[Avis] Scarlet Nexus: l’apprécier ne tient qu’à un fil (rouge)?

Annoncé lors de l’événement Xbox 20/20, Scarlet Nexus est la nouvelle IP développée et éditée par Bandai Namco. Au programme, un Action-RPG japonais dans un univers futuriste avec en son coeur le mouvement brainpunk, sur lequel je reviendrai plus tard. Dans l’équipe de développement figurent Takumi Miyajima, scénariste ayant travaillé sur Tales of The Abyss et Tales of Symphonia, Kenji Anabuki, réalisateur connu pour son travail dans Tales of Vesperia, ou encore Keita Iizuka à la production, ayant également prêté ses talents sur Code Vein ou God Eater. De quoi mettre en appétit et nous donner confiance en ce nouveau jeu, sorti le 25 juin 2021.

Alors qu’on avait pu se faire une première idée grâce à une démo, disponible en premier sur Xbox Series X/S et Xbox One, et une semaine plus tard sur PS5 et PS4, la qualité de Scarlet Nexus ne faisait aucun doute. Et pourtant, après avoir terminé le premier run aux côtés de Kasane Randall et Yuito Sumeragi, soit en environ 22h, mon avis est légèrement plus mitigé que je ne l’aurais imaginé. Je vous propose donc de vous lister tout ce que j’en ai pensé dans cet avis.

Avis rédigé à partir d’une version commerciale que j’ai moi-même achetée.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Scarlet Nexus propose de vous faire découvrir 2 histoires: celle de Yuito Sumeragi et Kasane Randall, tous deux membres de la BEA (pour Brigade d’Extermination des Autres) et dotés de pouvoirs psychokinésiques. Pour ma part, j’ai décidé de me lancer dans l’histoire de Kasane, notamment grâce à son gameplay que j’avais pu découvrir sur la démo.

A Néo-Himuka (ou New Himuka), la BEA livre un combat sans merci contre les Autres, de dangereuses créatures aux multiples pouvoirs dont le régime alimentaire se compose de cerveaux humains. C’est au tour de Yuito et Kasane de rejoindre leurs rangs et combattre cette menace qui pourrait coûté la vie à l’humanité toute entière. Après avoir rejoint leur escadron respectif chacun part de son côté sur diverses missions. Aux côtés de Kasane, sa grande sœur adoptive et seule confidente, Naomi. Mais alors qu’une mission tourne mal, Kasane et son escouade, partent en quête de réponses, dans une mission de sauvetage des plus dangereuses.

Au programme de l’aventure: trahison, coups de théâtre, et découvertes en tous genres, Scarlet Nexus n’a pas finit de surprendre. Car s’il y a bien une chose que je ne peut pas lui enlever c’est son scénario, et la maitrise de son sujet principal qui a donné naissance à son mouvement brainpunk: le cerveau humain et les capacités de nos escouades à s’en servir. Scarlet Nexus propose une histoire originale, bien écrite et haute en rebondissements qui tient en haleine. Malheureusement pour lui, si le fond tient on ne peut plus la route, la forme quant à elle m’a énormément refroidie.

En effet, si Scarlet Nexus propose quelque chose de solide en termes de narration et d’écriture qui ne demande qu’a être suivi de bout en bout, il peine à maintenir notre attention pleine et entière. Car c’est dans sa mise en scène que Scarlet Nexus dévoile son plus gros point faible. Alors que l’aperçu de la démo nous a permis d’être au courant de la mise en scène de ses dialogues, impossible d’imaginer que ce ne serait que ça dans le jeu final, avec presque aucune cinématique. Et le plus dommage c’est que le peu de mise en scène légèrement plus poussée est totalement réussi. On regrette donc que ce ne soit que si peu présent en 20 heures de jeu. Scarlet Nexus et sa narration ne se composent, à quelques minutes près, que de saynètes façon manga.

Si les JPRG nous ont habitués a être bavards, Scarlet Nexus donne l’impression de l’être presque trop et peine à retranscrire les émotions et l’action de la scène en cours jusqu’à entacher notre éventuel attachement aux nombreux personnages. Ainsi au bout de quelques heures, la lassitude se fait ressentir, notamment lorsque deux saynètes ne sont entrecoupées que par quelques mètres de marche à pied ou alors quand il s’agit d’améliorer nos liens avec nos compagnons durant les interludes entre chaque chapitres principaux, qui ne sont que de longues discussions (souvent) inintéressantes dans lesquelles on peine à imaginer qu’une évolution des liens entre les personnages est véritablement possible.

