[Avis] Ghost of Tsushima: La vengeance dans la peau

A l’aube de la sortie de la nouvelle génération, Ghost of Tsushima est la dernière exclusivité Playstation Studios de la PS4. C’est à la Paris Games Week 2017 que Sony annonce cette nouvelle IP développée par Sucker Punch (Sly Raccoon, InFamous). On y découvre des premières images qui font rêver et ne font pas croire à une sortie sur PlayStation 4 tant c’est trop beau pour être vrai. Et pourtant, Ghost of Tshushima arrive en temps et en heure sur la génération en cours, le 17 juillet dernier.

Le studio américain a-t-il eu raison de sortir de sa zone de confort? Après une bonne soixantaine d’heures passée aux côtés de Jin Sakai, je vous livre dès à présent mon avis sur le jeu. Un grand merci à Playstation France pour la version numérique du jeu et de m’accorder sa confiance quant à l’écriture de cet article.

Une histoire de vengeance

L’an 1274. Les mongols, avec à leur tête Kotun Khan, attaquent l’île de Tsushima. Cruels, impitoyables, infatigables, ces envahisseurs déciment une armée de pas moins de 80 samouraïs. Et pourtant, alors qu’ils prennent en otage leur chef, le Seigneur Shimura, ils sont loin de se douter qu’ils ont laissé pour mort sur le champ de bataille le plus déterminé de tous: Jin Sakai, son neveu et apprenti, à qui il a inculqué le code des samouraïs depuis sa plus tendre enfance. Depuis, Jin s’efforce de suivre ce code à la lettre: loyauté, maîtrise de ses émotions, honneur. Mais il apprendra bien vite que pour gagner une bataille, étancher sa soif de vengeance, sauver son peuple, son mentor et les terres sur lesquelles il a grandi, un code, une ligne de conduite, doivent être réécrits. C’est ainsi qu’il deviendra le Fantôme de Tsushima.

Alors que The Last of Us Part II brûle encore sur toutes les lèvres, Ghost of Tsushima a pris le risque de sortir quelques semaines après le blockbuster de Naughty Dog et… sous le même thème: la vengeance. Mais dès les premières heures de jeu, Sucker Punch prouve qu’un même thème peut prendre divers chemins si tant est qu’on sait l’exploiter. Et c’est ainsi que Ghost of Tsushima réussit l’histoire épique d’un homme, qui pour le bien de son peuple, a dû faire des choix pour le mener à la victoire, quitte à tout perdre. Un message fort mené avec brio jusqu’à la dernière seconde de jeu, qui se termine par un choix cornélien.

L’histoire du fantôme se découpe en 3 actes et en plusieurs récits principaux et secondaires. On découvre alors le récit principal, celui de repousser les mongols et vaincre Kotun Khan, mais aussi les récits des alliés de Jin, qui se battent de leur côté corps et âme pour leur propre cause ou encore des récits plus sommaires, dont le but est souvent de venir en aide aux plus faibles. Que l’on décide de s’adonner ou non à terminer tous les récits, Ghost of Tsushima a le mérite de raconter quelque chose et de bien le faire, tant il réussit à intégrer et scénariser ces différentes « histoires » sans qu’elles paraissent rébarbatives, en tout cas je n’en ai pas eu le sentiment après 60h de jeu.

Mais au delà de la fiction vidéoludique, Sucker Punch a souhaité donner des valeurs historiques à son nouveau jeu et sensibiliser ses joueurs sur une époque, une bataille, une guerre qui se fait rare dans nos ludothèques et fait foi d’un hommage hautement mené par son écriture. Et le studio prouve avec talent qu’il maîtrise son sujet.

Assassin of Tsushima

Le code des samouraïs impose à ses soldats de combattre avec honneur: toujours faire face à son ennemi et toujours montrer son visage. Malheureusement certaines situations obligent à briser les codes et les principes et c’est dans son gameplay que le démontre Ghost of Tsushima. Ainsi, on comprend très vite le chemin qu’il souhaite prendre, sous le regard approbateur de Yuna, l’une de nos premières alliées. Au fil des heures, Ghost of Tsushima montre son vrai visage: un jeu d’action mélangé à de d’infiltration, semblable à un certain Assassin’s Creed. On découvre ainsi certaines possibilités semblables à la licence d’Ubisoft, notamment les différentes possibilités d’assassinats (je vous laisse les découvrir par vous-mêmes). Mais pas de panique à ceux qui n’ont pas de pattes de velours, puisque le jeu ne nous imposera que peu de fois à opter pour une approche silencieuse.

Et même dans son approche « rentre-dedans », Ghost of Tsushima s’inspire des mécaniques des premiers volets de la confrérie des assassins, par l’utilisation quasi obligatoire des parades (mécanique que, soit dit en passant, je ne maîtrisais toujours pas à la perfection après avoir obtenu le platine) qui facilitera vos affrontements et duels. Quoi qu’il en soit, ce choix de jouabilité se veut particulièrement efficace tant en termes de cohérence avec la narration que pour le plaisir du joueur avec un soupçon de difficulté, notamment dans les phases de duels, qui nécessitent adresse et rapidité.

