent sans trop d’encombres, ils commenceront à vous donner du fil à retordre au fil que vous avancez dans les donjons avec le devoir de réapprendre à maitriser ce système de jobs complet mais dont on a perdu l’habitude.

Cela implique donc de cerner le rôle de chaque personnage et de mettre en place des stratégies pour venir à bout des nombreuses interférences (noms que l’on donne aux ennemis) qui barreront notre route avec la possibilité de changer un ou plusieurs membres de l’équipe en un seul tour. Ainsi, chaque personnage se dote de 4 jobs, à compléter grâce à 4 arbres de compétences pour chaque personnage autant vous dire que du temps dans les menus vous allez y passer, utilisables simultanément ou en en priorisant qu’un, c’est au choix de chacun. Bref ce système est indéniablement une grosse réussite.

Mais ici aussi, Astria Ascending dévoile être une mine d’informations, avec un menu fort peu ergonomique, et qui donne l’impression de se disperser un peu, dont il faudra se souvenir et autant vous dire que ce n’est pas une mince affaire. Et surtout ne vous attendez pas à un JRPG des plus faciles à compléter car il en est loin. En effet, je lui ai trouvé une difficulté assez mal gérée. Vaincre un boss? Pas de souci, les doigts dans le nez, ou presque. Mais vaincre une meute de 6 petits ennemis tous pourris s’avèrera parfois être un véritable défi. Et c’est sans parler de la longueur indécente que vous prend chaque combat, la faute notamment à certaines animations qui prennent bien trop leur temps ou encore à cause de certains boss qui ont pas moins de 6 phases. Oui, oui, 6 interminables phases. C’est pourquoi j’ai opté pour le jonglage entre plusieurs difficultés, pour éviter la lassitude (là encore, Astria Ascending peine à trouver un juste milieu dans sa difficulté puisque le mode facile réussit à vous donner du fil à retordre et le mode très facile est… trop facile mais admettons).

Si les combats prennent une place importante, l’exploration est également de la partie. Mais une exploration qui elle aussi peut laisser en demie teinte. En effet, le jeu d’Artisan Studio propose d’explorer pas moins de 25 donjons différents mêlant combats, énigmes, et parfois même phases de shoot’em up (ces dernières originales pour le genre du jeu mais dispensables). Malheureusement, ils finissent par tous se ressembler et seul le nombre de « pièces » à découvrir diffèrent, le tout avec une carte pour se repérer plus qu’hasardeuse.

Les JRPG sont de nature répétitive de base mais Astria Ascending renforce cet aspect à cause d’un level design redondant et aux donjons qui peinent à se renouveler. Seuls les décors changent mais la finalité reste la même: trouver la salle qui déclenchera une cinématique pour pouvoir avancer.

Fort heureusement pour lui, Astria Ascending a encore une corde à son arc qui peut tout faire basculer: sa direction artistique. Entièrement dessiné à la main, c’est bien cet aspect charmant, enchanteur, ses couleurs, son character design, qui ont réussi à me maintenir jusqu’à la fin. Et cela passe également par sa bande originale, d’une grande qualité également. Pour autant, cela suffit-il à convaincre d’autres joueurs?

Malheureusement, il faudra compter sur quelques bugs d’animations en « mode » exploration. En effet, nous avons la possibilité d’arrêter un ennemi pour l’esquiver ou le frapper pour avoir la chance de déclencher une attaque dite « préventive ». Et bien cette frappe aura tendance à ne pas se déclencher pour une raison que l’on ignore et reviendra quand bon lui chante. Ou alors elle pourra également se déclencher en quittant la carte, alors même que nous n’avons pas appuyé sur son bouton. C’est un détail, je vous l’accorde et qui n’entache absolument pas le reste du jeu.

Côté contenu, missions principales et secondaires sont évidemment de la partie, ainsi qu’un mini-jeu, le J-Ster, un jeu de jetons dont je serais incapable de vous lister les règles mais qui se dévoile plutôt addictif au fil des parties et qui nous fera faire un pause bienvenue entre deux donjons.

Des choses à dire sur Astria Ascending j’en ai, et pas forcément des plus positives je le conçois. Répétitif, difficulté mal dosée, des menus peu ergonomiques, un scénario qui aime tirer sur les longueurs, des combats qui paraissent durer une éternité, forcément à tout énumérer comme ça, cela ne donne pas envie de s’y pencher et d’y passer des heures. Malgré tout, je n’y ai pour pas passer que des mauvais moments. Je lui octroie volontiers un scénario intéressant, un univers original, un système de job efficace qui manque cruellement à l’heure actuelle et surtout une DA charmeuse et onirique ainsi qu’une bande son tout aussi fabuleuse.

Les plus

  • Une direction artistique charmante et apaisante
  • Le système de jobs qu’on a pas vu depuis des années
  • Un JPRG en 2D, ça change
  • L’univers solide
  • Les demi-dieux et leurs histoires

Les moins

  • Des allures de dungeon crawler répétitif
  • Un menu peu ergonomique
  • Les cartes des donjons hasardeuses
  • Une difficulté mal dosée
  • Des combats trop longs
  • De nombreuses longueurs dans le scénario

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