[Avis] Death Stranding: nouveau chef d’oeuvre de Kojima?

Depuis son annonce il y a 3 ans, Death Stranding, le première production de Kojima Productions et d’Hideo Kojima loin de Konami, n’a cessé de faire peser un certain mystère autour de lui, le propulsant directement au rang d’OVNI dans le monde du jeu vidéo. Depuis le 8 novembre 2019, le voile est levé et on peut enfin mettre un peu de lumière dans l’ombre de toutes ses bandes annonces et de sa communication qui a demeuré toujours très vague. Futur jeu de l’année? Une expérience unique? Ou le randonnée simulator que certains aiment à le qualifier? Death Stranding ou l’art de soulever un nombre incommensurable de questions. Après 45h de jeu et le générique de fin atteint, il est temps pour moi de tenter ne serait-ce qu’un tant soit peu d’y répondre et de vous livrer mon avis sur la nouvelle oeuvre de Kojima San. N’ayez aucune crainte, cet article ne contiendra aucun spoiler, à l’image du jeu je resterai très vague quant à son scénario.

1. Un jour, il y eut une explosion

Nous incarnons Sam « Porter » Bridges (Norman Reedus), un livreur indépendant, atteint de la « maladie » du DOOMS et dont la particularité d’être un rapatrié lui permet de revenir à la vie. Il est rapidement recruté par Bridges, une organisation gouvernementale, qui lui confie la mission de reconnecter les derniers habitants d’Amérique entre eux, d’ouest en est grâce aux UCA (United Cities of America) et au réseau chiral, et de sauver Amélie, la fille de la présidente d’Amérique, Bridget Strand, retenue captive à la ville relais Frontière. Mais le monde créé par Kojima n’est pas celui que l’on connaît, car celui-ci a connu le Death Stranding, un phénomène surnaturel, provoquant des néantisations et faisant des morts des Echoués.

Dès les premières minutes du jeu, Death Stranding nous donne une quantité astronomique d’informations à emmagasiner qu’il faut un minimum retenir si on ne veut pas se retrouver dans l’incompréhension la plus totale face à toutes ces notions inconnues. Soyez en sûrs, l’histoire du dernier bébé de Kojima, à l’image d’un certain Metal Gear Solid, est sans conteste d’une incroyable complexité. Et c’est ce qui en fait un jeu très difficile à expliquer. L’expression « trop en dire ou pas assez », vous connaissez? Je suis en plein dedans.

Mais au delà d’être complexe, le scénario de Death Stranding est captivant et dont l’écriture est brillamment menée entre incertitudes et évidences. A l’instant même où nous sommes persuadés d’avoir élucidé le mystère, Kojima en remet une couche et nous replonge dans une succession de questions dont on espère avoir les réponses. D’ailleurs, à la question faut-il 10 heures pour que le jeu devienne un minimum intéressant, ma réponse est non. Death Stranding est un appel à notre curiosité et à notre ouverture d’esprit nourris d’une part grâce aux thèmes abordés et d’autre part grâce à son incroyable casting de personnages dont les histoires sont bouleversantes, attachantes, et poignantes. Jusqu’à la dernière seconde, Death Stranding surprend et fascine.

2. Plus qu’un simulateur de marche

Si on se cantonne à ne pas regarder plus loin que le bout de son nez, Death Stranding est une simulation de livraison. Oui, on va constamment d’un point A à un point B avec de la marchandise sur le dos. Admettons. Mais finalement, si on s’éloigne de ce contexte, est-il si différent des autres jeux en monde ouvert? Je vous laisse méditer là-dessus.

Mon ressenti est bien loin de cet aspect répétitif que l’on cherche à nous faire avaler. Au delà de faire des allers et retours, et encore on avance plus qu’on ne recule en soit, le gameplay se retrouve en constante évolution. Si la page de Metal Gear Solid est belle est bien tournée, Kojima n’en a pas pour autant oublié les forces de sa licence. Impossible de ne pas voir la patte MGS-esque manette en main. On retrouve l’inspiration du bonhomme dans l’imagination de nouvelles technologies, comme l’Odradek et les BB, acronyme de brise-brouillard mais je n’en dirai pas plus.

De prime abord, le gameplay, les menus, leurs explications, donnent l’impression d’une véritable usine à gaz, mais au fil des heures on prend nos marques et on ne sélectionne que l’essentiel. Et on finit par maîtriser de mieux en mieux nos roues d’inventaire. Chaque nouvel équipement ne fera que nous faciliter la tâche et nous fera vite oublier les premières heures de jeux durant lesquelles il fallait être vigilant sur nos cargaisons et notre aptitude à les transporter et gérer notre équilibre quand bien même votre carte est intelligemment exploitée. Mais j’y reviendrai un peu plus loin.