Malgré tout, certains aspects du gameplay font défauts. Je pense notamment à la caméra qui n’en fait (trop) souvent qu’à sa tête, durant les combats ou pendant quelques phases de plateforme, et l’impossibilité de verrouiller un ennemi (que l’on aurait apprécié quand la caméra n’en fait qu’à sa tête).

Côté contenu, Ghost of Tsushima se veut assez dense, le minimum syndical pour un monde ouvert. Le but principal étant de libérer Tsushima et lever le brouillard de guerre duquel elle est prisonnière. Je vous parlais déjà du large éventail de récits secondaires en plus du récit principal. Mais Sucker Punch ne se sont pas arrêtés là pour nous faire arpenter l’île de long en large. Ainsi on découvre une quantité astronomique de « lieux cachés » qui auront une forte influence sur le jeu. Sans les nommer tous, on leur trouve pour la plupart un avantage à les terminer que ce soit pour accroître notre barre de vie, notre détermination (qui nous permet de nous soigner), obtenir de nouvelles techniques de combats (grâce aux récits mythiques) ou encore agrandir notre collection de charmes et d’armures. Au choix de chacun d’en profiter et à chacun son appréciation de trouver cela répétitif ou non (oui, cela peut s’avérer redondant). Quoi qu’il en soit, Ghost of Tsushima offre une expérience complète qui ne s’arrête pas à des quêtes dites Fed Ex, ou à des collectibles inutiles.

Un voyage dépaysant

A son annonce, cette nouvelle licence de Sucker Punch déroutait. Le jeu que nous découvrions était-il réel? Tournait-il vraiment sur PS4? Les images que l’on voyait étaient trop belles pour être vraies et pourtant Ghost of Tsushima est bel et bien d’une beauté incroyable. De ses parterres de fleurs aux diverses couleurs, à ses panoramas somptueux éclairés par la lumière radieuse du soleil, en passant par les feuilles volant au gré du vent (fabuleusement utilisé pour nous guider tout au long de notre périple), Ghost of Tsushima offre un voyage dépaysant qui ravit nos pupilles dans le Japon féodal malgré le contexte belliqueux dans une ambiance musicale apaisante.

On pourra émettre quelques réserves quant aux visages de ses personnages. De mon côté, j’en émet certaines quant aux « figurants » de l’aventure, ces PNJ que l’ont ne croise qu’une fois mais qui font parfois peine à voir. Du côté des personnages principaux, là où certains ne voient aucun charisme chez ces fortes têtes, j’y ai vu la prestance et la détermination d’un samouraï déchu, et le caractère et la personnalité de femmes à en faire pâlir certains chefs de guerre. Et le jeu se surpasse dans le choix de sa VF. En tête d’affiche, Damien Boisseau, connu pour ses doublages de Matt Damon, plus que cohérent en Jin Sakai, ou encore celle d’Hélène Bizot (doubleuse notamment de Naomi Watts) qui prête sa voix à Yuna.

Et si Sucker Punch n’en est pas à son coup d’essai dans les mondes ouverts, ils ont su, une nouvelle fois, prouver leur maîtrise de la PS4, mais surtout de l’univers sur lequel ils ont décidé de travailler, nous proposant un terrain de jeu immense, aux multiples facettes, avec une météo évolutive en fonction de votre approche en combat et d’une beauté rare (pour preuve les différentes captures d’écrans prises par mes soins depuis le début de cet article).

Après 60h de jeu et le trophée platine en poche, Ghost of Tsushima s’est avéré être une expérience magnifique, tant graphique que scénaristique proposant un thème vu et revu mais dont l’approche et l’écriture se veulent rares de nos jours. Et après 60h de jeu, ce voyage dépaysant en resterait presque trop court, tant j’ai aimé m’investir dans la libération de Tsushima, dans les différents récits qu’il a voulu me conter, et dans l’exploration de cette immense île. Après un The Last of Us Part II qui m’a personnellement déçue, cette ultime grande aventure exclusive à la PS4 aura eu le mérite de me scotcher à mon écran et ma manette, malgré des défauts qui m’ont sauté au visage. Une aventure d’une rare beauté!

Les plus

  • L’exploration du Japon féodal, un univers trop peu mis en avant
  • Une écriture digne des thèmes abordés
  • L’île de Tsushima somptueuse
  • Une VF fabuleuse
  • Le vent qui nous guide tout au long de l’aventure
  • Un des rares jeu qui arrive encore à me perdre dans la récupération de « collectibles »
  • Les récits mythiques
  • La fin à choix

Les moins

  • Une caméra qui fait un peu trop ce qu’elle veut
  • L’absence de verrouillage des ennemis
  • Les parades parfaites, aléatoires ou mauvais timing?
  • La difficulté parfois mal gérée en début et en fin d’aventure

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