Quoi qu’il en soit, concernant l’appréciation de sa mise en scène, il en est du goût personnel de chacun mais en ce qui me concerne, cela n’a malheureusement pas fait mouche sur moi.

Fort heureusement, Scarlet Nexus a de quoi tenter de se faire pardonner grâce à son gameplay. D’ailleurs, les quelques instant passés sur la démo m’ont rappelé un autre jeu que j’avais adoré: Astral Chain. Et impossible de ne pas voir en Scarlet Nexus l’inspiration de PlatinumGames qui est en lui. Il propose donc un système de combat en action-RPG des plus nerveux en corps à corps et met en place plusieurs mécaniques intéressantes liées à son mouvement de prédilection: le brainpunk, qui demande donc d’exploiter les pouvoirs psychokinésiques de nos deux protagonistes, le SAC, qui permet d’emprunter les divers pouvoirs de nos équipiers (pyrokinésie, éléctrokinésie, téléportation, et j’en passe), mais aussi la poussée cérébrale qui permet entre autres une puissance accrue. Une chose est sûre, contrôler Yuito ou Kasane occupera vos petites mains de joueurs une fois la manette empoignée tant les possibilités de gameplay sont diverses et variées qui permettent d’utiliser sans modération les éléments de décors pour affaiblir et venir à bout des autres.  RPG oblige, nous avons un arbre de compétences à compléter grâce à des points de compétence obtenus à chaque prise d’un niveau histoire d’accroitre ces possibilités et le rendre encore plus intéressant. 

Plus loin encore, l’utilisation de la Dualsense rend l’expérience manette en main encore plus immersive tant la sensation des gâchettes adaptives est omniprésente tout du long de l’aventure. Une qualité à souligner et mettre en avant.

Pour autant, là encore, aussi bon le gameplay soit-il, il n’est pas dénué de quelques défauts. S’il faut penser à vérifier la disponibilité de nouvelles armes à la boutique, Scarlet Nexus peine à nous donner une véritable sensation de prise de puissance, ce qui peut vous donner du fil à retordre lors de certains combats de boss en normal. D’ailleurs, à mi-chemin, j’ai décidé de baisser la difficulté en facile tant je peinais à venir à bout de mon adversaire. Autre petit défaut, le manque d’évolution des combos, on répète encore et encore les mêmes mouvements, pouvant ainsi donner une impression de répétitivité durant les nombreuses phases de combat.

Visuellement parlant, Scarlet Nexus est tout à fait acceptable. Dans un style « anime » qui lui va à ravir, il se veut très agréable à regarder dans son aspect le plus brut. De temps à autre, il saura même nous surprendre tant par la beauté de certains environnements que par ses couleurs éclatantes. Son univers futuriste est maitrisé aussi bien sur le plan des décors que dans son character design des membres de la BEA et des Autres, bien que parfois légèrement dérangeant pour ces derniers (mais j’ai appris à passer outre, coucou l’Attaques des Titans). On regrette néanmoins que le bestiaire ne soit pas plus développé, on a tout de même tendance à revoir les mêmes « têtes ».

Côté bande son, elle est, elle aussi, de très bonne facture. Outre son générique de début « Dream in Drive » de The Oral Cigarettes qu’on écouterait bien en boucle, in game c’est tout aussi qualitatif, rythmé et en phase avec l’univers.

Malgré tout le bien que je peux en dire, l’expérience de Scarlet Nexus m’a néanmoins laissé un avis très mitigé. Un scénario qui tient la route, un univers futuriste réussit, le brainpunk excellemment bien mis en avant, son gameplay grisant et dynamique, sa musique, que des choses qui en temps normal font pour moi d’excellents jeux. Malgré tout, sa mise en scène, bavarde certes, mais surtout trop en retrait à cause des saynètes à répétition, fait parfois frôler l’ennui et la perte d’attention et fait de l’action, des émotions et de notre attachement aux personnages des victimes collatérales. Mais attention, loin de moi l’idée d’insinuer qu’il est un mauvais jeu, car il en est loin, mais il aurait juste mérité plus.

Les plus

  • Son scénario et son mouvement brainpunk originaux
  • Un univers futuriste maitrisé
  • Les Autres, malgré un character design discutable, intriguent
  • Son gameplay en action-RPG grisant et nerveux
  • Une OST d’excellente facture, Dream in Drive son générique de début en tête
  • Le SAC, qui permet de profiter des pouvoirs de nos camarades

Les moins

  • Sa mise en scène en saynètes qui a tendance à perdre notre attention
  • Le système de liens (interludes) entre les personnages ennuyeux
  • Le manque de sensation de prise de puissance
  • Un bestiaire qui manque de nouvelles têtes

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