Bref, Death Stranding n’est pas qu’un jeu dans lequel on ne fait que marcher puisqu’ils nous proposera aussi certaines phases de combats, plus ou moins appréciables et utiles. Quoi qu’il en soit, il n’est en aucun cas pugnitif, en tout cas pas assez à mon goût, je m’attendais à plus de sueurs froides lors de certaines rencontres au fil de mon avancée dans le jeu mais le mode Normal n’est probablement pas l’idéal. Quoi qu’il en soit, mon aventure s’est révélée complexe et complète jusqu’à apaisante loin des médisances.

3. Une connectivité entre joueurs

Death Stranding est un jeu purement solo. Et pourtant, il va plus loin dans l’exploitation de son thème principal: les liens et les connexions. Il est doté d’une fonctionnalité en ligne qui m’a personnellement bluffée, la connexion entre joueurs et l’entraide un peu malgré nous en temps réel. Combien de fois je suis sortie d’un abri en découvrant de nouvelles structures qui n’étaient pas là en arrivant. Et même si on ne joue que pour nous, notre aventure, notre mission, la moindre installation qu’on a posé qui nous a sorti du pétrin allant de la simple corde au pont a fatalement pu être utile pour d’autres joueurs.

On se lâche des likes pour se remercier, et finalement on se prend au jeu de cette fonctionnalité coopérative. Ainsi, on y découvre un aspect du jeu plus orienté sur la gestion de la carte. Car chaque installation a un prix: de la bande passante du réseau chiral et on ne pourra pas toujours placer nos structures à l’aveuglette.

Malheureusement, cette fonctionnalité trouve pour l’instant vite ses limites, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai reçu un message de perte de connexion aux serveurs.

4. Visuellement époustouflant!

Graphiquement, on tient là l’un des plus beaux jeux de la PS4. Entièrement photo-réaliste, on a parfois du mal à se faire à l’idée que c’est bien un jeu qu’on a entre les mains. Les paysages sont absolument somptueux dénués de distance d’affichage. Le terrain parfait pour s’adonner à l’exploration. Chaque nouvelle zone nous fait découvrir un nouvel environnement et regorge de nouveaux dangers. Plus loin encore, l’univers dépeint, l’ambiance visuelle et surtout sonore ne font qu’accroître la beauté du jeu.

On notera également le doublage en français, chose qui ne s’était pas vu dans un jeu de Kojima depuis Metal Gear Solid, premier du nom en 1999. Quant à sa qualité, les habitués aux filmographies des différents acteurs n’en seront que ravis.

Et là où je pensais que Supermassive Games avec Until Dawn ou encore Quantic Dream avec Detroit Become Human avaient un talent inégalable en termes de motion capture et de reproduction de visages dans un jeu vidéo, Kojima Productions a réussit à les surpasser.

Des traits de visages, aux expressions, aux regards, au delà du fan service pouvant être lié aux différents acteurs de Death Stranding, on y découvre une réalisation à couper le souffle. Un casting époustouflant, oui mais pas seulement parce qu’on les a déjà vus dans telle série ou tel film. J’ai découvert un Norman Reedus profondément attachant, un Troy Baker fabuleux, Guillermo del Toro exceptionnel, Léa Seydoux étonnante, ils ont tous autant qu’ils sont leur rôle dans la peau.

N’en déplaise à ses détracteurs, Death Stranding est bien un « Hideo Kojima game ». Ses mécaniques proches de Metal Gear Solid, et plus précisément de The Phantom Pain, ne manquent pas de nous le rappeler. Ainsi, d’un concept et d’un contexte bêtes comme chou, Death Stranding hérite d’une jouabilité aussi complexe que complète à maîtriser qui va au delà de 45h de marche à pied. Son univers fascine, sa narration nous laisse bouche bée, et ses nombreux thèmes abordés poussent à la réflexion. Inutile de vous préciser que Death Stranding est pour moi un coup de cœur, une expérience incroyable et inoubliable qui m’a laissé sur le popotin. Sans être parfait, ses défauts font grise mine face à toutes ses qualités. Il n’en reste pas moins un jeu particulier dans tous ses aspects pouvant faire diverger les avis et les ressentis.

Les plus

  • Un scénario époustouflant
  • Un univers unique
  • La connexion entre joueurs
  • L’OST apaisante
  • Une merveille graphique
  • Le jeu d’acteurs
  • La fin

Les moins

  • La stabilité en ligne à revoir
  • Des rencontres qui manquent de sueurs froides

4 commentaires sur “[Avis] Death Stranding: nouveau chef d’oeuvre de Kojima?

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  1. Je suis un peu frileuse à l’idée de me lancer dans le jeu. J’ai quand même peur d’être lassée par le gameplay et les quêtes. Cela dit, tu es loin d’être la première à vanter les qualités du jeu, à commencer par ses graphismes ou la profondeur de l’histoire et des personnages… Death Stranding est sans doute de ces jeux qu’il faut essayer, coûte que coûte, et voir ce que ça donne. 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Oui malheureusement c’est le genre de jeu qui doit être jouer pour l’apprécier ou le détester. Et puis, il faut quand même aimer les travaux passés de Kojima, ça aide à prendre en main le jeu notamment.

      Aimé par 1 personne

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